La prise en charge par les communes d’une partie du coût du permis en échange d’une activité bénévole d’intérêt collectif effectuée par des candidats dépourvus de ressources est une initiative qui a le vent en poupe.Suresnes d’abord, Carcassonne peu après. Ces deux villes « pionnières » ont chacune lancé en 2007 une bourse au permis, destinée à aider les jeunes qui n’en ont pas les moyens à financer une partie de leur permis de conduire, sésame quasi-indispensable pour obtenir un emploi. En contrepartie, les bénéficiaires s’engagent à s’investir dans un projet d’intérêt collectif, social ou humanitaire. En décembre 2007, une charte a été signée entre le secrétaire d’État aux transports Dominique Bussereau et l’Association des maires de France (AMF), afin de développer ce type d’initiative. Depuis, l’idée a fait son chemin et il n’est pas un mois sans que d’autres communes proposent des dispositifs similaires, qu’ils s’inscrivent directement dans le cadre de la convention entre l’État et l’AMF où qu’elles s’en inspirent.
EPERNAY : PAS UNIQUEMENT POUR LES JEUNESAinsi, depuis le 1er avril 2009, la ville d’Epernay (Marne) a mis en place sa « Bourse au permis de conduire », qui prend en charge une partie du coût du permis (de 200 à 800 euros). L’initiative, qui s’inspire de la charte de l’AMF, ne s’adresse pas uniquement aux 18-25 ans, mais à tous les Sparnaciens (les habitants d’Epernay) qui ont des difficultés financières et ont du mal à trouver un emploi faute de permis de conduire. Les bourses sont étudiées au cas par cas, en fonction des revenus et des projets des candidats (emploi, formation, stage, voire cursus universitaire). En échange de la bourse, le candidat devra s’impliquer dans une activité d’intérêt collectif de 20 à 60 heures dans le domaine social, humanitaire ou socioculturel.
INITIATIVE À L’ÉCHELLE INTERCOMMUNALELa Communauté d’agglomérations du Boulonnais (CAB), qui regroupe 22 communes autour de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) a lancé début mai 2009 l’opération « Bouger, c’est permis ». Une bourse, plafonnée à 700 euros, est allouée directement à l’auto-école choisie par le bénéficiaire. Elle varie entre 50 % et 75 % du forfait permis, dont le coût est estimé à environ 850 euros. L’octroi de la bourse est examiné par un jury selon plusieurs critères (motivation générale et appréciation des démarches vers l’emploi, difficultés à financer le permis) et en contrepartie, le jeune devra s’engager bénévolement au service de la collectivité pour une durée de 35 à 50 heures. Une quarantaine de permis pourraient être financés en 2009. « Cette bourse trouve son inspiration auprès de celle de Carcassonne, mais le dispositif joue à l’échelle intercommunale et pas uniquement pour une seule commune », explique Frédéric Desgardins, responsable communication de la CAB.
Autre initiative, à Nogent-sur-Marne (Val-de-Marne), une dizaine de lycéens doivent se voir offrir en mai 800 euros, soit la moitié du financement de leur permis. Il s’agit des élèves ayant montré le plus de motivation et d’assiduité. En contrepartie, ils devront effectuer une action citoyenne auprès de leur mairie. Gageons que de telles opérations vont continuer à se développer dans l’Hexagone !
Christophe Susung