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warning Sécurité routière — Septembre 2025

Étude scientifique : Consulter son smartphone ou conduire, il faut choisir !

L’association Assurance Prévention a mené une étude scientifique afin de mesurer l’impact sur l’attention des conducteurs, des notifications push affichées sur le smartphone.



Si l’on se doute que le fait de consulter des notifications sur son smartphone pendant la conduite a un impact négatif sur la vigilance des conducteurs, l’association Assurance Prévention a voulu évaluer de façon scientifique l’effet perturbateur des notifications push même lorsque le smartphone n’est pas pris en main.

Des tests effectués sur des simulateurs de conduite
Pour cela, elle a demandé à Calyxis, une société spécialisée dans l’analyse des comportements, d’étudier le comportement de 24 participants volontaires âgés de 18 à 60 ans, conducteurs réguliers et utilisateurs de smartphone. Les participants ont effectué sur des simulateurs de conduite Develter 30 minutes de conduite simulant un départ en vacances (5 minutes en ville avec intersections et feux tricolores, 5 minutes sur route départementale avec intersections et panneau Stop et enfin 20 minutes sur autoroute dans un trafic dense avec ralentissements). Ce parcours a été réalisé trois fois de suite dans trois conditions expérimentales différentes : usage naturel du smartphone posé sur un support, conduite sans smartphone, retiré et mis sur silencieux et enfin, conduite avec smartphone et avec 9 générations de notifications push (SMS & WhatsApp) lors de situations de conduite risquées. Chaque participant a donc conduit pendant une heure et demie, pendant que des capteurs analysaient le nombre et le temps de regard sur différentes zones, ainsi que le nombre de fois et le temps que les conducteurs fermaient les yeux, mais aussi les actions de freinage d’urgence et les éventuels incidents, voire accidents.

Près de 13 secondes pour traiter une notification
Résultat, lorsqu’un conducteur reçoit une notification, il a besoin de 12,7 secondes en moyenne pour la traiter. Son regard alterne entre la route (6,1 secondes en moyenne) et l’écran du smartphone (6,6 secondes en moyenne) pendant tout le temps de traitement de l’information reçue. Or, 12,7 secondes de distraction à 50 km/h représente 176 mètres parcourus par le véhicule sur la chaussée. À 80 km/h, le véhicule parcourt 282 mètres et 459 mètres à130 km/h. Selon les calculs de l’association Assurance Prévention, un conducteur qui reçoit les notifications de son smartphone détourne en moyenne les yeux de la route pendant 6 minutes par heure, soit l'équivalent d'1 heure sur un trajet Paris-Nice.

Le concept de « fluence » cognitive
On l’aura compris, chaque notification reçue sur le smartphone, même posé sur un support adapté, vient déconcentrer le conducteur de sa tâche principale, à savoir la conduite. « Ces distracteurs sont ici des coûts cognitifs venant s’ajouter à une tâche nécessitant déjà une forte activité cognitive, explique Assurance Prévention. Une étude démontre qu’une interruption de tâche par la survenue d’une notification va demander jusqu’à  1 minute pour reprendre une concentration maximale sur la tâche initiale. De plus, notre cerveau est entraîné à être en attente de la réception de notification, ne permettant alors pas une concentration totale dans la tâche qu’un conducteur est en train de réaliser. Le concept de fluence cognitive décrit le fait que notre cerveau fonctionne comme une machine à prédire ce qu’il va se passer pour anticiper la façon d’agir. L’on peut résumer ce concept à la façon dont le cerveau va percevoir la facilité d’une tâche. Il devient alors essentiel de s’assurer que la situation de conduite soit un environnement dans lequel il est impossible de recevoir des notifications, réduisant ainsi la propension à en attendre et surtout à en traiter. Sur une tâche de conduite comme celle de notre étude, le cerveau va devoir se concentrer sur plusieurs tâches : conduire, vérifier le trafic, etc. C’est ici que la survenue des notifications va créer une rupture de la fluence. Le cerveau va devoir mettre en place des stratégies pour résoudre un événement venant interrompre la tâche principale. Il est ainsi induit de la baisse de concentration, d’attention, et une allocation des ressources cognitives pour ajuster la prédiction. L’attention étant alors détournée, le cerveau étant alors moins disponible pour gérer les multiples tâches attentionnelles, les prises d’informations sur la situation de route seront moins bonnes, engendrant comme nous l’avons observé une réduction de l’attention sur la route, les rétroviseurs, et mettant les conducteurs en danger face à des situations ­accidentogènes. » 


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