Pimas a développé un système qui transcrit sur un écran, les consignes des enseignants de la conduite en icônes compréhensibles par les apprentis conducteurs malentendants.
Qu’ils lisent sur les lèvres ou communiquent en Langue des Signes Française (LSF), les apprentis conducteurs malentendants doivent quitter la route des yeux pour regarder leur enseignant lorsque ce dernier leur donne ses instructions. Une pratique qui n’est pas sans risque en termes de sécurité routière. C’est pourquoi la société Pimas, spécialisée dans les équipements automobiles adaptés aux différents handicaps, a développé SAM, un dispositif visuel qui traduit les paroles de l’enseignant.
Des icônes transcrivent les instructions de l’enseignant
Concrètement, grâce à la reconnaissance vocale et à des micros placés dans l’habitacle, SAM est capable d’identifier plus de 150 instructions en plusieurs langues qu’il transpose en temps réel sous forme d’icônes sur un écran placé sur la planche de bord devant le conducteur. Ainsi, le conducteur n’a pas à détourner le regard vers l’enseignant pour prendre les instructions.
Une antenne posée sur le toit du véhicule permet aussi de capter à l’extérieur, les sons des véhicules prioritaires jusqu’à 800 mètres de distance. Grâce à une base de données internationales de plus de 1 500 sirènes et klaxons, SAM peut reconnaître la sirène d’une ambulance et alerter le conducteur (toujours via des icônes) qu’elle s’approche de lui par la gauche, par exemple.
Un livret d’apprentissage du langage visuel SAM
La création des icônes a nécessité plus d’un an de travail, en collaboration avec une cinquantaine de sourds et malentendants. Si les dessins sont faciles à comprendre, Pimas livre cependant avec son kit d’installation (comprenant un écran amovible tête haute, une boîte vocale de communication et une antenne de toit), un livret d’apprentissage du langage visuel SAM. Ce dernier présente chaque icône et donne la consigne qui lui est associée : « Êtes-vous prêts ? », « Mettre au point mort », « Contrôler le rétroviseur gauche », « Clignotant gauche », « Dépasser », « Regarder loin », etc. Avant de débuter les cours, l’enseignant doit apprendre à donner les consignes de cette façon et l’élève à retenir la signification des icônes.
SAMMI, une version réduite pour les détenteurs du permis
Pimas propose également SAMMI, une version réduite de SAM qui comprend uniquement la détection des véhicules prioritaires et des klaxons. Cette aide à la conduite s’adresse aux personnes malentendantes ayant déjà leur permis. Rappelons que selon la DREES, on compte environ 7 millions de personnes malentendantes en France, dont 500 000 présentent une surdité sévère.
Premier bilan des épreuves théoriques réalisées en Langue des Signes Française (LSF)
Le 3 juin 2025, la DSR présentait officiellement la traduction des questions de l’ETG et de l’ETM en Langue des Signes Française (LSF). La première session d’examens théoriques organisée avec des questions en LSF a eu lieu le 7 juillet dernier, en Vendée. Depuis, une trentaine de départements ont mis en place ces sessions spécialisées. Ainsi, mi-novembre, 144 candidats présentant un handicap auditif avaient pu bénéficier de ce dispositif. De nouvelles sessions sont d’ores et déjà programmées et la DSR « encourage les écoles de conduite, les associations et les particuliers à se rapprocher de leur BER pour inscrire les candidats malentendants ». La traduction des questions ETG et ETM en LSF a été présentée par Catherine Bachelier, sous-directrice à l’Éducation routière, lors du 57ème congrès de la Commission internationale des examens de conduite automobile (CIECA) qui s’est tenu en mai dernier, au Portugal. Ce travail s’est vu décerner le « Prix de la meilleure initiative en sécurité routière » et pourrait servir d’exemple pour d’autres pays.