Après avoir pris conscience des inégalités de la répartition de l’enveloppe de 2,5 millions d’euros dédiée aux professionnels de la route, le conseil régional de l’île de La Réunion appelle les petits exploitants à accéder au dispositif. La Région invite les auto-écoles réunionnaises « à se rapprocher au plus vite de ses services ». A la mi-janvier, la collectivité avait suspendu le dispositif d’aide financière, accordé aux professionnels de la route depuis novembre 2008, suite aux manifestations contre le coût élevé du carburant (voir La Tribune des Auto-Ecoles n°141 p.10).
Le motif ? « Sur les 2,5 millions d’euros, 1 million a été versé, dont l’écrasante majorité au bénéfice des entreprises de transport de marchandises et de voyageurs » révèle le conseil régional de La Réunion. Les auto-écoles, taxis et ambulances représentent à peine 1 % du total des dépenses prévisionnelles ! Le bilan est cruel pour les auto-écoles réunionnaises : seuls 4 165 euros ont été perçus par ces dernières.
MISE EN PLACE D’UN COMITÉ DE SUIVIConfronté à ce constat de déséquilibre, le conseil régional a décidé de réunir autour d’une table ronde les professionnels de la route, afin d’aboutir à un partage plus équitable. Après 5 jours de tractations, les intéressés se sont mis d’accord sur la création d’un comité de suivi, qui aura un rôle clair : celui de garde-fou. Léonus Dubard, président du CNPA-branche Formation du conducteur de l’île de La Réunion, estime que ce comité de suivi devrait maintenant permettre au conseil régional « d’arrêter de payer les transporteurs, qui ont monopolisé la quasi totalité de la somme, pour financer les autres ».
TROP DE PAPIERS À FOURNIR !Reste à résoudre à une question épineuse. Pour quelles raisons la plupart des auto-écoles réunionnaises n’ont pas sollicité l’aide financière de la collectivité ? En effet, seules 25 auto-écoles, sur les 250 organismes de formation que compte l’île, ont fait parvenir un dossier après deux mois d’application. « On nous demande trop de papiers et certains d’entre nous ne sont pas à jour dans leurs cotisations », répond Léonus Dubard.
Si le gain de 65 euros par véhicule par mois – dans la limite de 10 véhicules par entreprise – reste une somme appréciable pour de petites structures, « beaucoup d’auto-écoles n’ont pas envie que l’on regarde ce qui se passe chez elles ». Le président du CNPA-FDC réunionnais conclut en affirmant que « le conseil régional ne se serait pas pris autrement s’il voulait nous décourager ».
Hugo Roger