La Délégation à la sécurité routière lance un appel à manifestation d'intérêt (AMI) aux collectivités territoriales qui souhaitent expérimenter le « tourne-à-gauche indirect » cycliste, afin de mesurer l’efficacité de cette pratique en termes de sécurité routière.
Face à la multiplication des différents modes de déplacement, la Sécurité routière travaille à repenser le partage de la route et mettre en place de nouvelles pratiques. Ainsi, lors du Comité interministériel de la sécurité routière (CISR) du 17 juillet 2023, constatant une augmentation de 18,2 % de la mortalité des cyclistes entre 2019 et 2023 et des trottinettistes (10 décès en 2019 et 44 en 2023), le gouvernement a décidé d’expérimenter le « tourne-à-gauche indirect » (TAG indirect) pour les cyclistes, les utilisateurs d’engins de déplacement personnel motorisés (EDPM) et de cyclomobiles légers.
Une pratique instaurée au Danemark et aux Pays-Bas
Le TAG indirect s’inspire d’une pratique déjà mise en place au Danemark et aux Pays-Bas et qui a permis de réduire les accidents dans les carrefours à feux. Pour rappel, le TAG indirect consiste pour le cycliste qui arrive à l’intersection et veut tourner à gauche (comme on peut le voir sur le schéma en (1), à traverser le trafic pour aller se positionner dans un espace d’attente (2). Cet espace est situé en général au niveau de la rue sécante de droite (si l’intersection est un carrefour en croix). Puis, lorsque le feu passe au vert, il peut traverser l'intersection en allant tout droit (3) et (4). Ces manœuvres sont bien évidemment effectuées en cohérence avec les phases rouge et verte des feux.
Les modalités de l’expérimentation
Pour expérimenter le TAG indirect, la DSR lance donc un appel à manifestation d'intérêt (AMI) aux collectivités territoriales qui souhaitent mettre en place cette nouvelle pratique. Ainsi, elles peuvent déposer un dossier de candidature par voie électronique à bsc-sdpur-dsr@interieur.gouv.fr
au plus tard le 28 février 2025 à 23h59. Le dossier de candidature doit, entre autres, décrire la configuration des carrefours où le TAG indirect est mis en place, proposer un marquage au sol et une signalisation verticale. Un planning prévisionnel doit également être établit afin de préciser les phases de l’expérimentation et la planification de l’évaluation des résultats. La DSR dévoilera le 28 mars la liste des candidatures retenues.
Les candidats devront alors mettre en place l’expérimentation dans un délai maximum de six mois et rédiger un premier rapport présentant l’analyse du fonctionnement courant du carrefour. Un deuxième rapport devra être rédigé à l’issue de 18 mois d’expérimentation. Enfin un troisième et dernier rapport fera le bilan de l’expérimentation à 30 mois, soit 6 mois avant le terme de l’expérimentation au niveau national. Le Cerema sera ensuite chargé de réaliser un rapport de synthèse des évaluations produites par les expérimentateurs locaux et dressera un bilan national, qui pourra éventuellement déboucher sur la généralisation du TAG indirect.