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two_wheeler Deux-roues — Février 2026

Une alternative au Pocket Radar ? Ce n’est pas dans la poche…

La pénurie d'appareils Pocket Radar pose la question des alternatives, tant pour les inspecteurs lors des examens moto que pour les enseignants pendant les cours plateau.


Depuis janvier 2013, l'épreuve hors circulation des permis A1 et A2 fait l'objet de mesures de vitesse de la moto des candidats, en trois points différents du parcours : un dans le slalom en ligne C7 et deux sur la ligne dite C6, juste avant l'exercice de freinage et celui d'évitement. Ces mesures, pour chacun des deux passages de chaque candidat, sont effectuées par un appareil cinémomètre, désigné sous le nom de « radar » dans la réglementation de l'examen. À l'époque, la DSR recommande un produit, le seul homologué pour cet usage : le modèle Traffic du fabricant américain Pocket Radar, vendu environ 450 euros.

Fin de fabrication et de commercialisation
Aujourd’hui, ce modèle n'est plus fabriqué, ni commercialisé. Et les solutions alternatives posent plus de questions qu'elles n'en résolvent… Pour le moment, la pénurie d'appareils Pocket Radar ne pose pas encore un problème aigu pour la tenue des examens. Peu sont tombés en panne : « à raison de 15 candidats plateau par jour, donc d'une centaine d'utilisations par jour, nous les sollicitons moins que les formateurs », estime Maxime Bourgeois, inspecteur du permis de conduire et secrétaire national de -l’UNSA-SANEER. Ce qui n'empêche pas la DSR de mener des essais d'autres matériels, pour l’heure non concluants.

Des solutions alternatives pas assez précises
Dans certains départements comme la Seine-et-Marne, les centres d'examen sont déjà passés à un autre système, produit par le fabricant italo-belge Alfano et commercialisé par Codes Rousseau et ENPC-EDISER. Mais cet appareil pose plusieurs problèmes. Si l'école n'en dispose pas, il doit être installé sur la moto du candidat, ce qui impose des manipulations qui prennent du temps. Il manque de précision, dans la mesure où il se fonde non pas sur une mesure de vitesse par radar, mais sur des relevés GPS, d'où est déduite la vitesse. À cause de l'imprécision de la géolocalisation pour un usage civil (de l'ordre de 5 à 10 mètres), une mesure fiable en un point précis (une ligne au sol de 10 cm de large) s'avère problématique. Cet outil, conçu pour mesurer des temps de passage au tour sur des circuits, constitue un pis-aller en l'absence d'autre dispositif fiable.

Un investissement financier important
Techniquement parlant, la meilleure solution serait d'équiper les pistes des centres d'examen moto avec des boucles magnétiques. Cela supposerait un investissement de l'ordre de plusieurs centaines de milliers d'euros pour équiper l'ensemble des pistes sur tout le territoire, des travaux coûteux dans chaque centre et des délais d'indisponibilité des pistes. En outre, à moins de refaire intégralement les pistes (ce qui coûterait encore plus cher), cela impliquerait des raccords d'enrobé au point de déclenchement du freinage, ce qui pose des questions de sécurité.
Toutes les autres solutions qui supposent d'installer un capteur de mesure fixe sur le côté des pistes d'examen seraient également trop coûteuses, d'autant plus qu'elles ne pourraient pas être déployées par les écoles de conduite. Les jumelles Eurolaser sont jugées non adaptées à cet usage et bien trop onéreuses (plus de 2 000 euros pièce). Certains moniteurs moto utilisent le « pistolet » Bushnell Velocity 101911, conçu pour un usage sportif (mesure de vitesse des balles de golf ou de base-ball) et généralement vendu autour des 200 euros. De son côté, Vincent Eisen, enseignant moto et dirigeant de l'école Eisen Conduite à Chèvremont dans le Doubs, a mis au point en 2021, un système de mesure radar des vitesses, fondé sur deux cellules posées sur trépied en bord de piste, reliées à un panneau d'affichage des mesures en bout de piste. Ce système n'a pas été commercialisé, mais Vincent Eisen continue à l'utiliser depuis trois ans dans son école. Grand avantage, les élèves peuvent être laissés en autonomie puisqu'ils peuvent vérifier par eux-mêmes leurs vitesses de passage en C6 et C7. Principal inconvénient, son coût élevé, estimé entre 3 000 et 4 000 euros.
« La rupture de stock sur le Pocket Radar ne constitue pas encore un problème important pour les écoles moto, sauf pour les nouvelles structures qui se créent et ne peuvent pas s'approvisionner », souligne Lorenzo Lefebvre, enseignant moto et vice-président de Mobilians-ESR. « Quelle que soit la future solution choisie, elle impliquera des investissements qui seront forcément répercutés sur les tarifs des cours et financièrement difficiles, voire impossibles, à assumer pour les petites structures. Dans tous les cas, la transition prendra du temps et nous demandons à la DSR un délai d'au moins un an, plutôt deux, avec une marge de tolérance sur les mesures de vitesse. »


Fabien Lecoutre


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