Pour ouvrir son entreprise aux personnes en situation de handicap et toucher ainsi ce public dans les meilleures conditions d’accueil possible, il est indispensable d’avoir suivi une formation spécialisée. Dispensée par de nombreux organismes, cette formation est aussi proposée par Noël Touzé, dans son école de conduite de Cholet, dans le Maine-et-Loire.
Enseignant de la conduite depuis 2003, Noël Touzé a créé sa propre entreprise, Permischolet, en 2006. Depuis, il accueille des personnes en situation de handicap. Aujourd’hui, il souhaite mettre son expérience au service de tous les professionnels en organisant des formations de 8 heures, sur une journée et pour 8 personnes maximum, finançable par l’OPCO Mobilités. « À mes côtés, pour ces formations, j’ai une ergothérapeute et une conseillère technique automobile et handicap, intervenant départementale sécurité routière, tient-il à préciser d’emblée. C’est la conjonction de nos trois compétences qui nous permet d’expliquer les différents types de handicaps, visibles et invisibles, mais aussi de faire comprendre dans quel contexte nous intervenons et quelles sont les pratiques des autres professionnels qui l’entourent. » Ces derniers peuvent être médecin rééducateur, médecin spécialiste, neurologue, neuropsychologue, ergothérapeute ou encore assistante sociale. Il est important de connaître le rôle de chacun pour accueillir au mieux la personne. Il faut également, en première intention, savoir « décrypter » la façon dont va pouvoir s’effectuer la prise en charge administrative de l’élève et identifier les financements dont il peut bénéficier pour passer son permis.
Avoir des notions approfondies des différents types de handicap
Tous ces points sont à l’ordre du jour de la formation qui insiste sur l’importance de connaître les besoins de la personne en situation de handicap. L’école de conduite qui la prend en charge doit par conséquent avoir des notions approfondies des différents types de handicap qui peuvent être moteurs, sensoriels, cognitifs, sensitifs, comportementaux ou affectifs pour lui proposer un enseignement adapté. Les enseignants – et plus largement les responsables d’une école de conduite – doivent également connaître la législation encadrant la conduite d’une personne en situation de handicap. Les règles ne sont sensiblement pas identiques selon le handicap et selon que la personne en situation de handicap passe son permis pour la première fois ou qu’elle souhaite reprendre le volant après un accident vasculaire cérébral (AVC) ou un accident ischémique transitoire (AIT).
Choisir son véhicule-école handi
Questions également essentielles et qui sont les points forts de la formation choletaise : comment choisir sa voiture auto-école « handi » et comment aménager le poste de conduite ? Il doit en effet être le plus polyvalent possible et ainsi s’adapter au plus grand nombre possible d’élèves en situation de handicap. « Nous passons ici du théorique au pratique, affirme Noël Touzé. Après avoir expliqué ce qu’il était possible de faire, nous proposons à nos stagiaires d’un jour un essai grandeur réel, c’est-à-dire dans un véhicule aménagé, avec un enseignant spécialisé. » Cette mise en situation met un point final à la formation qui comprend des exposés théoriques, avec vidéos et diaporamas, des présentations de dossiers et de cas pratiques. Les connaissances de chaque participant sont évaluées au début de la journée tandis qu’un autre questionnaire permet aux formateurs de faire le point sur leurs acquis avant qu’il ne reparte. Cependant, une fois la journée de formation terminée, les stagiaires ne sont pas laissés seuls dans la nature. « Nous restons à leur disposition et nous leur proposons une évaluation de l’impact de leur formation après 4 mois », conclut Noël Touzé.