Lors de la réunion du Comité directeur de l’Union nationale intersyndicale des enseignants de la conduite qui s’est tenue le 8 juillet dernier, Bruno Garancher a officiellement transmis la présidence de l’UNIDEC à Christelle Oberholz. Elle nous présente sa feuille de route.
La Tribune des Auto-Écoles : Lors de son élection à la présidence de l’UNIDEC en novembre 2022, Bruno Garancher avait déclaré vouloir être « un président de transition » et que l’objectif de son mandat était de « former des adhérents plus jeunes » pour reprendre la direction du syndicat et « insuffler plus de modernité ». Est-ce dans cet esprit qu’il vous a transmis la présidence de l’UNIDEC, le 8 juillet dernier ?
Christelle Oberholz : Tout à fait. Bruno avait accepté de prendre la présidence de l’UNIDEC, afin de laisser le temps aux plus jeunes du bureau de se préparer à cette fonction. Il a assuré ce relais de manière extrêmement efficace et je l’en remercie vivement. Il a décidé de laisser sa place de président avant la fin de son mandat. Pour autant, il reste au bureau et très actif dans ses domaines de compétences.
La Tribune : Justement, qui sont les membres du Comité directeur de l’UNIDEC ?
C. O. : Il y a peu de changement. Outre le fait que j’assure désormais la présidence, Alain Catala reste vice-président et Angélique LLopis, secrétaire. Restent également membres du Comité directeur, Patrick Crespo, Jacky Gayant, auxquels vient s’ajouter Bruno Garancher.
La Tribune : Après Jean-Louis Bouscaren, Patrick Mirouse et Bruno Garancher, vous devenez la quatrième présidente de l’UNIDEC, une organisation professionnelle que vous connaissez bien de part notamment votre histoire familiale…
C. O. : Effectivement, mon père René Chomette a fait partie de l’UNIDEC dès la création du syndicat en 1982. J’ai grandi avec mon frère Cyril, dans l’arrière-boutique de l’auto-école de nos parents et j’ai été éduquée aux valeurs de la profession et de l’UNIDEC, dès le plus jeune âge. Aussi, après des études dans le domaine des relations humaines, c’est tout naturellement que j’ai intégré l’auto-école de mes parents en tant que RH lors du départ à la retraite de la personne chargée de ce poste. Puis, lorsque mon père qui était délégué UNIDEC pour le département du Rhône a été trop malade, je l’ai remplacé en tant que déléguée UNIDEC, en janvier 2015. À sa mort en décembre 2016, mon frère et moi avons pris la succession de l’entreprise et je suis devenue directrice générale de ECF 69 à Vaulx-en-Velin et de ECF 26 à Alixan. Par ailleurs, au niveau de l’UNIDEC, je me suis beaucoup impliquée dans le dossier des plateformes et de la concurrence déloyale.
La Tribune : En tant que nouvelle présidente de l’UNIDEC, pouvez-vous nous dévoiler votre feuille de route ?
C. O. : Tout d’abord, je tiens à dire que je ne compte pas effectuer une cassure, mais m’inscrire dans la continuité des présidences précédentes, en représentant la profession au sein de différentes instances et en menant des actions juridiques pour défendre la profession quand cela s’avère nécessaire. Je rappelle que l’UNIDEC est reconnue comme organisation représentative de la profession par le ministère du Travail. À ce titre, elle participe aux négociations de la Convention collective nationale des services de l’automobile et siège au sein de la Commission paritaire nationale des services de l’automobile. L’UNIDEC siège également au sein de diverses organisations comme l’IRP Auto, l’ANFA, l’OPCO Mobilité, le CSER et participe aux réunions de travail organisées par les instances de l’État, notamment la délégation à la Sécurité routière. Dans un souci d’efficacité, je souhaite relancer le Comité opérationnel constitué de diverses personnes qui pourront apporter leur expertise et leurs réflexions. Ce Comité opérationnel n’est pas totalement une nouveauté puisqu’il avait été initié par Patrick Mirouse, alors président de l’UNIDEC, pendant la période du Covid. Je suis très attachée à la notion de participation dans la prise de position et de décisions. En tant que présidente de l’UNIDEC, j’entends prendre le temps de consulter les adhérents afin de représenter au mieux la profession. J’estime que l’on est meilleur à plusieurs, même si je sais que parfois l’urgence des situations nécessitera des prises de décision rapide… comme nous le faisons tous les jours dans le cadre de nos entreprises.
La Tribune : Comme vous venez de le dire, une des missions de l’UNIDEC est de défendre la profession sur les sujets d’actualité. Quels sont les sujets sur lesquels vous allez travailler en priorité ?
C. O. : Le sujet du moment porte sur la restriction de l’utilisation du CPF pour financer la formation au permis de conduire, à la suite de la publication du décret du 17 mai dernier. L’UNIDEC a décidé de saisir le Conseil d’État. D’une part pour montrer notre désaccord sur une décision unilatérale de l’État, mais aussi pour rediscuter du contenu de ce texte qui, je pense, a été fait un peu dans la précipitation et sans concertation avec la profession. Par ailleurs, je vais continuer les réunions en visio, tous les quinze jours, du Comité directeur pour traiter des autres sujets importants et qui ne manquent pas pour nos adhérents, leurs salariés et leurs élèves. Je pense notamment au problème des agréments, au manque de places d’examens, aux difficultés de recrutement dans les entreprises, à la concurrence déloyale qui hélas continue, etc. L’UNIDEC est sollicitée par la DSR et d’autres ministères sur certains sujets et nous allons faire des propositions sur les moyens de financer la formation au permis, par exemple. Enfin, l’UNIDEC veut travailler sur la vision qu’a le grand public de la profession et accompagner ses adhérents pour développer des activités supplémentaires comme les mobilités douces. La société évolue et la profession est capable d’élargir son champ d’action et d’intervenir sur les mobilités douces. D’ailleurs, on constate que les mobilités douces ont été ajoutées dans les compétences des fiches métiers de la convention collective qui ont été révisées récemment. La profession doit permettre à nos élèves d’acquérir les nouvelles compétences nécessaires au partage de l’espace routier en sécurité avec l’arrivée de ces nouvelles mobilités et cela amènera une diversification des activités de nos enseignants.
La Tribune : Historiquement, l’UNIDEC était très liée à ECF. Les écoles de conduite qui ne sont pas membres d’ECF peuvent-elles adhérer à l’UNIDEC ?
C. O. : Tout à fait ! L’UNIDEC est ouvert à tout le monde, quelle que soit l’appartenance ou pas à un groupement. Je trouve que les écoles de conduite ne sont pas assez nombreuses à être syndiquées. Or, la profession se complexifie de plus en plus. Désormais, il faut avoir des connaissances pédagogiques mais aussi juridiques, comptables, en RH… Une seule personne ne peut pas tout connaître et expose son entreprise à des risques non négligeables si elle ne respecte pas les réglementations. C’est pourquoi, je pense qu’aujourd’hui, il est impératif d’adhérer à une organisation professionnelle afin d’être accompagné. Je pense également que les organisations professionnelles doivent être partenaires des institutions plutôt que de s’opposer à elles, afin de mieux représenter la profession auprès des pouvoirs publics et de se faire entendre. Je constate d’ailleurs que la plupart du temps, lorsque l’on discute avec les représentants des institutions et que l’on apporte des solutions, ils sont généralement à l’écoute et preneurs de nos idées.
La Tribune : Un dernier mot ?
C. O. : Encore une fois, j’encourage les écoles de conduite à se syndiquer. Alors, n’hésitez pas à venir à l’UNIDEC pour partager des informations, des idées, et tout simplement pour tisser du lien.
Propos recueillis par Sandrine Ancel