Depuis le début de l’année 2025, cinq sénateurs ont posé chacun une question au Gouvernement relative au passage du permis de conduire, avec comme problématique majeure : le manque de places d’examens pratiques.
Le 6 février 2025, Christian Bilhac, sénateur de l’Hérault (Parti radical de gauche) déposait une question afin d’attirer l’attention du ministre de l’Intérieur sur « l'aggravation continue des difficultés auxquelles est confronté le système d'examen du permis de conduire dans le département de l'Hérault. Ces problématiques affectent non seulement les candidats à l'examen mais aussi les entreprises et les écoles de conduite, fragilisant ainsi l'écosystème local et national alors que le permis de conduire constitue un tremplin vers l'emploi, l'autonomie ainsi que la sociabilité pour les jeunes travailleurs dans les territoires mal desservis par les réseaux de transport en commun ».
Le 6 mars 2025, Cédric Chevalier, sénateur de la Marne (Horizons) attirait à son tour l’attention du ministre de l’Intérieur sur « les difficultés actuelles pour obtenir une place à l'examen du permis de conduire ».
Un risque de conduite sans permis
Le 15 mai 2025, Elsa Schalck, sénatrice du Bas-Rhin (Les Républicains) s’adressait également au ministre de l’Intérieur : « L'allongement des délais de passage de l'examen du permis de conduire retarde les projets professionnels et personnels de certains candidats. Les écoles de conduite sont également impactées par ces délais et sont contraintes de refuser des candidats ou de les orienter vers d'autres départements, ce qui engendre des difficultés logistiques et économiques pour certaines structures. Par ailleurs, l'augmentation de ces délais a une incidence financière directe pour les candidats qui doivent maintenir le niveau de compétence jusqu'à l'examen et supporter le coût d'heures de conduite supplémentaires dans cette attente. Enfin, cela pourrait entraîner un risque accru de conduites sans permis ».
Le 22 mai 2025, Jean-Marc Délia, sénateur des Alpes-Maritimes (Les Républicains) écrivait au ministre de l’Aménagement du territoire qu’il souhaitait « connaître les mesures que le Gouvernement envisage pour renforcer les effectifs d'inspecteurs du permis de conduire et ainsi garantir un accès équitable et rapide à l'examen sur l'ensemble du territoire ».
Enfin, le 12 juin 2025, Raphaël Daubet, sénateur du Lot (Parti radical) attirait l'attention du ministre de l'intérieur sur « le dysfonctionnement du système d'examen du permis de conduire, tant sur son coût final que sur ses délais d'obtention ».
Réponse du ministère de l’Intérieur
Le 29 mai 2025, le ministère de l’Intérieur répondait officiellement au sénateur de l’Hérault, expliquant notamment les causes de l’augmentation des délais d’obtention d’une place : « Dans un contexte marqué par une hausse des inscriptions au permis liée notamment à la poussée démographique du début des années 2000 et à l'abaissement de l'âge du permis à 17 ans le 1er janvier 2024 qui a fait de 2024 une année charnière devant absorber 2 classes d'âges entrantes - les 17 et les 18 ans - au permis de conduire, l'adéquation entre l'offre et la demande de places d'examen au permis de conduire fait l'objet d'une attention particulière du Gouvernement ». À cela, on pourrait ajouter l’explosion des inscriptions au permis moto via le CPF lors des cinq premiers mois de 2024.
Après avoir exposé les causes de la hausse de la demande de places, le Gouvernement présente les actions menées pour remédier au problème : « Lors des deux années précédentes, les postes budgétaires d'IPCSR ont augmenté de 15 ETP en 2023 et de 38 en 2024, répartis dans les départements les plus concernés par des délais d'attente importants de passage des examens du permis de conduire. Leur répartition dans les régions et les départements est établie, afin d'être la plus efficace, en fonction notamment du nombre de formateurs déclaré dans le département, du seuil formateur (nombre d'élèves qu'un formateur peut former par mois), du nombre moyen d'examens dans le département par mois et par IPCSR et du taux de réussite à l'examen dans le département. (…) Par ailleurs, un dispositif permet la mise à disposition pour 2 ans d'employés de La Poste qui souhaitent faire une mobilité externe et qui ont été sélectionnés en ce sens pour renforcer les départements en tension. Ils ont suivi la même formation que les IPCSR pour les examens du permis de conduire de la catégorie B exclusivement. (…) certains IPCSR retraités qui le souhaitent peuvent continuer à réaliser des examens sous couvert d'une convention conclue avec l'administration. (…) Enfin, soucieux d'améliorer la situation des examens du permis de conduire, le gouvernement vient d'autoriser au titre de l'année 2025 l'ouverture exceptionnelle d'une seconde session de concours externe et interne pour le recrutement d'IPCSR. » Des efforts certes louables, mais malheureusement insuffisants.