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handshake Congrès professionnels — Décembre 2024

Congrès CER : la RSE au service de la croissance des écoles de conduite

Le 41ème congrès annuel du réseau CER s’est tenu les 25 et 26 octobre à Rennes, dans le magnifique Couvent des Jacobins. L’occasion de faire le point sur les dossiers de la profession et de réfléchir aux moyens de développer l’activité des membres du réseau.


Le constat est sans appel : « La santé de la profession est plus que jamais fragile », a déclaré Patrick Crespo, président du réseau CER, face aux participants du congrès annuel. « Les charges augmentent, on manque d’enseignants et de places d’examen, ce qui met les écoles de conduite dans une position financièrement délicate et se traduit pour nombre d’auto-écoles par un chiffre d’affaires en baisse ». Malgré ce constat plutôt négatif, Patrick Crespo reste optimiste : « La profession se trouve actuellement dans une période charnière et doit faire face à un grand nombre de mutations. Mais si nous réussissons à prendre ce virage de la modernité, la profession est promise à un bel avenir ».
Pour prendre ce virage de la modernité, le président de CER réseau entend s’appuyer sur la Responsabilité sociétale des entreprises (RSE). Un terme et une notion très à la mode qui comme l’a souligné Patrick Crespo « ne se limite pas à une politique de décarbonation des entreprises » et à la simple conversion des véhicules thermiques en véhicules électriques. En effet, la « responsabilité sociétale des entreprises » également appelée « responsabilité sociale des entreprises » est définie par la Commission européenne comme la responsabilité des entreprises vis-à-vis des effets qu'elles exercent sur la société. Plus concrètement, la RSE désigne la contribution des entreprises aux enjeux du développement durable. Ainsi, une entreprise qui applique la RSE cherche à avoir un impact positif sur la société tout en étant économiquement viable. Et le second objectif est tout aussi important que le premier ! Car que dire d’une entreprise qui a un impact positif sur la société si elle n’est pas économiquement viable et se retrouve en faillite ?

Se diversifier en s’appuyant sur l’expérience du réseau
En premier lieu, il est donc indispensable de bien gérer l’entreprise. Trop ­d’auto-écoles fixent leurs prix par rapport aux tarifs affichés par la concurrence au lieu de prendre en compte le coût de fonctionnement de leur propre établissement. Or comme chacun sait, casser les prix s’avère à moyen et plus long terme très dangereux si l’activité n’est pas rentable. C’est pourquoi un atelier pratique était consacré à rappeler les bases d’une bonne gestion afin « de ne pas rouler à perte ». Dans le prolongement de cette thématique de bonne gestion, un autre atelier proposait un focus sur les différentes pistes de diversification (formation deux-roues, remorque, groupe lourd, Caces, formation au Titre Pro ECSR, etc.), avec pour chaque type de formation, la présentation des prérequis, le coût de l’investissement à prévoir et les conseils des adhérents qui avaient déjà franchi le pas. « La formation au permis B est un produit d’appel, a déclaré Patrick Crespo. Il faut savoir que d’autres niches sont plus rentables. C’est notamment le cas du B to B. Il ne faut pas hésiter à se lancer en s’appuyant sur l’expérience du réseau CER. » Se diversifier pour assurer une meilleure rentabilité de l’entreprise et une pérennité de cette dernière entre en effet pleinement dans la définition de la RSE.

Introduire de la RSE dans le label CER
Mais la RSE ne se résume pas à la bonne gestion d’une entreprise. Elle consiste également à mettre en place des actions concrètes comme proposer de la formation continue aux salariés ou prendre en charge des contrats Pro, organiser des balades à moto avec les élèves ou encore mettre en place un plan de transition énergétique et d’économie d’énergie. Sur ce dernier point, Patrick Crespo a rappelé que « les jeunes sont très sensibles au respect de l’environnement ». S’inscrire dans une démarche de respect de l’environnement peut donc être un argument marketing pour une école de conduite. Pour permettre aux congressistes de mieux comprendre la RSE et surtout de pouvoir l’appliquer dans leurs établissements, un atelier pratique a donné des pistes de réflexion, rappelant que la norme ISO 26000, standard international, définit le périmètre de la RSE autour de sept thématiques centrales : la gouvernance de l’organisation, les droits de l’homme, les relations et conditions de travail, l’environnement, la loyauté des pratiques, les questions relatives aux consommateurs, les communautés et le développement local. Au niveau du réseau, Patrick Crespo a indiqué que CER s’inscrivait également dans cette démarche de la RSE. À cet effet, une réflexion est actuellement menée au sein du Conseil d’administration pour faire évoluer le contenu du label CER « afin d’intégrer cette démarche qualité de la RSE ». Le président du réseau a également rappelé que CER proposait à ses adhérents l’audit 360° qui consiste à effectuer sur deux jours une radiographie de l’activité de l’entreprise, puis à lui adresser un rapport avec des préconisations pour améliorer sa  rentabilité.

Refonte de l’arrêté du 8 janvier 2001
Si les écoles de conduite peuvent évoluer en s’inscrivant dans une démarche de RSE, elles restent cependant contraintes par la réglementation. Or, Damien Laplace, chef du bureau de la réglementation de la formation et des professions de l’éducation routière à la délégation à la sécurité routière, a indiqué que la DSR travaillait actuellement à une refonte de l’arrêté du 8 janvier 2001 relatif à l'exploitation des établissements d'enseignement, à titre onéreux, de la conduite des véhicules à moteur et de la sécurité routière. Parmi les sujets de réflexion, Damien Laplace a cité le renouvellement de l’agrément ou la durée d’utilisation des véhicules destinés à la formation à la conduite avec la prise en compte du problème de l’électrification. Également présente à ce congrès, la déléguée interministérielle à la Sécurité routière, Florence Guillaume, a affirmé que le gouvernement n’avait « pas d’idées préconçues » et qu’un « travail était engagé avec la profession » afin de produire « un texte qui colle plus à la réalité des choses ». Pour Patrick Crespo, « l’idée n’est pas de tout casser, mais de revoir ce texte afin de l’adapter aux contraintes d’aujourd’hui. En 2001, on réglementait beaucoup. Aujourd’hui, il faut peut-être ouvrir un peu, être un peu plus souple ». Quoi qu’il en soit, cette refonte de ce texte doit permettre de revoir la réglementation, « en particulier par rapport à la concurrence », estime le président de CER réseau.

La privatisation de l’examen pratique n’est pas à l’ordre du jour
D’autres sujets d’actualité ont été évoqués comme le livret numérique et bien évidemment le manque de places d’examen. Florence Guillaume reconnaît que l’année 2024 aura été compliquée, notamment à cause d’une hausse de la demande de places due à une conjugaison de facteurs : permis à 17 ans, ouverture du CPF à la moto, baby-boom de l’an 2000… La déléguée interministérielle reste cependant optimiste en rappelant que 88 nouveaux inspecteurs ont pris leurs fonctions en 2024 et que 90 autres arriveront sur le terrain l’an prochain. Mais pour la plupart des écoles de conduite, le nombre d’inspecteurs est et restera insuffisant pour faire face à la demande de places d’examen. Interpellée par un congressiste lui demandant si l’on ne pourrait pas envisager un système hybride mêlant public et privé pour le passage de l’examen pratique, Florence Guillaume a été très claire : « Un modèle hybride me paraît un peu compliqué et l’externalisation n’est pas notre modèle. Je constate par ailleurs que les écoles de conduite sont les premières à se plaindre de la privatisation de l’épreuve théorique qui a engendré des dérives ». Et de conclure que « l’examen n’est pas un outil de consommation. On s’y présente uniquement lorsque l’on est  formé ». 


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