Sans surprise, les primes d’assurance vont augmenter en 2024, notamment du fait de la multiplication des catastrophes naturelles, de la flambée des coûts de réparation et des pièces détachées, ainsi que de l’inflation. Explications.
« Certains assureurs ne vont pas annoncer de bonnes nouvelles en fin d’année », affirme Gilles Craignou, chargé de clientèle chez OFRACAR, responsable des contrats d’assurance des écoles de conduite. Des mauvaises nouvelles inhérentes à l’augmentation attendue en 2024 des cotisations d’assurance. En cause : une multiplication des sinistres liés aux catastrophes naturelles, mais aussi la flambée des coûts de réparation, des pièces détachées et de l’inflation. À cela s’ajoute une tendance de fond, observée depuis plusieurs années, visant à mieux indemniser les dommages corporels et une augmentation du nombre de véhicules en circulation non assurés. « Toutes ces raisons vont entraîner des augmentations des primes dont on ne connaît pas encore précisément la proportion », indique le responsable d’OFRACAR. Cette société créée il y a 50 ans, travaille aujourd’hui avec environ 80 courtiers et compagnies d’assurance. Les augmentations, qui pourraient se situer entre + 3 % et +8 % selon les contrats, devraient être connues d’ici fin 2023.
« L’assurance des flottes et des biens mobiliers sont des produits très concurrentiels, soumis à de fortes augmentations d’une année sur l’autre en fonction des tendances du marché », note Geneviève Valette, directrice de Codes Rousseau et responsable des assurances chez Club Rousseau. C’est en 2018 que cette structure a mis en place des produits d’assurance (flottes, garantie financière, RC pro, RC exploitation, santé) pour les écoles de conduite.
Quelques pistes d’augmentation
Selon le Code des assurances, les contrats sont revalorisés en fonction notamment de l’indice SRA « dommages aux biens » établi par la Fédération française du bâtiment (FFB). « Celui-ci a augmenté de +5,5 % le 1er juin 2023 », rappelle Franck Guichard, directeur général de Master, une mutuelle spécialiste de l’assurance des auto-écoles. « Si les assureurs ne veulent pas creuser le déficit de cette garantie, ils devront a minima augmenter leur tarif de 3 à 3,5 %. » Toujours en 2023, le coût moyen des réparations automobile a augmenté de 4,1 % et celui du bris de glace de 5,5 %. Des hausses qui devraient se poursuivre en 2024. « Dans ce contexte, je ne vois pas comment les assureurs pourraient annoncer une stabilisation, voire une baisse des tarifs. Chaque assureur décidera où placer le curseur », confie-t-il.
Geneviève Valette estime que la hausse des primes liées aux biens mobiliers devrait globalement augmenter de 8 %. « Nous avons un accord avec notre courtier pour que les cotisations n’augmentent pas au-delà de 3 %. C’est tout l’intérêt de négocier avec des contrats groupe pour limiter la casse. » C’est en effet le rôle des courtiers, des mutuelles et des structures telles que le Club Rousseau d’obtenir les meilleurs tarifs pour leurs clients. Tant en matière tarifaire que de garanties. « Pour l’assurance des véhicules, nous avons demandé à notre courtier de se placer en dessous de +8 % », indique Geneviève Valette.
La garantie financière, obligatoire dans le cadre de la labélisation, sera la moins impactée par ces hausses. Franck Guichard affirme même « qu’elle n’augmentera pas car le risque à assurer n’est pas du tout le même ». Cette assurance est de plus en plus souscrite par les gérants. Ainsi, sur les 1 640 auto-écoles membres du Club Rousseau, plus de 60 % l’ont souscrite. « Nous avons un produit le moins cher du marché auquel est associé la RC pro », précise Geneviève Valette. Chez Club Rousseau, ce produit augmentera « de +3 % pour rattraper en douceur le niveau TTC car en 2020, la prime était assise sur le HT ».
Astuces pour réduire la facture
En matière de risque automobile, le secteur de l’enseignement de la conduite est peu sinistré par rapport à d’autres. « Chez Master, entre 60 % et 75 % des auto-écoles ont des sinistres non responsables », note Franck Guichard. Même constat chez OFRACAR. « Les enseignants sont des professionnels de la conduite, ils sont formés et les véhicules sont équipés de doubles commandes. Par conséquent il n’y a quasiment pas de sinistres responsables en voiture. En revanche, il y a beaucoup de chutes en deux-roues », observe Gilles Craignou.
Pour autant, il existe des astuces pour réduire le montant des primes d’assurance, notamment via la formation des collaborateurs aux différents risques. « Nous devons encore gérer des constats amiables mal remplis ou incomplets. Ce qui empêche d’effectuer des recours. La prévention du risque incendie est également importante ».
De son côté, Franck Guichard déconseille fortement de réduire les garanties telles que le vol, l’incendie ou les dommages. « Sauf à avoir une assise financière importante et être capable de prendre à sa charge l’équivalent du prix d’une ou deux voitures », précise-t-il. Il conseille donc aux auto-écoles de comparer les produits d’assurance et les garanties proposées. « Ce qui peut jouer aussi, c’est le montant de la franchise. Si dans le compte de résultat, l’école de conduite est capable d’assumer des franchises élevées, elle peut réduire de manière assez importante ses cotisations d’assurance. »
Christine Cabiron