Depuis le début de l’année, plusieurs centres d’examen fraudeurs, ainsi que des titulaires de faux codes, ont été démasqués et condamnés.
Comme nous vous le disions dans La Tribune des Auto-Écoles de Juillet/août 2025, la Délégation à la Sécurité routière a lancé une lutte active contre la fraude dans l’ensemble du territoire français. Ainsi, en 2024, au niveau national, 83 centres d’examen agréés pour le passage des épreuves théoriques ont été fermés et 7 000 examens du code ont été annulés. La DSR affirme, par ailleurs, avoir pour objectif « de développer encore ces contrôles et d’accroître leur efficience grâce au développement des formations et à l’amélioration des outils de détection ».
Amendes et/ou peines de prison
C’est notamment le cas en Guadeloupe. En effet, à la suite de plusieurs signalements, une enquête a permis de mettre en lumière un trafic de faux codes. Ainsi, 7 centres d’examen agréés pour passer les épreuves du code ont été fermés sur celle que l’on surnomme l’Île papillon. Et, le 7 janvier 2025, 4 employés d’auto-école et de centres d’examen ont été condamnés par le tribunal correctionnel de Point-à-Pitre, à 10 000 euros d’amende, ainsi qu’à des peines d’emprisonnement allant de 18 mois à 2 ans.
La justice s’intéresse également aux acheteurs de code puisqu’ils contribuent directement à ces pratiques illégales. Ainsi, en juin et juillet derniers, une centaine de titulaires de faux codes ont été condamnés à payer une amende de 800 euros. Et bien évidemment, leur examen théorique a été invalidé.
Les titulaires de faux codes surreprésentés dans les accidents
Les conducteurs ayant acheté leur code sont d’autant plus dans le viseur de la justice qu’ils sont très souvent impliqués dans des accidents de la route, selon une enquête de la section de recherche. Or la Guadeloupe présente un taux d’accidentalité très élevé. En effet, sur les six premiers mois de l’année 2025, 24 personnes sont décédées dans un accident de la route, ce qui est énorme rapporté aux 380 000 habitants (résidents à l’année répertoriés par l’INSEE) que compte l’île. S’il l’on compare à la métropole et aux autres territoires ultramarins, la Guadeloupe arrive en tête de classement de la mortalité routière avec un taux moyen de 136 tués par million d’habitants, juste derrière la Nouvelle-Calédonie (178 t/Mhab), mais devant la Guyane (117 t/Mhab), la Martinique (74 t/Mhab), la France métropolitaine (46 t / Mhab) et La Réunion (45 t/Mhab).
Mode de déplacements et âges des tués
Selon les derniers chiffres de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), sur la période 2022-2024, la majeure partie des personnes décédées dans un accident de la route en Guadeloupe circulaient à bord d’un véhicule de tourisme (41 %), roulaient à moto (26 %) ou étaient des piétons (15 %). La part des tués alors qu’ils se déplaçaient en cyclo est plus faible (7 %). Idem pour les cyclistes (6 %) et les chauffeurs de véhicules utilitaires (2 %).
Pour ce qui est de la répartition de la mortalité routière (toujours sur la période 2022-2024), on constate que les 18-24 ans sont les plus touchés puisqu’ils représentent 20 % des personnes décédées dans un accident de la route en Guadeloupe. Cependant, ils ne constituent pas véritablement une surmortalité car – et c’est un peu une spécificité par rapport aux autres territoires ultramarins-, toutes les tranches d’âges sont impactées de façon assez homogène. Ainsi, les 25-34 ans représentent 19 % des tués, les 35-44 ans (17 %), les 45-54 ans (15 %) et les 55-64 ans (13 %). Viennent ensuite les seniors de 75 ans et plus qui représentent 8 % des décès dans un accident de la route, les 65-74 ans (7 %), les enfants de moins de 13 ans (2 %) et les adolescents de 14-17 ans (1 %).