La Convention annuelle de Mobilians-ESR s’est tenue les 5 et 6 octobre derniers à Châteauroux, dans l’Indre. Lors de cette 5e édition, l’organisation professionnelle a présenté ses propositions pour « réarmer l’éducation routière ».
Près de 300 adhérents de Mobilians-ESR se sont réunis pour leur 5e convention annuelle les 5 et 6 octobre 2024, à Châteauroux. Outre le point sur le livret numérique et le calcul des ETP présenté par Frédéric Gillodes, chef de projet de la réforme et de la modernisation du permis, les professionnels présents ont d’abord abordé « l’école de conduite de demain » et même d’après-demain, s’interrogeant sur le recrutement. L’OPCO-Mobilité, l’opérateur de compétences des métiers de la mobilité va, avec France Travail, accompagner les professionnels dans l’organisation de sessions de formation pour des enseignants de la conduite. Pour aller plus loin, les professionnels se sont interrogés sur l’apport du numérique à la pédagogie. « Comment utiliser au mieux l’intelligence artificielle ? », se sont-ils demandés. « Dans les salles de cours pour analyser des vidéos reproduisant des situations aussi proches que possible de la réalité », ont-ils commencé à répondre.
Passer le minimum d’heures de 20 à 28 pour le permis B
Cette Convention a aussi été l’occasion de faire un point sur les chiffres de la sécurité routière qui ne sont pas satisfaisants. « La France a pris du retard, a commenté Patrice Bessone, président de Mobilians-ESR. Il est temps d’augmenter les compétences des élèves pour atteindre des taux de réussite au permis B et moto comparables à ceux des pays qui ont les meilleurs résultats. Ces derniers qui exigent 30 heures de formation initiale, ont rendu obligatoire aussi bien les cours théoriques que la formation post-permis. Nous devons repenser la formation en ce sens pour obtenir des comportements plus sûrs de nos élèves. » Cette proposition de Mobilians repose sur un constat objectif : pour le permis B, la moyenne nationale de réussite n’est que de 53 %, alors qu’elle s’élève à 74 % pour les élèves ayant bénéficié de l’AAC. Ces derniers reçoivent, toujours en moyenne, 28 heures de formation en école de conduite. « C’est le minimum que l’on doit imposer pour le permis traditionnel », estime Patrice Bessone.
Un rattrapage pour les recallés pour une faute éliminatoire
Les professionnels de l’ESR aimeraient par ailleurs que l’on mette en œuvre un schéma de rattrapage « avec des heures à la clé » pour les impétrants « collés » à l’examen pratique pour une faute éliminatoire sans conséquence sur la sécurité. « C’est aussi une façon de faire face au manque criant d’inspecteurs et de places d’examen », insiste Lorenzo Lefebvre, vice-président de Mobilians ESR. « Ce point est l’objet d’un groupe de travail », a indiqué Catherine Bachelier, sous-directrice de l’Éducation routière. Des expérimentations pourraient avoir lieu ». Catherine Bachelier a, par ailleurs, précisé qu’un second groupe de travail avait été constitué sur la simplification et la dématérialisation des démarches pour l’agrément et la labellisation.
Les écoles de conduite face aux handicaps
Les participants ont pu encore écouter une remarquable communication du Dr. Anne-Marie Gallot, conseillère technique « santé »
de la déléguée interministérielle à la Sécurité routière. Elle a abordé les problèmes que posent certaines pathologies qui sont des facteurs discriminants, quel que soit l’âge. Elle a expliqué pourquoi la France n’avait pas fait le choix d’un contrôle médical systématisé pour les conducteurs, mais seulement un contrôle au cas par cas et rappelé que « le conducteur apprécie sa capacité à conduite ». Aussi faut-il sensibiliser les médecins traitants pour qu’ils informent leurs patients des risques liés à leur pathologie. Elle a insisté sur le fait qu’il fallait augmenter le nombre de plateaux médicalisés pour évaluer les conducteurs atteints de troubles cognitifs ou neuromoteurs avec des tests sur route ou sur simulateur. « Les écoles de conduite doivent prendre toute place vis-à-vis des conducteurs seniors qui souhaitent réviser les routes au quotidien ou prendre en main un nouveau véhicule », a encore commenté le Dr. Gallot, avant d’ajouter : « Pour ce qui est des troubles neurocognitifs, une réflexion est menée pour établir un référentiel permettant aux personnes l’accès au permis de conduire et Mobilians-ESR sera bientôt consulté. À terme, il devrait y avoir un référent handicap dans chaque BER ».