Le financement des véhicules pose souvent des problèmes aux écoles de conduite. Il faut dire que cela a un impact direct sur la gestion de l’entreprise. Plusieurs solutions sont proposées qui ont chacune des avantages et des inconvénients.
Tout comme les administrations et collectivités territoriales, les écoles de conduite qui doivent renouveler leur parc automobile, sont amenées à se poser la question suivante : doivent-elles acheter ou louer leurs véhicules ? C’est une question d’autant plus essentielle que les centres de formation à la conduite doivent penser à réaliser leur transition énergétique, autrement dit à électrifier leur flotte, ce qui a des conséquences directes sur leur choix à un moment où les prix de revente sur le marché de deuxième main des véhicules thermiques, diesel en particulier, sont plein d’incertitudes et ceux des véhicules électriques difficiles à évaluer.
▸ La location longue durée (LLD)
Si l’on se réfère aux chiffres Dataneo de 2024, les auto-écoles ont massivement recours à la location longue durée (LLD) pour financer leurs véhicules de tourisme. Ce n’est pas à proprement parler une « solution de financement », mais un moyen pour une entreprise de pouvoir disposer de véhicules et de se constituer un parc automobile sans avoir à le financer d’entrée de jeu. Cette solution présente de multiples avantages, ce qui explique qu’elle soit adoptée par les « grands comptes » (les plus grandes entreprises qui ont un parc auto conséquent) ou de plus en plus par des PME-PMI. Les véhicules loués restent la propriété du loueur dont le nom est mentionné sur les certificats d’immatriculation, associé à celui du locataire. Le tarif des loyers est déterminé en fonction de nombreux facteurs, notamment :
- du prix du véhicule neuf (remisé par constructeur) ;
- de la durée du contrat ;
- d’un kilométrage déterminé à l’avance ;
- de la valeur de revente (VR) du véhicule : c’est un paramètre qui compte pour beaucoup dans le calcul du loyer. Il s’agit d’une évaluation par le loueur du prix de revente du véhicule en fin de contrat. Plus cette évaluation est élevée, plus le loyer sera bas. L’explication en est simple : le loueur a besoin de revendre le véhicule dans les meilleurs délais car un véhicule qui reste sur son parc équivaut à une immobilisation de capital qui coûte cher.
La LLD peut être une location simple (dite location financière), mais les auto-écoles ont plutôt intérêt à opter pour les services annexes : maintenance régulière, assistance au conducteur, gestion des pneumatiques, carte carburant, télépéage, etc. Attention cependant pour ce qui est de l’entretien notamment : il est parfois moins onéreux de le confier à des prestataires ne dépendant pas des réseaux constructeurs. Le loueur n’émet qu’une seule facture détaillée pour la location et les services choisis, ce qui offre à l’entreprise une maîtrise et une budgétisation de ses coûts automobiles. C’est là sa valeur ajoutée, car le loueur prend en charge certains risques et en particulier ceux liés à la revente des véhicules. L’entreprise locataire doit exiger la transparence des coûts, ce qui n’est pas toujours évident pour les services annexes. Il faut également se méfier des frais de remise en état en fin de contrat toujours difficiles à évaluer. Les loyers passent en charges d’exploitation déductibles (dans la limite du plafond amortissable pour les véhicules particuliers).
▸ La location avec option d’achat (LOA)
Le crédit-bail (ou leasing) qui est généralement appelé location avec option d’achat (LOA) pour les particuliers, est une solution retenue par plus d’un cinquième des professionnels. Avec ou sans service, la LOA permet de louer des véhicules pour une durée et un kilométrage contractuels, déterminés à l’avance. Le financeur reste propriétaire du véhicule. Le certificat d’immatriculation est à son nom, mais celui de l’entreprise cliente y figure également le plus souvent. En fin de contrat, le locataire peut lever l’option d’achat et devenir propriétaire du véhicule ou restituer le véhicule à l’établissement financier, qui en est, de fait, le propriétaire.
Le crédit-bail peut être assorti d’un ensemble de prestations : extension de la garantie constructeur et de l’assistance 24h/24, entretien, assurance, garantie financière, télépéage, carte carburant, etc. Le crédit-bail ou LOA a pour premier avantage de simplifier la vie des gestionnaires puisque le loueur lui adresse une facture mensuelle unique pour la location et les services attachés. De plus, les loyers sont considérés comme des charges déductibles, ce qui est synonyme d’économie d’impôts. Enfin, cela permet d’avoir un produit sur-mesure, avec ou sans apport. En revanche, le principal inconvénient si l’option d’achat n’est pas levée, c’est comme pour la LLD, les frais de remise en état du véhicule qui sont souvent source de conflit avec le loueur.
▸ L’achat sur fonds propres ou à crédit
Plus de 10 % des écoles de conduite ont recours à l’achat au comptant, sur fonds propres ou avec un crédit classique, voire avec le prêt « Action Climat » mis en place grâce à Mobilians, par la Bpifrance (Banque Publique d'Investissement) à l’intention de ceux qui veulent électrifier leur flotte. Les mensualités de remboursement commencent deux ans après l'achat. Premier avantage du paiement au comptant : les véhicules acquis en autofinancement restent la propriété de l’auto-école. Les certificats d’immatriculation (les cartes grises) sont à son nom. Cet achat qui est une immobilisation, apparaît à l’actif dans le bilan de l’entreprise. Les amortissements passent en charge. A contrario, cela implique une (importante) mobilisation de capitaux et une prise de risques sur le prix de revente dans un environnement économique automobile très incertain. Si l’on choisit le crédit classique, le montant du financement représente une dette qui, dans le bilan de l’entreprise, est inscrite au passif. Les intérêts sont des charges financières et apparaissent comme telles. Les amortissements passent en charge d’exploitation (dans la limite du plafond amortissable pour les véhicules particuliers). Les principaux avantages sont, pour l’entreprise, l’étalement de sa dépense et l’inscription à l’actif au bilan (immobilisations amortissables). Comme un financement à 100 % est toujours possible, cela laisse intacte et disponible la trésorerie. En revanche, cela augmente l’endettement et c’est une prise de risque pour la revente.
Marc Horwitz