La finale du concours « Les étoiles de la formation à la conduite et à la sécurité routière » qui a eu lieu à Toulon lors du congrès de Mobilians-ESR, a opposé 14 enseignants représentant les 13 régions françaises et l’Outre-mer. Rencontre avec les trois vainqueurs.
Pour la première fois en France, les enseignants des écoles de conduite de proximité ont été mis à l’honneur au travers d’un grand concours national organisé par Mobilians-ESR en partenariat avec l’ECF, « Les Étoiles de la formation à la conduite et à la sécurité routière ». Lors de la finale qui s’est tenue le 25 mai dernier, en clôture du congrès Mobilians-ESR, à Toulon, chacun des 14 finalistes a présenté une courte vidéo et passé un « grand oral » devant des collègues attentifs qui ont ensuite voté pour élire les trois vainqueurs.
Un guide pratique pour accompagner les élèves
Alexandra Dumez d’Altitude Conduite, une auto-école au cœur d’une petite ville des Vosges, Le Thillot (88 – Région Grand Est), a remporté le 1er Prix (1 000 €). Enseignante de la conduite depuis plus de 10 ans, elle est en pleine mobilité professionnelle quand elle reçoit l’appel d’une collègue du Havre qui l’incite à participer au concours. « Je me suis lancée bien que nous soyons, avec Patrice mon mari, en pleine création de notre école qui a ouvert ses portes le 2 mai 2026 », raconte Alexandra Dumez. Dans la petite vidéo de présentation, elle met en exergue deux points qui lui sont chers : d’une part l’identité de son auto-école, la bonne ambiance, la bienveillance et la confiance qui mènent à la réussite et d’autre part le Guide pratique de la conduite qu’elle a rédigé avec son mari, pour mieux accompagner leurs élèves. « Ce guide reprend les mêmes thèmes, les mêmes schémas, les mêmes explications, le même vocabulaire de ce que l’élève a vu en conduite et cela le rassure », explique Alexandra Dumez. « Le prix reçu et les 1 000 € récompensent dix années d’enseignement et d’investissement », dit Alexandra qui ajoute : « Cette distinction fait aussi parler d’une profession sur laquelle les gens ont trop souvent des a priori. La presse locale comme la presse nationale l’a mise en lumière et c’est très valorisant ».
Des témoignages déterminants pour faire comprendre une certaine philosophie de l’enseignement
Le deuxième prix (500 €) a été attribuée à Sophie Boileau de l’auto-école La Garenne à La Roche-sur-Yon (85 – Pays de la Loire) qui, dans la foulée, est devenue Présidente régionale de Mobilians-ESR. « Après réflexion, dit-elle je me suis dit que concourir avait du sens. Comme, dans mon esprit, je n’étais pas la mieux placée pour parler de ma méthode pédagogique, j’ai fait témoigner, dans ma vidéo, quatre de mes élèves. » Est-ce ce qui a séduit le jury et ses collègues ? Ces élèves ont dressé le portrait d’une enseignante qui met en confiance, donne toujours des explications très claires et dont l’enseignement n’a pas pour unique finalité, l’examen, mais bien que ses élèves conduisent en toute sécurité. « Voilà en effet ma philosophie après 33 ans de métier », confie Sophie Boileau.
« Nous sommes là aussi pour que nos routes soient plus sûres »
Le troisième prix a été décerné à Mikael Kapp, enseignant à l’agence Enodrive de Muret (31 – Région Occitanie). « C’est Olivier Delpretti qui dirige Endodrive dans la région toulousaine, qui m’a parlé de ce concours, relate Mikael Kapp. Je me suis pris au jeu et j’ai réalisé une vidéo sur mon parcours professionnel. J’ai également souhaité donner les grandes lignes de ma pédagogie à travers une petite mise en scène en voiture et autour du simulateur. » Mikael Kapp ne se prend pas au sérieux – son petit film a déclenché des rires et des sourires –, mais fait tout avec bienveillance et rigueur. « Ce prix est synonyme d’une reconnaissance du monde de l’enseignement de la conduite et de la sécurité routière : nous ne faisons pas notre métier seulement pour que nos élèves obtiennent leur « petit papier rose », nous sommes aussi là pour que nos routes soient plus sûres », estime Mikael Kapp qui a découvert l’enseignement de la conduite lors d’une reconversion professionnelle. « Je me suis épanoui dans cette profession, je pars travailler le sourire aux lèvres… et c’est peut-être aussi cela ma différence », dit-il encore.