Le préfet des Alpes-Maritimes a décidé d’imposer aux usagers d’engin de déplacement personnel motorisé dans les communes de son département, le port d’un équipement de sécurité plus important que celui exigé à l’échelle nationale.
Depuis le 2 avril 2026, tout usager d’un engin de déplacement personnel motorisés (EDPM) circulant dans les Alpes-Maritimes, doit obligatoirement porter un casque de protection homologué, correctement attaché, ainsi qu’un gilet rétro-réfléchissant pendant toute la durée de la circulation, de jour comme de nuit. Pour rappel, au niveau national, en agglomération, le port du casque n’est pas obligatoire, mais fortement recommandé. Quant au gilet rétro-réfléchissant, il est uniquement obligatoire en cas de circulation la nuit ou de visibilité insuffisante la journée. En revanche, en cas de circulation hors agglomération, l'autorité en charge de la police de la circulation peut autoriser la circulation des trottinettes électriques sur les routes dont la vitesse maximale autorisée est de 80 km/h. Dans ce cas, le port d’un casque et d’un vêtement rétro-réfléchissant est obligatoire.
Hausse des accidents
Cette mesure prise par le préfet du département, Laurent Hottiaux, vise à réduire l’accidentalité routière qui touche cette classe d’usagers dans les Alpes-Maritimes, ou du moins à limiter la gravité des accidents. En effet, les déplacements en trottinettes électriques, gyropodes, monoroues et hoverboards, sont en hausse dans le département, notamment dans les communes du littoral et malheureusement, on constate également une augmentation du nombre d’accidents. Ainsi, en 2025, les sapeurs-pompiers des Alpes-Maritimes ont procédé à 710 interventions de secours impliquant un EDPM contre 468 en 2023. Cela représente une moyenne de 2 accidents par jour (chute individuelle, collision entre EDPM ou autre usager de la route) qui débouchent très souvent sur des blessures graves. Voire pire, puisque depuis 2020, neuf personnes ont perdu la vie dans des accidents impliquant un usager d’EDPM.
Quelle sanction ?
Dans un premier temps, les forces de l’ordre se limiteront à effectuer des contrôles pédagogiques afin d’informer les usagers de l’entrée en vigueur de cette nouvelle règle applicable dans le département et de laisser le temps à chacun d’acheter les nouveaux équipements obligatoires. Mais dans un second temps, le non-respect du port du casque et du gilet rétro-réfléchissant de jour comme de nuit sera sanctionné d’une amende de 35 euros. Le préfet des Alpes-Maritimes rappelle par ailleurs qu’au niveau national, « l’usage d’un EDPM, autorisé aux personnes âgées de 14 ans minimum, est subordonné à une souscription préalable d’assurance obligatoire couvrant la responsabilité civile et qu’il doit être équipé des dispositifs obligatoires : feu avant et arrière en état de fonctionnement ; catadioptres ; freins efficaces ; avertisseur sonore ». Rappelons également que le fait de circuler sur le trottoir sans autorisation, l’usage d’écouteurs ou du téléphone ou encore le transport d’un passager sur une trottinette électrique, sont des infractions qui chacune peuvent être sanctionnées d’une amende de 135 euros. Quant au fait de débrider sa machine afin de pouvoir rouler au-delà des 25 km/h maximum légalement autorisés, le Code de la route prévoit une amende pouvant aller jusqu’à 1 500 euros et la possibilité d’immobiliser et de confisquer l’EDPM. Toutes ces interdictions restent bien évidemment applicables dans le département des Alpes-Maritimes.