Alors que les mobilités douces se développent, l’aménagement des zones de circulation des différents véhicules est plus qu’indispensable. Mais certains aménagements urbains peuvent être dangereux.
Dans le cadre de la publication de son rapport annuel sur la sécurité routière intitulé Espaces de circulation centrés sur les humains, Dekra a soumis un vélo-cargo à deux crash-tests contre des poteaux de balisage, le premier étant rigide et le second souple.
Dans un premier temps, le vélo-cargo a été lancé à la vitesse de 25 km/h contre un poteau rigide. On remarque alors que la décélération brutale déplace le mannequin biométrique de la selle vers le guidon. Sous la force de l’impact, la borne se plie partiellement, faisant ainsi office de rampe sur laquelle le vélo-cargo glisse avant de se renverser, entraînant naturellement la chute du mannequin. Markus Egelhaaf, chercheur en accidentologie chez Dekra, affirme : « Dans cette configuration, il apparaît que la personne conduisant le vélo-cargo peut subir des blessures graves ».
Dans le second cas, le vélo-cargo également lancé à 25 km/h, percute un poteau flexible. Lors de l’impact, on constate que le poteau plie, se couche sous le vélo-cargo, puis se redresse. Le véhicule n’étant pas déstabilisé, le conducteur reste en place et ne subit aucune atteinte corporelle. Les autres usagers (vélos classiques, trottinettes), pourtant moins stables, ont toutes les chances de garder leur équilibre. Ce type d’équipement possède en outre l’avantage de ne pas causer de dommage lors d’un contact avec un véhicule motorisé.
Ce test effectué avec un vélo-cargo confirme les résultats d’une étude similaire réalisée avec une moto. « En 2017, nous avions déjà démontré qu’en cas de chute et de collision avec les poteaux rigides marquant la trajectoire d’une courbe, les passagers d’une moto sont exposés à des risques de blessure grave », déclare Markus Egelhaaf, qui souligne l’intérêt de choisir des poteaux souples plutôt que rigides pour l’aménagement urbain. Pour preuve, il rappelle une étude publiée en 2008 qui constatait que les poteaux rigides étaient la cause de 12 % des accidents chez les cyclistes.