La proposition d'évaluation finale de formation comme préalable à une première présentation à l'examen pratique du permis B est en cours d'étude par la DSR. Ce bilan de compétence pourrait être réalisé sur un simulateur de conduite, ce qui pose quelques questions.
La présence d'un simulateur de conduite dans chaque école de conduite auto pourrait devenir un impératif si la DSR valide la proposition du réseau ECF, soutenue par une partie de la profession, d'une évaluation finale des élèves avant une première présentation à l'examen pratique B. « ECF propose qu’un bilan de compétences soit effectué auprès de chaque apprenti conducteur, à l’issue de sa formation le préparant à la conduite d’une voiture, quelle que soit la filière d’apprentissage suivie », explique Patrick Mirouse, président de l'ECF.
Garantir un niveau de compétence suffisant pour passer l’examen
L’idée est de garantir que seuls les candidats ayant acquis un niveau de compétence suffisant se présentent aux épreuves finales, avec pour triple objectif d'augmenter le taux de réussite dès la première présentation pour l'ensemble des candidats (en espérant atteindre celui des élèves ayant suivi un AAC, soit 70 %), de diminuer le nombre de présentations (pour libérer des créneaux d'examen et faire passer plus de candidats) et de réduire le coût global de la préparation au permis B.
Cette évaluation serait réalisée sur simulateur, offrant une méthode à la fois pratique et économique, qui ne nécessite pas d'alourdir les plannings, ni les charges de fonctionnement des auto-écoles. « Le bilan de compétences doit se concevoir comme une prestation ponctuelle, facturable, planifiée après la fin de la formation, et peut être effectué sur un simulateur de conduite homologué », rappelle Patrick Mirouse.
Garantir une impartialité de l’évaluation du niveau
Le fait de faire passer cette évaluation finale sur simulateur apporte les mêmes avantages que pour l'évaluation de départ en termes d'acceptation par les élèves en fin de formation : « ce n'est pas l’enseignant ou le responsable qui réalise ce bilan mais un ordinateur qui ne peut pas être accusé d'y avoir un intérêt commercial », souligne Antoine Beaudonnet, directeur commercial d'Enpc-Ediser. « Dans certains secteurs en tension, là où des candidats mettent la pression au gérant pour passer l'examen, cela permet à celui-ci de justifier la nécessité de reprendre des heures quand un candidat n'est pas encore au niveau demandé. »
Des contraintes de coût et d’espace
Si cette mesure devait être adoptée au niveau national, les dernières écoles encore non dotées d'un simulateur seraient contraintes de s'en équiper, ce qui n'est pas sans contraintes. Il s'agit tout d'abord d'une question d'espace libre, de possibilité dans certains locaux très exigus d'implanter un simulateur (souvent volumineux). Certaines solutions techniques aujourd'hui disponibles s'avèrent peu encombrantes et implémentables presque partout, mais elles pèchent alors par un manque de fonctions, de polyvalence. Dans la mesure où il ne s'agit plus d'un simple poste de conduite pour acquérir les automatismes de base sur les commandes principales, mais d'une évaluation finale qui nécessite de valider l'ensemble des acquis (notamment les manœuvres de stationnement), le niveau de sophistication et d'équipement requis par les simulateurs adéquats engendre à la fois un coût et un encombrement qui peut poser problème à de nombreux établissements, surtout parmi les plus petits.
« Dans un monde idéal, il faudrait que le futur candidat soit sur un simulateur avancé afin d'être placé dans une situation très proche de celle de l'examen », détaille Antoine Beaudonnet. « Dans la réalité d'aujourd'hui, cette évaluation finale pourrait être effectuée comme celle de départ : soit en voiture, soit sur simulateur, soit sur tablette dans les locaux de l'école, avec une banque de questions, de mises en situation pour évaluer la perception du risque. Cette solution alternative permettrait à toutes les écoles de mener ce bilan de compétences avant examen. »
Un éventuel usage généralisé du simulateur pour cette évaluation finale poserait en effet la question d'une norme d'homologation pour ces outils numériques qui devraient respecter un cahier des charges commun afin de garantir une égalité de traitement des élèves. Pour le moment, la DSR a homologué un certain nombre de modèles de simulateurs, tous commercialisés (et souvent fabriqués) par les éditeurs français de sécurité routière : Codes Rousseau, Enpc-Ediser, Planète Permis, The Good Drive ainsi qu'un produit de la société suédoise Tenstar. Mais cette « homologation DSR » ne correspond pas à une norme technique à proprement parler et ne prend pas en compte les exigences d'un bilan de compétences final avant examen pratique. Par ailleurs, elle n'inclut pas (ou pas encore) d'autres solutions techniques reconnues pour leurs qualités techniques, mais peu présentes sur le marché des écoles de conduite, comme celles des entreprises françaises Develter Innovation ou ST Engineering Antycip.