Le 21ème congrès de l’UNIC s’est tenu les 4 et 5 octobre à Lorient, dans le Morbihan. Si RdvPermis a évidemment été abordé, c’est surtout le problème du manque de places d’examen et la fraude qui a animé le débat avec les représentants de la DSR.
Le 21ème congrès de l’UNIC avait à peine commencé que Louisa Mebarki, gérante d’une école de conduite en Seine-Saint-Denis, a interpellé les représentants de la délégation à la Sécurité routière pour dénoncer la fraude : « Savez-vous que dans le 93, il y a des auto-écoles fantômes ? ». Damien Laplace, chef du bureau de la réglementation de la formation et des professions de l’Éducation routière, a rappelé que la DSR avait reçu les représentants de l’UNIC à ce sujet, deux mois auparavant. « Nous avons notamment pris contact avec le BER du département. Des vérifications sont en cours afin d’identifier les fraudeurs potentiels, mais il faut encore réunir des éléments matériels qui caractérisent la fraude ».
La fraude, un sujet majeur pour la DSR
De son côté, Tristan Riquelme, adjoint à la sous-directrice de l’Éducation routière, a précisé que « la DSR n’avait pas autorité pour enquêter » sur le terrain, mais avait pris le sujet à bras-le-corps car « la fraude est un sujet majeur qui est suivi avec une très grande attention par la DSR ». Tristan Riquelme a rappelé que le cahier des charges pour l’organisation des épreuves théoriques par les organismes agréés avait été récemment durci. « Nous avons développé des outils informatiques qui permettent de donner rapidement l’alerte en cas de résultats suspects. Si un centre a un taux de réussite trop élevé et qu’il n’est pas en mesure d’expliquer ses chiffres, nous pouvons demander la fermeture, voire retirer l’agrément. » Ce qui est le cas puisque certains centres ont été fermés.
L’UNIC demande de revoir les questions de l’ETG
Partant du sujet de la fraude à l’ETG, les discussions ont lentement glissé vers le problème du contenu des questions de l’examen théorique. Sandra Carasco, présidente de l’UNIC, a souligné que le taux de réussite à l’ETG et l’ETM est en baisse. Pour la présidente de l’UNIC, cela s’explique par le fait que « les élèves se forment en ligne, en bachotant bêtement. On s’en rend compte lors des cours pratiques car ils ne connaissent pas le Code de la route ». L’autre problème porte sur la nature des questions posées à l’examen. « Il n’y a pas assez de questions sur la réglementation. » Un constat partagé par Éric Laude, adhérents et administrateurs de l’UNIC. « On n’a cessé d’augmenter le nombre d’heures de cours pour parler des ZFE, enseigner les gestes qui sauvent, aborder l’écologie, mais il faut revenir aux bases de la réglementation, afin que l’élève puisse analyser la situation et répondre à la question « dans cette situation, est-ce que j’ai le droit de passer ? ». Damien Laplace reconnaît que ces dernières années, « le Code de la route s’est ouvert à différents types de questions », mais il assure que la DSR a aussi la « volonté de remettre la réglementation au cœur de l’examen ».
Le permis à 17 ans, bonne ou mauvaise mesure ?
De son côté, David Julliard, adjoint à la déléguée interministérielle à la Sécurité routière, a abordé le sujet du permis à 17 ans. Selon lui, début octobre 2024, « il n’y a pas de chiffres qui vont dans un sens ou un autre », démontrant ou pas une suraccidentalité des jeunes conducteurs âgés de 17 ans. En revanche, la DSR « reconnaît une baisse du nombre d’inscriptions en AAC, mais l’on ne constate pas non plus un effondrement ». David Julliard a déclaré que la DSR essayait de relancer la promotion de la conduite accompagnée dès 15 ans en menant des expériences de communication dans les départements des Landes et de la Somme. Benjamin Panis, secrétaire général de l’UNIC, a profité de l’occasion pour alerter sur une incohérence de la réglementation : « En cas d’échec à l’examen à 17 ans, il n’est pas possible de passer le candidat en conduite supervisée avant 18 ans. L’UNIC demande de modifier rapidement ce point ».
Recherche places d’examen désespérément
Mais le sujet qui a certainement le plus animé la salle est le manque de places d’examens. Selon David Julliard, « le délai de passage se dégrade légèrement et de manière disparate en fonction des départements. Le délai médian pour l’obtention d’une place est actuellement de 70 jours ». En cause : un manque d’inspecteurs, mais aussi une augmentation du nombre de personnes voulant passer leur permis. Cela s’explique par un léger babyboom au début des années 2000, mais aussi par l’ouverture du CPF au permis moto et l’abaissement à 17 ans de l’âge légal pour passer et obtenir le permis B, en début d’année 2024. « Cette année, on cumule deux classes d’âge, explique l’adjoint à la déléguée interministérielle. À cela, s’ajoute la baisse du taux de réussite. »
Pour améliorer la situation, outre l’arrivée sur le terrain de nouveaux inspecteurs et la mise en place d’examens supplémentaires, la DSR travaille à l’harmonisation des pratiques entre les inspecteurs. « Une harmonisation, certes, mais pas seulement du vocabulaire employé, demande Sandra Carasco. Il faut aussi harmoniser les pratiques. » Le sujet du stress est également étudié car il reste un des facteurs majeurs de l’échec. À ce sujet, l’UNIC demande que l’inspecteur prenne place à l’arrière de la voiture afin d’exercer moins de pression sur le candidat au volant. L’UNIC propose également que les examens soient filmés et que les inspecteurs soient obligés de motiver leur décision dans la case « Observations » lorsqu’ils ajournent un candidat. « Cela serait plus pédagogique et éviterait peut-être certaines agressions », estime Sandra Carasco.
Quoi qu’il en soit, l’UNIC demande à l’État de régler au plus vite le problème des places d’examen et n’exclut pas de mettre en place des actions si rien ne bouge.