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warning Sécurité routière — Septembre 2024

Bilan de l’accidentologie : 2023 Les jeunes de 18-24 ans restent la catégorie la plus à risque

L’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR) a publié le bilan définitif de l’accidentalité routière pour l’année 2023. Si le nombre de morts et de blessés est en baisse par rapport à 2022, les jeunes restent les plus impactés.


En France métropolitaine, 3 167 personnes ont perdu la vie dans un accident de la route en 2023, soit 3,1 % de moins qu’en 2022 et 2,4 % de moins qu’en 2019, année définie comme année de référence avant la pandémie et utilisée par l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR) pour le suivi de l’accidentalité sur la décennie 2020-2030.

Diminution de la mortalité pour presque toutes les catégories d’usagers

Si la catégorie des véhicules de tourisme enregistre le nombre de décès le plus important (1 512), on constate cependant une baisse de 3,4 % par rapport à l’année précédente. La catégorie des deux-roues motorisés arrive au deuxième rang en termes de morts avec 706 personnes ayant perdu la vie (dont 95 en cyclomoteur, 80 en motocyclette légère et 531 en moto de grosse cylindrée), et présente une baisse de 1 % par rapport à 2022. En 2023, 449 piétons sont morts, soit une baisse de 10,1 % par rapport à l’année précédente. L’ONISR souligne que la mortalité piétonne n’a jamais été aussi basse ces 15 dernières années, hormis les deux années impactées par la pandémie (2020 et 2021). Autre chiffre encourageant, si 221 cyclistes sont décédés en 2023, cela représente une baisse de 9,8 % par rapport à 2022, et cela malgré une hausse de la pratique du vélo. En revanche, les catégories des véhicules utilitaires et des EDPm enregistrent une hausse de la mortalité, avec respectivement 125 et 44 personnes décédées en 2023, soit une augmentation de 20,2 % et 25,7 % par rapport à 2022.

Légère baisse du nombre de blessés

Cette tendance baissière globale de la mortalité routière se retrouve également au niveau des blessés, mais en moindre mesure. Ainsi, l’ONISR estime le nombre de blessés à 234 836, soit une diminution de 0,8 % par rapport à 2022. Le nombre de blessés graves est, quant à lui, estimé à 16 000 personnes, ce qui reste stable par rapport à 2022. Si l’on compare 2023 à 2019, la tendance est également à la baisse (- 1,8 %). Parmi les 16 000 blessés graves, 5 400 étaient des usagers de deux-roues motorisés, 4 800 étaient des occupants de véhicules de tourisme, 2 500 des cyclistes, 2 000 des piétions et 670 des utilisateurs de EDPm.

Les causes des accidents

Comme l’explique l’ONISR, « l’accident est multifactoriel ». En France, l’étude FLAM sur les facteurs déclenchants des accidents mortels de 2015 a identifié que les facteurs humains contribuent pour 92 % des accidents mortels, les facteurs liés à l’infrastructure pour 30 %, les facteurs liés au véhicule pour 20 % et les conditions de circulation pour 18 %. Pour chaque personne présumée responsable, les forces de l’ordre peuvent enregistrer jusqu’à 3 facteurs comportementaux. Dans les accidents mortels, la vitesse excessive ou inadaptée et l’alcool restent les deux premiers facteurs cités (respectivement pour 28 % et 22 % des présumés responsables).
L’inattention, les stupéfiants et les malaises sont cités chez respectivement 12 %, 11 % et 11 % des présumés responsables (PR). Les manœuvres dangereuses (dépassement dangereux, changement de file, non-respect des distances de sécurité) sont citées chez 11 % des PR, les refus de priorité chez 10 % des PR et les contresens chez 4 % des PR.

Les personnes décédées selon l'âge

Pour comprendre la véritable évolution du risque pour chaque classe d’âge, il est nécessaire de comparer le nombre de tués par million d’habitants de chaque classe d’âge. Ainsi, compte-tenu de l’augmentation de la population senior, les chiffres de l’accidentalité qui peuvent paraître en hausse pour cette classe d’âge, sont à relativiser à la baisse ou en stabilité. Inversement, le nombre de jeunes adultes tués chez les 18-24 ans est à son niveau le plus bas jamais enregistré (excepté 2020), avec 497 tués (- 52 tués par rapport à 2022 et à 2019). Pour autant, cette classe d’âge arrive en tête de classement du nombre de décès par million d’habitants. Concrètement, en moyenne, 48 personnes sont décédées par million d’habitants en France métropolitaine, en 2023. Les taux les plus forts, indiquant les classes d’âge les plus à risque de décéder sur les routes, sont par ordre décroissant :
91 tués par million d’habitants pour les jeunes de 18-24 ans ;
77 tués par million d’habitants pour les séniors de 75 ans ou plus ;
61 tués par million d’habitants pour les 25-34 ans ;
50 tués par million d’habitants pour les 65-74 ans.
Si l’on considère les blessés, en moyenne, 242 personnes ont été blessées gravement par million d’habitants, en 2023. Les populations les plus à risque d’être blessées gravement sont :
512 blessés graves par million d’habitants pour les 18-24 ans ;
489 blessés graves par million d’habitants pour les 14-17 ans ;
324 blessés graves par million d’habitants pour les 25-34 ans.

Les victimes selon le genre
Si les hommes ne constituent que 48 % de la population française, ils représentent 78 % des tués et 75 % des blessés graves dans un accident de la route. Parmi les 439 piétons tués en 2023, 279 sont des hommes, soit 64 %. Dans la catégorie des usagers de deux-roues motorisés, 91 % des 706 tués étaient des hommes et cela quel que soit l’âge. Mais cette part est plus importante chez les 35-44 ans (95 %) et à partir de 55 ans (92 %), où les conducteurs hommes sont presque les seuls usagers. Parmi les 525 présumés responsables d’accident mortel en deux-roues motorisés en 2023, 506 étaient des hommes, soit 96 %. Dans la catégorie des automobilistes, 1 512 personnes ont perdu la vie en 2023. Parmi elles, on compte 1 079 hommes (71 %). Les jeunes de 18-24 ans sont particulièrement touchés (317 tués). Mais la part de conducteurs hommes usagers de véhicules de tourisme qui décèdent dans un accident de la route la plus élevée, concerne les classes d’âge des 65-74 ans (67 %) et des 35-44 ans (66 %).


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