L’Institut de l’Éducation à la Mobilité a développé un programme d’apprentissage et de préparation à l’ETG qui associe une formation via une application et des cours en présentiel dispensés par des enseignants de la conduite partenaires, au sein de l’établissement scolaire de l’élève.
Constatant la baisse du niveau des connaissances du Code de la route de la plupart des jeunes, l’Institut de l’Éducation à la Mobilité (Le Mob) implanté en Vendée, à Fontenay-le-Comte, a créé une méthode de formation hybride. Cette dernière allie le digital et le présentiel et fait appel à des lycées pour communiquer auprès de leurs élèves (dès la classe de seconde) et à des enseignants de la conduite partenaires pour animer le stage.
Un apprentissage progressif via une application
Cette méthode baptisée Codapagos se déroule sur une période d’environ cinq semaines. Elle s’appuie dans un premier temps sur une application. Guidé par Coda la Tortue, l’élève qui s’est inscrit au programme, regarde une vidéo par jour et répond à des questions qui portent sur 17 thèmes. Conçu comme un jeu, cet apprentissage est progressif. Ainsi, les étapes se débloquent au fur et à mesure des bonnes réponses données par l’élève, ce qui lui permet de passer au niveau supérieur. Durant cette période, l’enseignant partenaire peut, de son côté, suivre l’évolution du jeune via son application professionnelle Codapro.
Des cours en présentiel dans les établissements scolaires
Dans un deuxième temps, le stage s’effectue pendant les vacances scolaires au sein d’un établissement scolaire partenaire qui met à disposition une salle équipée d’un vidéo projecteur. Pendant quatre jours, un enseignant de la conduite présent dans la salle, organise des exercices sous forme de jeux en équipe afin de rendre l’apprentissage plus ludique et de faciliter la prise de parole des plus timides. L’accent est notamment mis sur les problématiques de l’alcool et des stupéfiants qui sont souvent des facteurs de l’accidentologie chez les jeunes conducteurs.
Un taux de réussite moyen de 73 %
Au terme de ces quatre jours de formation en présentiel, les jeunes passent l’ETG au sein même de leur établissement scolaire ; l’examen étant assuré par un partenaire agréé par l’État (La Poste, Dekra ou Code’nGo). Cette méthode donne plutôt de bons résultats, puisque le taux de réussite moyen des 1 500 élèves ayant opté pour ce stage est de 73 %, contre les 56,60 % constatés au niveau national en 2022.
Recherche d’auto-écoles partenaires
Lancée il y a un an, « la méthode Codapagos a déjà séduit environ 75 établissements scolaires et une cinquantaine d’enseignants, indique Joël Polteau, président du Mob. Mais nous souhaitons développer cette méthode sur l’ensemble de la France et cherchons notamment de nouveaux enseignants de la conduite partenaires. » La prestation des enseignants partenaires est évidemment rémunérée à hauteur d’environ le prix d’une heure de conduite, la somme étant versée à l’auto-école dont ils sont salariés. Pour pouvoir dispenser ce programme, les enseignants partenaires doivent suivre au préalable une formation de 3 jours assurée par Le Mob. À noter que cette formation est prise en charge par l’OPCO et qu’un formateur Codapagos peut se déplacer sur un même lieu à partir de trois enseignants inscrits à la formation. Une fois formés, ces derniers disposent des outils pédagogiques Codapagos pour dispenser la formation auprès des jeunes.
Enfin, les équipes de Codapagos s’occupent de démarcher les établissements scolaires pour programmer des formations et prennent en charge tout le dossier administratif des élèves, de l’inscription au programme jusqu’au passage de l’examen théorique. « C’est une façon de diversifier l’activité des enseignants de la conduite et de refaire des cours de Code de la route, déclare Joël Polteau. Par ailleurs, nous n’obligeons pas les élèves qui ont suivi le programme à aller s’inscrire dans l’auto-école où travaille l’enseignant. Mais si le contact est bien passé avec le jeune, il y a de fortes chances pour que celui-ci ait envie de poursuivre sa formation pratique avec l’enseignant qu’il connaît déjà. »