Le cyclone tropical Chido a frappé de plein fouet l'ensemble de l'île de Mayotte le 14 décembre dernier. Les professionnels, touchés comme les autres Mahorais par la destruction partielle ou totale de leur maison, ont vu, pour certains, leur outil de travail être anéanti. Les écoles de conduite n’ont pas été épargnées.
Le cyclone Chido qui a frappé Mayotte samedi 14 décembre 2024, a meurtri comme nul pareil cette île de l’Océan Indien. Le 101e département français présente des dégâts considérables. À Mamoudzou, la principale ville de Grande-Terre, la plupart des bâtiments n’ont pas résisté aux vents qui ont parfois atteints 180 km/h, avec même des rafales à 250 km/h dans le nord de l’île. Un mois après Chido, une alerte rouge cyclonique était à nouveau déclenchée : le système dépressionnaire Dikeledi. Des pluies torrentielles ont une nouvelle fois paralysé l’île et laissé des traces.
Une centaine d’enseignants au chômage partiel
Mi-janvier 2025, la vie reprenait cependant cahin-caha quand Mohamed El Amine, président de Mobilians-ESR pour Mayotte a accepté de témoigner de ce qu’il venait de vivre. Gérant d’une auto-école à Mamoudzou, il emploie six personnes, dont quatre enseignants de la conduite. Tous n’ont pas repris leur travail puisque deux des six véhicules-école ont été détruits. « Je n’ai que peu de recul, affirme-t-il, mais ce qui est certain c’est que nous devons, mon entreprise comme l’ensemble du secteur des auto-écoles, faire face à une situation de crise qui ne cesse de s’aggraver ». Avant même les cyclones Chido et Dikeledi, une grève de deux mois avait paralysé Mayotte en début d’année 2024 et l’activité de la cinquantaine d’écoles de conduite mahoraises avait été perturbée. « Nous commencions à reprendre quand tout s’est de nouveau arrêté, brutalement, témoigne Mohamed El Amine. Depuis, beaucoup de nos auto-écoles peinent à s’en sortir dans ce contexte dramatique. Même si les routes sont cependant redevenues à peu près praticables, que nous pouvons circuler en ville, notre activité est fortement ralentie et plus d’une centaine d’enseignants sont actuellement en chômage partiel. »
Dans l’attente d’une réponse des pouvoirs publics
Les trois inspecteurs en poste sur l’île ont été, à titre personnel, très affectés par les cyclones. L’un d’entre eux est reparti en métropole et la gestion des examens de conduite est devenue impossible. Aussi, tout est suspendu jusqu’à nouvel ordre et les perspectives de reprise restent floues. « Nous ne savons pas où nous allons », constate Mohamed El Amine qui s’inquiète de la situation des entreprises sinistrées. « Nous avons énormément de mal à obtenir des indemnisations. Les aides de l’État ? De mon côté, malgré les demandes faites, je n’ai encore rien reçu », explique-t-il. Pour ce professionnel, la situation en ce début 2025 rappelle l’après-Covid. « C’était l’incertitude et les difficultés économiques dominaient, dit-il. Eh bien, c’est comme si nous étions en train de revivre cette période. Avec une différence, essentielle : cette fois-ci, les dégâts matériels et humains liés aux cyclones ajoutent un poids supplémentaire à une situation déjà fragile ».
Face à ces épreuves, les écoles de conduite de Mayotte, essentielles pour la mobilité et l’emploi local, espèrent une réponse rapide des pouvoirs publics et comptent sur les assurances pour relancer leurs activités au plus vite. Mais que le temps est long !