L’Observatoire national interministériel de sécurité routière (ONISR) a publié, le 30 janvier 2025, les résultats provisoires du Bilan de l’accidentalité routière en 2024.
En France métropolitaine, 3 190 personnes ont perdu la vie sur les routes de l’Hexagone en 2024, contre 3 167 en 2023. Cela représente une augmentation de 0,7 % (soit 23 tués de plus) par rapport à 2023. Cependant, François-Noël Buffet, ministre auprès du ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, constate que « pour la seconde année consécutive, le nombre de personnes tuées sur les routes reste sous la barre des 3 200 morts. Ces résultats sont encourageants et témoignent des efforts continus déployés pour améliorer la sécurité routière. Chaque vie perdue sur nos routes reste néanmoins une tragédie, il est de notre responsabilité collective d’agir pour réduire ces drames humains ». En effet, si en 2012, Manuel Valls, alors ministre de l’Intérieur dans le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, avait annoncé son ambition de passer sous la barre des 3 000 tués sur les routes, cet objectif n’a été atteint que deux fois, à savoir en 2020 et 2021, lorsque le trafic routier avait fortement baissé en raison de la crise sanitaire due au Covid.
Légère baisse du nombre de blessés
Le nombre total de blessés est estimé à 233 000. Cela représente une légère diminution par rapport à 2023 (soit - 0,8 %). Pour ce qui est des blessés graves, l’ONISR avance une estimation de 16 000 victimes, ce qui constitue également une très légère baisse par rapport à 2023 (soit -0,6 %).
Hausse de la mortalité des automobilistes, motards et piétons
Comme toujours, on constate une disparité entre les différentes catégories d’usagers. Ainsi, 1 535 occupants de véhicules de tourisme sont décédés sur les routes de l’Hexagone en 2024 (soit 23 tués de plus qu’en 2023) et 4 800 ont été gravement blessés (+ 1 % par rapport à 2023). On remarque cependant que depuis 2020, la part des automobilistes dans la mortalité routière n’est plus majoritaire (48 %).Les usagers de deux-roues motorisés présentent également une mortalité en hausse par rapport à 2023, avec 726 tués (+ 20 tués). En revanche, le nombre de blessés graves est en baisse (5 100, soit - 6 %). Enfin, on registre une légère augmentation du nombre de piétons qui ont trouvé la mort dans un accident de la route, avec 451 décès en 2024, soit 12 de plus qu’en 2023. Et 2 000 piétons ont été blessés gravement, soit - 1 % par rapport à 2023.
Stabilité de la mortalité des cyclistes et usagers d’EDPM
En revanche, les catégories « cyclistes » et « usagers d’EDPM » présentent une certaine stabilité en matière de mortalité routière malgré une augmentation de l’utilisation de ces modes de déplacement : 222 cyclistes sont décédés en 2024 (soit 1 tué de plus qu’en 2023) et 44 utilisateurs d’EDPM ont perdu la vie en 2024 (soit le même nombre qu’en 2023). On constate également une stabilité chez les cyclistes blessés gravement (2 550). Par contre, 740 usagers d’EDPM ont été blessés gravement, ce qui constitue une hausse de 16 %.
18-24 ans, la catégorie d’âge la plus touchée
Lorsque l’on compare les victimes en fonction de leur âge, on constate que les jeunes de 18-24 ans ont en moyenne deux fois plus de risques de perdre la vie dans un accident de la route que le reste de la population. Et ce constat ne s’est pas démenti en 2024, puisque 531 jeunes adultes sont décédés, soit 34 tués de plus par rapport à 2023. En revanche, la mortalité chez les adolescents de 14-17 ans est en baisse : 92 décès en 2024 contre 116 en 2023. Un résultat à pondérer car si le nombre de morts est en baisse, le nombre de blessés graves reste élevé (1 600 blessés blessés graves enregistrés en 2024).