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school Pédagogie — Avril 2009

-ECF Lyon Bron et Île-de-France-
Deux innovations en matière de pédagogie


Le CESR/ECF de Lyon Bron a instauré le témoignage d’un accidenté de la route lors des formations au permis de conduire. Par ailleurs, en Île-de-France, des caméras ont été installées dans les véhicules pour détecter les erreurs des élèves.

« En quelques secondes, un accident de la route a fait basculer ma vie. Souvenez-vous bien que cela n’arrive pas qu’aux autres ». C’est le message principal que donne chaque mercredi, depuis février 2009, Olivier Duplat, 38 ans, à des élèves du CESR/ECF de Lyon Bron. Handicapé physique et mental, cet ancien mannequin devenu commercial a été victime en 1999 d’un terrible accident de voiture. Il entre en collision avec un tracteur qui lui a coupé la route, ressort du drame vivant mais très gravement blessé et avec des séquelles irrémédiables comme la perte de la capacité respiratoire et de la mémoire immédiate.

SENSIBILISER POUR MODIFIER LES COMPORTEMENTS
Ce nouveau module de témoignage, d’une durée d’1 heure, s’inscrit dans une démarche de sensibilisation et de modification durable des comportements sur la route. Il complète sans supplément de prix la formation théorique et pratique délivrée sur piste et en circulation chaque année à quelque 2 700 élèves candidats aux différents permis de conduire (permis B mais également permis moto et groupe lourd).
Cette initiative est réalisée en partenariat avec Avenir Santé, une association de prévention par et pour les jeunes, qui agit dans les domaines de la sécurité routière, de l’alcool et du tabac. La formation s’inscrit dans le module européen « Close To », qui sensibilise les apprentis conducteurs par le témoignage d’un jeune impliqué dans un accident de la route dans 15 autres pays européens.

UN TÉMOIGNAGE EN 4 PHASES
Le témoignage se décompose en quatre étapes successives. Tout d’abord, Olivier Duplat évoque la vie qu’il menait avant l’accident, sur les plans social, familial et professionnel. Puis il passe aux circonstances de l’accident et aux responsabilités respectives (« le tracteur était certes en tort mais je conduisais trop vite, à 110 km/h au lieu des 90 km/h autorisés, et si j’avais un peu levé le pied, l’accident ne se serait sans doute pas produit »), avant d’enchaîner sur la vie qu’il mène depuis son accident. Malgré une rééducation intense, il ne peut plus travailler ni faire d’effort physique. Enfin, il explique les raisons qui l’ont poussé à témoigner : faire comprendre aux jeunes que personne n’est à l’abri d’un accident.
Pour René Chomette, directeur du CESR/ECF de Lyon Bron, « la difficulté initiale était de trouver une personne qui ait véritablement « digéré » son accident. Quant aux élèves, ils ne sont pas brutalement confrontés au témoignage d’Olivier Duplat, un animateur les a au préalable pris en charge, les préparant à l’heure qu’il vont passer avec un accidenté de la route et les incitant à préparer des questions. »

UN DISPOSITIF EN VOIE D’ÊTRE ÉTENDU
En juin 2009, à Lyon, lors du congrès annuel des ECF à Lyon, René Chomette présentera ce dispositif pédagogique aux autres membres du réseau d’écoles de conduite. Il proposera également de développer le principe dans les 20 autres villes dans lesquelles est déjà implantée l’association Avenir Santé, avec le témoignage d’autres rescapés de la route.

Christophe Susung



SOURIEZ, VOUS ÊTES FILMÉS !

Quatre agences ECF de Seine-et-Marne et une du Val-de-Marne ont développé un autre dispositif pédagogique innovant. Des caméras sont placées dans les voitures et filment le comportement au volant des élèves, leur permettent par la suite de prendre conscience de manière objective de leurs erreurs, afin de les corriger. Ces caméras ne sont pas embarquées lors des leçons de conduite traditionnelles, mais uniquement lors d’un « examen blanc », inclus dans le forfait 25 heures à 1 400 euros, et que les élèves peuvent passer une seconde fois en déboursant 54 euros.
Le système, d’un coût de 4 000 euros, se compose de trois caméras. Celles placées au-dessus de la tête du conducteur filment les regards afin notamment de surveiller les coups d’œil dans les rétroviseurs et la prise en compte de l’angle mort. Une troisième caméra, située sur la lunette arrière, contrôle la distance avec les autres véhicules.
Le dispositif a tout d’abord équipé, il y a 1 an, les agences ECF de Meaux et de St-Soupplets, avec, selon ECF, une augmentation du taux de réussite au permis (57 % en 2008 contre 46 % en 2007). Puis, en janvier 2009, il a fait son apparition dans l’agence de Melun, et, depuis mars 2009, dans les ECF de Pontault-Combault et de la Queue-en-Brie.




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