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handshake Congrès professionnels — Juillet 2025

Congrès Mobilians-ESR : Le manque de places d’examen et le CPF moto au cœur des discussions

Le 61e congrès de Mobilians-ESR s’est tenu du 6 au 8 juin 2025, à Clermont-Ferrand, dans le Puy-de-Dôme. L’occasion de faire le point sur le manque de places d’examen avec la DSR et sur le CPF moto avec le député Sacha Houlié.


Sans surprise, le manque de places d’examen a été le sujet majeur de ce 61e congrès Mobilians-ESR. La Délégation à la Sécurité routière représentée par la déléguée interministérielle, Florence Guillaume, le sous-directeur adjoint à l’Éducation routière, Tristan Riquelme et le chef du service de la Qualité et de la Modernisation des examens, Frédéric Gillodes, n’a pas éludé le problème. Un problème qui s’explique par une hausse de la demande de places (environ 20 %) due à la démographie (avec notamment le léger babyboom de l’an 2000), au permis à 17 ans (« nous avons eu plus de candidats que l’on pensait », a reconnu la déléguée) et le financement du permis moto via le CPF (plus de 100 000 inscrits de mi-janvier à mi-mai 2024). « La situation est grave et nous en sommes conscients », a déclaré Tristan Riquelme, avant de préciser que si « la situation s’est dégradée depuis le Covid », elle diffère d’un département à l’autre : « On n’est pas sur une pénurie globale nationale, les tensions se concentrent en Île-de-France, dans les grandes villes et quelques territoires en province ». C’est pourquoi, outre l’arrivée cette année de 120 inspecteurs sur le terrain qui constituent des remplacements de départs en retraite, mais aussi des créations de poste promis par Gérald Darmanin lorsqu’il était ministre de l’Intérieur, la DSR optimise la péréquation entre départements géographiquement proches. De plus, Bercy a autorisé l’ouverture d’un nouveau concours de recrutement d’inspecteurs.

Augmenter le taux de réussite pour diminuer les délais d’obtention de places d'examen
Malheureusement ces efforts restent insuffisants pour apurer la situation. Selon Patrice Bessone, président de Mobilians-ESR, il manque environ 300 000 places par an. Il faut donc trouver d’autres leviers comme augmenter le taux de réussite. En effet, selon la DSR, si le taux de réussite passait à 70 % au lieu des 58 % actuellement, le problème de manque de places se résorberait quasiment de lui-même.
À cet effet, Mobilians-ESR propose d’adopter plusieurs mesures : augmenter le nombre d’heures de formation obligatoires à  28 heures au lieu des 20 heures actuelles, dont 4 de cours théoriques obligatoires, en salle. Cela permettrait de présenter à l’examen des candidats mieux préparer, ce qui réduirait le taux d’échec, mais aussi d’avoir moins de tensions à gérer dans les auto-écoles avec des élèves qui veulent absolument passer l’examen alors que leur enseignant estime qu’ils ne sont pas prêts.
Concernant la formation moto, Mobilians-ESR propose de revoir la marge d’erreur accordée sur la vitesse exigée en plateau (tolérance d’environ 5 km/h), de permettre d’effectuer le demi-tour sans passager comme c’était pratiqué pendant la période de Covid et, en cas d’échec, de permettre à l’élève de ne repasser que la partie où il a échoué. Mobilians-ESR demande aussi qu’une réflexion soit menée sur le nombre d’examens plateau passé par demi-journée et de réduire un peu le temps de l’épreuve en circulation. Cet ensemble de modifications permettrait de dégager quelques places d’examens supplémentaires sans pour autant dégrader le niveau d’exigence, car comme l’a rappelé Patrice Bessone, « on ne badine pas avec la sécurité routière ! ». D’ailleurs, Mobilians-ESR demande que la formation post-permis de 7 heures devienne obligatoire, afin de permettre un retour d’expérience peu de temps après l’obtention du permis de conduire.

Le point sur le CPF moto
Autre sujet majeur de ce congrès : le CPF moto. À cet égard, Sacha Houlié, député de la Vienne, porteur de la loi n° 2023-479 du 21 juin 2023 visant à faciliter le passage et l'obtention de l'examen du permis de conduire, avait comme l’an dernier au congrès Mobilians-ESR de Poitiers, fait le déplacement. Le député a rappelé la genèse de cette loi qui rendait éligible au CPF « la préparation aux épreuves théoriques et pratiques de toutes les catégories de permis de conduire d'un véhicule terrestre à moteur » et qui devait entrer en application au 1er  janvier 2024, avec la publication d’un décret d’application. En réalité, comme chacun sait, la loi est bien entrée en application en janvier 2024, mais sans décret d’application. Un décret qui est finalement paru le 18 mai 2024 au Journal Officiel pour limiter l’utilisation du CPF au financement d’un premier permis pour la catégorie des véhicules légers, alors que l’on assistait à une explosion de demandes de financement du permis moto.
Aussi, dès le 12 juin 2024, Mobilians-ESR, lançait une action en référé au Conseil d’État pour demander la suspension en urgence du décret, mettant en avant un problème de principe d’égalité entre les personnes qui avaient pu bénéficier pendant quatre mois du financement d’un permis moto alors qu’elles avaient déjà un autre permis et ceux qui à partir du 19 mai 2024 se voyaient refuser ce financement. La demande de procédure d’urgence étant également étayée par le fait que des écoles de conduite avaient investi dès janvier 2024 en moyens humains et en outils pédagogiques pour faire face à une forte hausse des inscriptions en moto et qu’elles risquaient de se trouver en déséquilibre financier avec la publication de ce décret qui freinait fortement l’activité. Sans grande surprise, le 7 juillet 2024, le Conseil d’État rejetait cette demande de procédure d’urgence.

Un travail de lobbying sur la portabilité du CPF
En revanche, la procédure de référé déposée par Mobilians-ESR, avec les Motards en Colère et l’UNIDEC, demandant au Conseil d’État de se prononcer sur le fond était bien enregistrée et a été examinée le 5 juin 2025. À l’heure où nous bouclons ce magazine, le Conseil d’État n’avait pas encore rendu sa décision. Cependant, en cas de décision non favorable à Mobilians-ESR, il y aurait la possibilité de modifier la loi du 21 juin 2023, mais comme l’a expliqué Sacha Houlié, cela ne peut se faire que par l’adoption par le parlement d’une « nouvelle loi qui contrerait la loi actuelle. On pourrait, par exemple, tenter de l’inscrire dans la loi de Finance, à l’autonome 2025, mais compte tenu de la situation actuelle de la répartition des voix entre les différents partis à l’Assemblée nationale, le Gouvernement n’a plus la main ». De son côté, Patrice Bessone veut rester confiant et mise sur un travail de lobbying, notamment sur la portabilité du CPF, auprès des parlementaires car « c’est une mesure populaire ». Sacha Houlié, dont le projet de loi initial incluait la portabilité, a accepté de s’engager à travailler sur ce sujet avec Mobilians-ESR.

Récompenser les meilleurs enseignants de la conduite
Enfin, ce 61e congrès s’est achevé avec l’annonce de la création par Mobilians-ESR d’un concours visant à mettre en valeur les meilleurs enseignants de la conduite. Baptisé Les Étoiles de la formation à la conduite et à la sécurité routière, ce concours qui a pour partenaires financiers, Mobilians national, Master, Codes Rousseau, Enpc-Ediser et Dekra, sera officiellement lancé en septembre 2025 et récompensera trois enseignants lors du prochain congrès Mobilians-ESR qui se tiendra fin mai 2026, à Toulon , dans le Var. 


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