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flag Mouvements sociaux — Mars 2009

-Guadeloupe-
Les auto-écoles en état d’hibernation


La totalité des auto-écoles sont closes depuis la fin janvier, en Guadeloupe, selon une information délivrée par la préfecture. Un mois d’inactivité dû à la pénurie de carburant et à l’insécurité sur les routes. Un gérant d’auto-école, basé dans l’archipel, a accepté de témoigner.

« On ne sait pas quand il sera possible de reprendre notre activité ». Jean-René Rollé, gérant de l’auto-école Notre Dame du Mont Carmel, avoue être dans l’incertitude la plus totale. Après « un mois d’inactivité », le responsable de cette petite structure, située à Basse Terre, conserve pourtant son flegme : « ça ne sert à rien de crier, il faut garder nos forces pour le moment où le travail va recommencer ». Et pour cause. Si les cours reprendront forcément à un moment donné, encore faut-il que la clientèle réponde présent ! « Les clients auront-ils assez d’argent pour continuer à payer leurs cours ? J’en doute », avoue Jean-René Rollé. Les examens de code et de conduite ne sont pas non plus assurés depuis le 20 janvier dernier.

UN CHÔMAGE FORCÉ
Le gérant de l’auto-école Notre Dame du Mont Carmel précise que ses confrères guadeloupéens ne bénéficient pas d’aide particulière. « La profession est considérée comme monsieur tout le monde » et n’est donc pas répertoriée parmi celles prioritairement ravitaillées en carburant, par réquisition du gouvernement, comme les professions médicales et les services prioritaires. Du coup, les gérants n’ont d’autres choix que de placer leurs moniteurs en chômage partiel. « Et, en attendant, les charges continuent à être débitées sur notre compte » regrette  Jean-René Rollé. Il poursuit : « on est vraiment dans le rouge et je crains que l’on atteigne le point de rupture ».

LA CRAINTE D’UNE BALLE PERDUE
Si la pénurie du carburant est le souci n°1 pour les auto-écoles guadeloupéennes, la sécurité sur les routes est évidemment un paramètre non négligeable. « Les routes sont parfois bloquées par des barrages. La situation doit être sécurisée. On ne peut pas prendre de risque avec les élèves. On peut toujours se prendre une pierre, voire une balle perdue, à un moment donné ».  La fin tragique du syndicaliste tué par arme à feu, alors qu’il était à bord de son véhicule à proximité d’un barrage, à Pointe-à-Pitre, a marqué les esprits. D’autant plus que la situation, à tous les étages, est loin d’être apaisée.
Le constat est donc critique pour les quelques 260 auto-écoles que compte l’île. « En plus des auto-écoles guadeloupéennes, il faut rajouter celles de la Martinique, elles aussi bloquées par la pénurie de carburant », affirme Jean-René Rollé. Puis, toujours avec le sourire, le gérant tient à dire que « c’est la première fois dans sa vie qu’il arrête le travail sur une aussi longue durée. »

H. R.



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