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warning Sécurité routière — Septembre 2026

L'alcool et le cannabis reculent chez les jeunes, mais le protoxyde d'azote s'installe

La sixième édition du Baromètre des addictions Ipsos BVA/Macif révèle une baisse des consommations régulières d'alcool et de cannabis chez les 16-30 ans. Une évolution encourageante, contrebalancée par l'installation durable du protoxyde d'azote dans les usages, avec des comportements à risque qui persistent, notamment sur la route.


Les jeunes consomment moins d'alcool et de cannabis qu'il y a cinq ans. C'est l'un des principaux enseignements de la sixième édition du Baromètre des addictions Ipsos BVA/Macif*. La consommation régulière d'alcool recule de cinq points depuis 2021, passant de 50 % à 45 %, tandis que celle du cannabis diminue de 10 % à 8 %. Le tabac, en revanche, reste relativement stable, avec 27 % de consommateurs réguliers contre 25 % il y a cinq ans. Les usages des autres substances demeurent plus marginaux. Les consommations régulières d'ecstasy, de MDMA ou de GHB concernent 5 % des jeunes interrogés, tandis que la cocaïne et l'héroïne touchent chacune 4 % d'entre eux. Comme lors des précédentes éditions, les hommes et les 25-30 ans restent les plus consommateurs.


Le protoxyde d'azote entre dans les habitudes
Pour la première fois, le baromètre s'intéresse en détail au protoxyde d'azote, dont les dernières données nationales remontaient à 2022. L'étude montre que 12 % des 16-30 ans l'ont déjà expérimenté. Parmi eux, 3 % en consomment régulièrement et 9 % de manière occasionnelle. Si son usage reste largement associé aux soirées entre amis, citées par 71 % des consommateurs, il ne se limite plus au cadre festif. Plus d'un tiers (35 %) déclarent en consommer seuls à leur domicile. Les motivations dépassent également la simple recherche de sensations : 21 % disent y recourir pour se sentir bien, autant pour déstresser, et 20 % pour « se laisser aller ».


Une conscience des risques… sans changement des comportements
Le paradoxe mis en évidence par l'étude réside dans le décalage entre la perception du danger et les pratiques. Les jeunes attribuent au protoxyde d'azote une note moyenne de dangerosité de 8,7 sur 10, et 85 % se déclarent favorables à un durcissement de la réglementation. Pourtant, cette perception s'atténue chez les consommateurs réguliers, qui évaluent le risque à seulement 7 sur 10. Surtout, les comportements restent préoccupants. Un consommateur sur deux affirme avoir déjà perdu le contrôle sous l'effet du gaz, et 35 % des usagers réguliers disent ressentir davantage d'émotions négatives au quotidien. L'étude montre également que cette consommation peut modifier le parcours addictif de certains jeunes, en favorisant l'usage d'autres substances.


La route, principal angle mort
Le constat est particulièrement alarmant en matière de sécurité routière. Plus d'un tiers des consommateurs (34 %) reconnaissent avoir déjà pris le volant après avoir consommé du protoxyde d'azote, dont 14 % à plusieurs reprises. Près d'un tiers l'ont également utilisé avant de circuler en trottinette, à scooter ou à moto, et 30 % avant de monter à vélo. Ces comportements contrastent avec les connaissances affichées : 81 % des jeunes estiment que le protoxyde d'azote altère la capacité à conduire en sécurité. Plus largement, plus d'un jeune sur deux déclare avoir déjà été passager d'un conducteur sous l'emprise de l'alcool, et un sur dix d'un conducteur ayant consommé du protoxyde d'azote. À rebours de la baisse observée pour l'alcool ou le cannabis, le gaz hilarant s'impose ainsi comme une nouvelle préoccupation de santé publique. Le baromètre souligne qu'au-delà de son accessibilité et de sa banalisation, c'est désormais la difficulté à faire coïncider perception du risque et comportements qui constitue l'un des principaux défis de la prévention. 


*Baromètre réalisé par Ipsos BVA pour la Macif auprès de 3 500 jeunes âgés de 16 à 30 ans, interrogés du 23 avril au 15 mai 2026. Échantillon représentatif de la population française de cette tranche d’âge.


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