Le 21 septembre dernier, l’ECF CESR 69, en partenariat avec la Macif, la ville de Vaulx-en-Velin et la préfecture du Rhône, a ouvert sa piste d’apprentissage au public afin de participer à divers ateliers visant à sensibiliser au partage de la route.
Le temps d’une journée, la piste privée de l’ECF CESR 69 située à Vaulx-en-Velin, dans les Bouches-du-Rhône, s’est transformée en un village entièrement dédié à l’éducation et à la prévention routière. Cet événement ouvert gratuitement aux familles qui souhaitaient y participer, ne proposait pas moins de 26 stands ou ateliers abordant diverses thématiques : les lunettes simulant une prise d’alcool, la téléphonie et la route, la voiturette avec le permis AM, le simulateur pour s’entraîner à l’écoconduite, les gestes qui sauvent, etc.
Faire prendre conscience des risques
« Pour ECF, accompagner et former tous les usagers de l’espace routier, quel que soit leur mode de déplacement est une priorité, déclare Christelle Oberholz, directrice générale de ECF CESR 69 et 26. L’évolution croissante des nouvelles mobilités est un enjeu pour nous, car il est primordial de travailler sur la prise de conscience par tous les acteurs, des contraintes et fragilités de ces nouveaux moyens de déplacement. Notre objectif est de former aux bonnes pratiques de sécurité routière pour réduire les risques, et permettre à tous de se déplacer dans les meilleures conditions. Le Village Prévention Mobilité a pour vocation de répondre à ce besoin par l’expérimentation. Les visiteurs ont ainsi pu participer à différents ateliers permettant de comprendre les différentes situations à risques qu’ils rencontrent dans leur quotidien avec tous les moyens de déplacement. »
Un village inclusif
Un créneau dédié à un public en situation de handicap, avec notamment la participation de traducteurs en langue des signes (LSF), a permis à un plus large public de participer aux différents ateliers. La société Pimas, dont les locaux sont situés en face de ECF CESR 69, avait aussi été conviée à participer à l’événement et exposait la Citroën AMI for All, le quadricycle motorisé de Citroën en version PMR. Pimas présentait également un poids lourd équipé de SAM (Smart assistant monitor), un écran que l’on place dans le champ de vision des conducteurs sourds et malentendants. Grâce à la reconnaissance vocale, et aux microphones placés à l’intérieur du véhicule, SAM retranscrit à l’aide d’icônes inspirées de la signalétique routière, les instructions données par les passagers et détecte la présence de véhicules d’intervention via leurs sirènes ou klaxons.
Tables rondes sur la thématique de la mobilité
En parallèle des ateliers, Gérard Hernja, docteur en sciences de l’éducation et responsable de ECF le LEEM, a animé une table ronde sur « La place de la prévention dans l’approche des nouvelles mobilités ». Faire cohabiter de plus en plus de modes de déplacement sur un même réseau routier n’est en effet pas simple. La ville de Vaulx-en-Velin qui a malheureusement enregistré plusieurs accidents mortels ces dernières années, en sait quelque chose. Si de nombreux aménagements de la voie publique ont été effectués, « il ne faut pas rêver, a déclaré de façon très pragmatique la déléguée interministérielle à la Sécurité routière, Florence Guillaume. C’est très bien de créer des pistes cyclables séparées, mais ce n’est pas possible de le faire sur toutes les routes. On ne pourra pas avoir sur chaque route ou rue, un couloir de circulation dédié à chaque type de véhicule. C’est pourquoi, il faut apprendre à partager la route ».
Se mettre à la place des autres usagers
De son côté, Stéphane Perraud, responsable de Keolis Lyon, reconnaît que le maillage des transports en commun n’est pas suffisant. La complémentarité des nouvelles mobilités est alors indispensable, mais nécessite un apprentissage du partage de la route aussi bien de la part des conducteurs de bus que des usagers de nouvelles mobilités. À l’instar de la déléguée interministérielle, il constate que l’aménagement de la voie a ses limites, ne serait-ce que « pour garder de la fluidité dans les transports ». Pour sensibiliser aux problèmes de cohabitation entre bus ou camion et les deux-roues, Keolis organise régulièrement des ateliers « Vie ma vie » durant lesquels les usagers sont invités à monter dans un bus pour prendre conscience de l’importance de l’angle mort pour un chauffeur de poids lourd. À l’inverse, des exercices proposent aux chauffeurs de monter sur un vélo et de se faire doubler par un bus ou un autocar afin de se rendre compte de l’effet de souffle ressenti par le cycliste lorsqu’un gros véhicule double à grande vitesse.
Promouvoir la conduite accompagnée et le continuum éducatif
Si se mettre à la place de l’autre pour ressentir comment il vit la route est une piste pour améliorer les bonnes pratiques de partage de la route, Florence Guillaume estime que « apprendre à conduire le plus jeune possible » est également un moyen efficace d’avoir des conducteurs expérimentés. « L’apprentissage de la conduite anticipé a prouvé son efficacité puisque l’on constate un taux de réussite supérieur à celui obtenu en filière traditionnelle et que le taux d’accidentalité des conducteurs novices est moindre ». La déléguée interministérielle a d’ailleurs indiqué que la délégation à la Sécurité routière travaillait actuellement à promouvoir la filière de la conduite accompagnée. De même que dans le cadre du continuum éducatif, la DSR va proposer des modules en accès libre qui permettront sur la base du volontariat à chaque conducteur, quel que soit son âge, d’auto-évaluer ses connaissances en matière de Code de la route. Patrick Mirouse, président d’ECF, a profité de cette table ronde pour rappeler la proposition d’ECF qui consiste à ouvrir l’accès à la conduite accompagnée dès 14 ans. « Cela permettrait d’avoir une période d’apprentissage plus longue, de trois ans entre la première prise en main du volant et l’obtention du permis de conduire de conduire B à 17 ans. » Une chose est sûre : pour diminuer le nombre d’accidents de la route, il n’y a pas une solution miracle. Seule la conjonction de l’éducation, de la prévention et de la répression permettra de tendre vers l’objectif de zéro morts et blessés sur les routes.