Les organisations représentantes de la profession souhaitant que le Titre Pro ECSR ne soit plus géré par le ministère du Travail mais par l’ANFA, ont mandaté cette dernière pour réaliser une étude d’impact en cas de transfert de la gestion de ce titre.
Comme nous vous l’indiquions dans La Tribune des Auto-Écoles n°277, les représentants de la profession envisagent le transfert de la qualité d’organisme certificateur du Titre Pro ECSR (actuellement géré par le ministère du Travail) vers l’Association nationale pour la formation automobile (ANFA). Objectifs : « assurer une cohérence d’ensemble des certifications de la filière et un meilleur contrôle de la qualité des examens » (rappelons que l’ANFA est déjà en charge du TFP FMESR et du CQP AGEC), mais aussi « adapter plus finement ces certifications aux besoins des professionnels de l’enseignement de la conduite et de la sécurité routière » et enfin « lutter contre certaines dérives constatées ».
Vers la fin du Titre Pro ECSR ?
Afin de s’assurer de la faisabilité et de la pertinence de cette décision, les organisations professionnelles siégeant à la Commission paritaire nationale de la Convention collective des services de l’automobile, ont demandé à l’ANFA de réaliser « une étude d’impact sur le transfert de la qualité d’organisme certificateur pour les certifications donnant accès aux métiers d’enseignant de la sécurité routière et de la conduite automobile et des véhicules de la catégorie deux-roues et groupe lourd en lieu et place du titre professionnel ECSR et de ses deux CCS ». En effet, la première conséquence du changement d’organisme certificateur serait la suppression de l’actuel Titre Pro ECSR et de ses deux CCS au profit d’un nouveau titre à finalité professionnelle (certification gérée par la branche qui valide des compétences professionnelles spécifiques et qui est reconnue par l’État).
Une étude à remettre au plus tard en juin 2026
Les organisations professionnelles demandent donc à l’ANFA d’analyser « les impacts juridiques et réglementaires du changement d’organisme certificateur », de « mesurer les impacts organisationnels et opérationnels pour les parties prenantes (organismes certificateurs actuel et nouveau, organismes de formation préparant au titre professionnel, nombre de candidats à la certification, etc.) et enfin d’évaluer « les impacts économiques et financiers du transfert : coût de transition, ressources nécessaires et besoins en investissements ». Cette étude devra être remise à la Commission paritaire nationale au plus tard en juin 2026 qui sera chargée de la valider.
Nombre de candidats admis à l’examen TP ECSR
Entre 2017 et 2023, 12 832 personnes ont obtenu le Titre professionnel Enseignant de la Conduite et de la Sécurité Routière (ECSR). Mais le nombre de certifiés varie assez significativement d’une année sur l’autre, allant de 2 201 en 2017 à 1 656 en 2019 (si l’on exclut 2020, année de l’épidémie de Covid qui a marqué un arrêt forcé de l’activité en France et où le nombre de certifiés TP ECSR est tombé à 1 202).
C’est assez peu quand on sait que le secteur souffre d’un turn-over important. Par ailleurs, la moyenne d’âge des salariés en école de conduite est de 41,9 ans et 17,4 % ont plus de 55 ans. Ces derniers prendront donc leur retraite dans les toutes prochaines années. Il est donc plus que nécessaire d’attirer de nouveaux enseignants dès maintenant pour ne pas se trouver face à une grave pénurie d’enseignants dans un futur plus ou moins proche.
Selon les chiffres du ministère du Travail, 83,7 % des personnes ayant préparé un TP ECSR étaient en emploi six mois après la fin de leur formation, signe s’il en était besoin que le secteur de la formation à la conduite est en forte demande d’enseignants.