L’année 2023 a enregistré une baisse du nombre de victimes dans toutes les catégories d’usagers, sauf celle des engins de déplacement personnel motorisé (EDPm).
La délégation à la Sécurité routière (DSR) et l’Observatoire national interministériel à la Sécurité routière (ONISR) ont dévoilé, le 1er février dernier, le bilan provisoire de l’accidentologie 2023. Florence Guillaume, déléguée interministérielle à la Sécurité routière a salué des « chiffres encourageants ». Et pour cause, l’ONISR estime qu’en 2023, 3 170 personnes ont perdu la vie sur le réseau routier français métropolitain contre 3 267 en 2022, ce qui constitue une baisse de 3 %. Et si l’on prend 2019 comme année de référence (avant le Covid), cela représente une diminution de 2,3 %. Si l’on n’est malheureusement pas passé sous la barre symbolique des 3 000 morts que visait Manuel Valls lorsqu’il était Premier ministre, la DSR déclare que « pour la première fois depuis 1926, le nombre de tués sur les routes est inférieur à 3 200 (hors années Covid). Le nombre de blessés est également en baisse de 1,9 % par rapport à 2022 (estimation en 2023 de 232 278 contre 236 834 en 2022 et 239 045 en 2019).
Mortalité des utilisateurs de trottinette en hausse
Cette baisse du nombre de victimes de la route se vérifie sur toutes les catégories d’usagers, sauf les EDPm. En effet, 1 525 occupants de véhicules de tourisme ont été tués en Métropole en 2023 (soit - 3 % par rapport à 2022) et 4 800 ont été gravement blessés (stable par rapport à 2022). Le nombre de morts baisse également pour les usagers de deux-roues motorisés (707 morts, soit - 2 % par rapport à 2022 et 5 300 blessés graves, ce qui reste stable par rapport à 2022). Pour ce qui est des cyclistes, 226 ont trouvé la mort (soit - 8 % par rapport à 2022) et 2 500 ont été gravement blessés (soit - 5 % par rapport à 2022). Enfin, 440 piétons sont décédés (soit - 10 % par rapport à 2022) et 2 000 ont été blessés gravement (chiffre stable par rapport à 2022).
En revanche, on constate une augmentation du nombre de morts chez les utilisateurs de trottinettes : 42 ont perdu la vie en 2023 contre 35 en 2022, soit une hausse de 20 %. Et 640 ont été blessés gravement, ce qui constitue aussi une hausse de 7 % par rapport à 2022.
Motards : des usagers très exposés
Si les véhicules de tourisme constituent 73 % des déplacements, leurs usagers ne représentent que 48 % des tués et 30 % des blessés graves. Par contre, les deux-roues motorisés ne sont utilisés que dans 2 % des déplacements, mais les motards paient un lourd tribut en matière d’accidentalité puisqu’ils constituent 22 % des tués et 34 % des blessés graves. Constat similaire, mais dans une moindre mesure pour les cyclistes. Le vélo est utilisé pour seulement 1 % des déplacements, mais les cyclistes représentent 7 % des tués et 16 % des blessés graves. Quant aux piétons, ils représentent 16 % des déplacements, mais 14 % des tués et 13 % des blessés graves.
Baisse de la mortalité sur l’ensemble du réseau routier
Si l’on analyse l’accidentalité par rapport au réseau routier, on constate une diminution de la mortalité en agglomération (- 2 % par rapport à 2022) et sur les routes hors agglomération (- 3 %). La baisse est encore plus notable sur autoroute (- 4 % par rapport à 2022). Cependant, ce chiffre très encourageant est à pondérer car le nombre d’accidents sur autoroute avait beaucoup augmenté ces dernières années. Aussi, si l’on compare 2023 à 2019, la mortalité sur autoroute est en hausse de 4 %. Pour ce qui est des blessés, leur nombre baisse de 1 % hors agglomération par rapport à 2022, reste stable en agglomération et augmente de 2 % sur autoroute.