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handshake Congrès professionnels — Mai 2025

Rencontres parlementaires - Les propositions de Mobilians-ESR pour « un partage sécurisé de la route

Le 19 mars dernier, à Paris, Mobilians-ESR a organisé un déjeuner sur le thème du partage de la route, avec la déléguée interministérielle à la Sécurité routière et quelques parlementaires particulièrement investis dans les problèmes d’éducation et de sécurité routières.


Alerter et proposer des mesures qui permettraient de rendre la mobilité des Français plus sûre, tel était le thème de ce déjeuner-débat auquel étaient conviés des personnalités politiques comme Florence Guillaume, la déléguée interministérielle à la Sécurité routière, mais aussi Sacha Houlié, député de la Vienne et à l’origine de la loi élargissant le CPF à tous les permis de conduire terrestres ou encore Audrey Linkenheld, sénatrice du nord qui a déposé une proposition de loi visant à interdire l’accès des conducteurs inexpérimentés aux véhicules surpuissants.

Refondre les programmes de la formation initiale
Certes, le mois de février 2025 a été le moins meurtrier sur la route depuis 1954, comme l’a rappelé la déléguée interministérielle, avec « plus globalement une mortalité sur les 12 derniers mois en baisse de 2 % par rapport aux 12 mois précédents, et en baisse de 4 % par rapport à l'année 2019, année prise comme référence pour la décennie 2020-2030 », mais la question qui se pose est la suivante : comment pérenniser ces (bons) résultats pour atteindre « zéro morts » sur la route en 2050 ? « Par une meilleure éducation des futurs conducteurs et une sensibilisation aux comportements à risques », aime à répondre le président de Mobilians-ESR, Patrice Bessone. Cela passe par une refonte des programmes de la formation initiale avec la mise en place de cours théoriques obligatoires. Ces cours permettent de travailler sur des situations réelles pour aborder les problématiques des usagers, des véhicules, des infrastructures et de l’environnement, du post-accident et de la vitesse.
Aujourd’hui, l’apprentissage du seul Code de la route, s’il est nécessaire, n’est plus suffisant. « Il faut, pour sensibiliser aux comportements à risque, un module spécifique effectué en présentiel qui démontre que le plus souvent, ce sont bien les conducteurs qui sont à l’origine des accidents », explique Jérôme Binet, président départemental de l’Orne de Mobilians-ESR. Cette prise de conscience est facilitée par les discussions en groupe efficacement appuyées par l’utilisation des nouvelles technologies, écrans interactifs, simulateurs etc. Elle doit conduire les conducteurs à percevoir ce qu’est leur propre conduite. « La plupart des jeunes conducteurs, par exemple, considèrent qu’ils sont des conducteurs sûrs. Et la majorité d’entre eux surestime leur capacité, constate Jérôme Binet. Les jeunes conducteurs sont sans doute plus à risque, mais on constate, au fil de la vie, un déclin de la vigilance et des bonnes pratiques ».

Rendre obligatoire la formation à la conduite pour tous
La nécessité de formation ne concerne pas uniquement les apprenti-conducteurs. « Tous les conducteurs ont besoin de s’adapter aux évolutions sociétales et le nouveau partage de la route en est une », déclare Patrice Bessone, justifiant ainsi « l’impérieuse nécessité de rendre obligatoire la formation à la conduite pour tous ». Mais « Attention, met en garde le président de Mobilians-ESR, le renforcement du contenu des formations initiale et continue ne saurait se faire au détriment d'une équité sociale et territoriale dans l'accès au permis de conduire ! ». Sur ce point, tout le monde est d’accord, à commencer par Manuel Picardi, secrétaire général de la Fédération européenne des auto-écoles (EFA). Ce dernier souligne que dans l’Union européenne, les pays membres ont un objectif commun : dispenser la meilleure des formations possible. Il est essentiel que « cette formation distingue les connaissances des compétences ». Ainsi, la formation « doit être davantage axée sur la compréhension, et non uniquement sur la réussite à un examen ». Et d’ajouter que « les sujets relatifs à la sécurité routière doivent impérativement être abordés en auto-école ».

Adapter la réglementation aux évolutions de la société
CQFD… alors qu’apparaissent de nouvelles formes de mobilité et se (re) développe les usages du vélo avec les vélos-cargos, la vélo-logistique, tout évolue très vite. Il est temps que ces changements culturels soient pris en compte par un cadre réglementaire adapté. « Le partage de la route est un enjeu décisif de sécurité routière alors que les automobilistes représentent moins de la moitié des personnes décédées sur nos routes », devait d’ailleurs rappeler, en conclusion, Florence Guillaume. C’est en ce sens que les écoles de conduite de proximité sont, pour Mobilians-ESR, prêtes à offrir aux conducteurs une formation qui pourrait « transformer nos routes en espaces plus sûrs et harmonieux pour tous ».


Marc Horwitz


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