Pour tenter de mettre fin à la consommation de protoxyde d’azote au volant, le gouvernement lance une campagne de prévention et prépare des mesures juridiques pour punir les contrevenants.
Depuis le début de l’année 2026, on déplore déjà au moins 7 morts et de nombreux blessés dans un accident de la route causé par le protoxyde d'azote. « Le protoxyde d'azote n'est pas un jeu. C'est un poison qui détruit des vies. Derrière quelques secondes d'euphorie, il peut y avoir une paralysie à vie, ou pire, la mort », déclare Marie-Pierre Vedrenne, ministre déléguée chargée de la Citoyenneté qui a lancé début avril une campagne de prévention « pour briser l’image faussement inoffensive associée à ce gaz, et déconstruire tous les clichés qui en minimisent les effets ». Au travers d’un film diffusé sur les réseaux sociaux et à la télévision, on voit des jeunes hilares inspirer du protoxyde d’azote. Puis, on les voit : l’une dans un fauteuil roulant en partie paralysée, l’autre se sentant mal et se faisant pipi dessus et enfin le troisième allongé mort sur la chaussée à côté de sa voiture accidentée. Le film s’achève sur ces mots : « Proto, on passe vite du rire au drame ».
Une mesure du projet de loi RIPOST
Outre cette campagne de prévention, l’État mise également sur le volet répressif. Ainsi, le 25 mars dernier, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a présenté le projet de loi RIPOST (Réponses Immédiates aux Phénomènes troublant l’Ordre public, la Sécurité et la Tranquillité de nos citoyens). Ce projet de loi qui vise à « renforcer l’arsenal législatif pour accroître les sanctions et dissuader les délinquants », comporte plusieurs mesures dont une relative à l’usage détourné du protoxyde d’azote. Rappelons que le cadre juridique actuel ne permet pas de sanctionner la consommation de protoxyde d’azote. Ainsi, le projet de loi RIPOST prévoit que l’inhalation en dehors d’un cadre médical deviendra un délit puni de 1 an d’emprisonnement et de 3 750 € d’amende, avec possibilité d’une amende forfaitaire délictuelle de 200 €. La vente de protoxyde d’azote fera également l’objet d’un encadrement strict, avec l’interdiction de vente la nuit ; les contrevenants s’exposant à 6 mois d’emprisonnement et 7 500 € d’amende, avec possibilité d’amende forfaitaire délictuelle de 500 € en cas de vente illégale. Ils risquent aussi la fermeture administrative pendant 6 mois de leur établissement, avec possibilité de prolongation de 6 mois. Le texte crée également un délit de transport sans motif légitime qui sera puni de 2 ans d’emprisonnement et de 7 500 € d’amende, ainsi qu’un délit de conduite après usage ou consommation manifeste de substance entraînant une altération de la vigilance sanctionnée par 3 ans d’emprisonnement et 9 000 € d’amende