Le 8 décembre dernier, la Commission européenne a tenu, à Bruxelles, sa conférence annuelle visant à faire le point sur les politiques de sécurité routière déployées au sein de l’Union européenne.
Hauts responsables de la Commission européenne ou des états membres, grandes entreprises, associations et fédérations professionnelles ou d’usagers de la route, organisations non gouvernementales, instituts de recherches, tous étaient réunis le 8 décembre dernier, à Bruxelles, pour faire un point d’étape concernant le plan d'action stratégique de l'Union européenne pour la sécurité routière sur la période 2021-2030. Rappelons que ce plan a pour objectif de diviser par deux, le nombre de morts et de blessés graves sur les routes européennes durant cette décennie.
Data : définir des indicateurs communs
La déléguée interministérielle de la Sécurité routière, Florence Guillaume, qui avait fait le déplacement, a, pour sa part, participé à la table ronde consacrée à la question des indicateurs clés et leur utilisation dans les politiques publiques de sécurité routière. En effet, si en France, l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR) est chargé de la collecte, de la mise en forme, de l'interprétation et de la diffusion des différentes données statistiques nationales de sécurité routière, avec l'appui du CEREMA (établissement public qui accompagne l'état et les collectivités territoriales pour l'élaboration de politiques publiques d'aménagement et de transport), dans un bilan annuel, tous les États membres de l’Union européenne ne fonctionnent pas de la même manière. Chaque pays présente des spécificités territoriales et démographiques qui rendent les comparaisons difficiles (population globale, superficie du pays, longueur du réseau routier, volume du trafic, densité et congestion de la circulation, etc.). D’où la nécessité de sélectionner les indicateurs les plus pertinents et de développer une méthodologie commune à tous les membres de l’Union. Un premier projet, baptisé « Baseline » avait sélectionné huit indicateurs portant sur le respect de la limitation de vitesse, du taux d’alcoolémie, du port de la ceinture de sécurité, du port du casque chez les cyclistes et des utilisateurs de deux-roues motorisés, de la non-utilisation du téléphone en conduisant. Les trois derniers indicateurs concernent le niveau d’équipements en termes de sécurité des véhicules, les infrastructures et enfin le temps nécessaire aux services de secours pour intervenir en cas d’accidents. Le projet Baseline, coordonné par l'institut Vias à Bruxelles, a pris fin en octobre 2022. Il laisse la place à « Trendline », coordonné par l'Institut SWOV pour la recherche sur la sécurité routière à La Haye (Pays-Bas) et deux nouveaux indicateurs vont être ajoutés, afin de mieux évaluer les progrès de la sécurité routière au niveau national et européen d’ici à 2030, ainsi que la formulation des futurs objectifs en ce domaine.
Tendances dans l’Europe post-pandémie
D’autres thématiques ont été abordées : les usagers vulnérables, les jeunes et la sécurité routière, le risque routier professionnel ou encore l’automatisation toujours plus grande des véhicules. Enfin, la conférence a été clôturée par Adina Vălean, Commissaire européenne aux transports et Jean Todt, envoyé spécial de l’ONU pour la sécurité routière, qui ont présenté un bilan de l’accidentalité et une analyse des grandes tendances dans l’Europe post-pandémie.