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groups Groupements — Mars 2023

Michel Goepp et Olivier Fretay : Transmission de pouvoir chez Codes Rousseau

Le 1er janvier 2023, Michel Goepp a passé le témoin de la direction de Codes Rousseau à Olivier Fretay qui devient directeur général de l’entreprise implantée depuis 1937 aux Sables d’Olonne, en Vendée. Une passation de pouvoir « opérée en douceur ».


La Tribune des Auto-Écoles : Depuis combien de temps étiez-vous chez Codes Rousseau ?
Michel Goepp : Après un passage au développement de 1987 à 1991 aux Codes Rousseau, j’ai quitté l’entreprise. Puis, je suis revenu en février 1994 pour prendre la direction des Codes Rousseau aux Sables d’Olonne. Un poste que j’ai occupé pendant vingt-huit ans, jusqu’au 31 décembre 2022.
Olivier Fretay : Pour ma part, je suis arrivé aux Codes Rousseau fin 2006, ce qui m’a permis de découvrir l’ensemble des facettes de l’entreprise. En 2017, j’ai été chargé du développement et de l’innovation dans le cadre de la transformation digitale qui occupe l’esprit de toute la filière de la formation à la conduite. Le but de Codes Rousseau étant de fournir des outils qui facilitent la vie quotidienne des auto-écoles.


La Tribune des Auto-Écoles : Olivier est devenu officiellement directeur général des Codes Rousseau le 1er janvier 2023. Qu’en est-il de vos autres responsabilités ?
Michel Goepp : J’ai transmis tous mes mandats à Olivier, à savoir les Codes Rousseau, l’AREM qui, je le rappelle, regroupe le Club Rousseau et les réseaux CER et ECF, ainsi que l’Association des éditeurs pédagogiques, dont les membres sont Codes Rousseau et Enpc-Ediser.
La Tribune des Auto-Écoles : Michel, pouvez-vous dresser un bilan rapide de ces vingt-huit années à la direction de Codes Rousseau ? Quelle est votre plus grande fierté ? Mais également, avez-vous un ou des regrets ?
Michel Goepp : J’ai passé d’excellentes années au sein de cette entreprise épaulé par une équipe motivée, afin de proposer des produits utiles et innovants aux écoles de conduite et asseoir la notoriété des Codes Rousseau en tant que référence du marché. Ça a été une expérience enrichissante car le secteur de la formation à la conduite est en constante évolution. Quand j’ai commencé, les auto-écoles utilisaient essentiellement des documents papier -le livre pour apprendre le Code de la route, le fameux Code Rousseau bien sûr, mais également des cahiers d’exercices- et des diapositives. À l’époque, Codes Rousseau vendait aussi beaucoup de matériel, comme des projecteurs pour passer les diapos, ainsi que du mobilier destiné à meubler les agences auto-école. Après les diapos, nous avons lancé les bandes vidéo pour amener la technique de l’animation et pouvoir commenter des situations de conduite, avant de passer au
CD-Rom, et aujourd’hui à la digitalisation et à la simulation avec les simulateurs de conduite. Outre l’intérêt d’avoir accompagné toutes ces évolutions technologiques et pédagogiques, j’ai le sentiment d’avoir eu une mission d’intérêt public en participant à la formation de la population à la sécurité routière. C’est très gratifiant. J’ai tout de même un regret : celui d’avoir tardé à reprendre le virage de la simulation. Le premier simulateur de Codes Rousseau a été lancé en 1992, mais il était peut-être trop en avance. Sinon, disons que je suis fier de toute cette évolution et de transmettre les Codes Rousseau à Olivier. Mais aussi, d’être le dirigeant qui est resté le plus longtemps à la tête des Codes Rousseau et pour la première fois, de transmettre cette entreprise pour des raisons autres que financières.


La Tribune des Auto-Écoles : Justement, quelle est la santé financière de Codes Rousseau en 2023 ?
Michel Goepp : L’entreprise est en très bonne santé. En 2021, Codes Rousseau a réalisé 18 millions d’euros de chiffre d’affaires, ce qui représente une belle croissance, que l’on peut expliquer par la conséquence directe de l’afflux des candidats au permis de conduire qui avaient été empêchés de s’inscrire en 2020 en raison du Covid et par le succès d’OSCAR 2, notre nouveau simulateur. En 2022, les résultats sont stables. Malgré le retour à la normale du nombre de candidats au permis de conduire, Codes Rousseau a réussi à maintenir cette belle dynamique et ce chiffre d’affaires. Le Comité de direction de Codes Rousseau constitué de huit membres, est solide. Et je sais qu’Olivier va poursuivre sur la route de la performance de l’entreprise.


La Tribune des Auto-Écoles : Olivier, quelle est votre feuille de route pour 2023 et pour les prochaines années ?
Olivier Fretay : Je dirais que c’est un changement dans la continuité, une passation de pouvoir opérée en douceur. Je compte poursuivre le développement des Codes Rousseau en proposant des outils aux écoles de conduite qui font appel aux dernières technologies existantes, toujours dans l’objectif de les aider, au quotidien, dans leur travail. Nous poursuivons évidemment le développement de la digitalisation, avec notamment le livret numérique qui va devenir obligatoire dès que la généralisation de RdvPermis sera achevée. Codes Rousseau va également continuer à développer les simulateurs de conduite, notamment sur les aides à la conduite. D’autres outils encore sont à venir…


La Tribune des Auto-Écoles : 2023 est également l’année de l’emménagement dans de nouveaux locaux. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur les raisons de la construction des nouveaux locaux ?
Olivier Fretay : Effectivement, le siège social des Codes Rousseau va quitter les locaux actuels pour de nouveaux bâtiments début avril. Les locaux actuels sont devenus trop petits et ne sont plus adaptés à l’évolution des besoins de l’entreprise. On va donc passer de 800 à 1 500 m2, ce qui permettra d’accueillir la centaine d’employés dans des conditions plus confortables. Surtout, ces nouveaux locaux ont été pensés pour mieux accompagner le virage de la digitalisation. En effet, ces deux nouveaux bâtiments, dont la construction a nécessité un investissement de 4 millions d’euros, sont situés sur le Pôle Numerimer au nord des Sables d’Olonne. C’est un pôle dédié aux entreprises du numérique. L’environnement sera plus dynamique, au cœur de l’écosystème digital des Olonne, plus fonctionnel avec la répartition des équipes sur deux niveaux, avec entre autres, un studio d’enregistrement dédié aux lives Twitch et à l’enregistrement de capsules vidéo. Ce sera plus adapté aux évolutions numériques de l’entreprise et permettra aux équipes des Codes Rousseau d’éventuellement échanger avec les autres salariés des entreprises installées sur le Pôle Numerimer. Enfin, le second bâtiment est consacré à la logistique. À cet effet, nous avons doublé la hauteur par rapport au bâtiment actuel pour pouvoir stocker plus facilement des produits volumineux comme les simulateurs de conduite et les vitrines digitales.


La Tribune des Auto-Écoles : Plus généralement, quelle est votre vision du secteur de la formation à la conduite ?
Olivier Fretay : Je pense que la crainte de la concurrence des plateformes qui risquaient de faire disparaître les écoles de conduite de proximité est un peu derrière nous. D’une part les auto-écoles ont su prendre le virage de la digitalisation. D’autre part, les écoles de conduite sont capables de s’adapter aux besoins de chaque élève en proposant des prestations individualisées, ce que ne font pas les plateformes. Les élèves ne sont pas dupes et nombre d’entre eux reviennent vers les écoles de conduite.
Michel Goepp : La profession a toujours été en constante évolution. Mais il est vrai que ces dernières années, les évolutions ont été beaucoup plus importantes, avec une charge administrative de plus en plus forte, l’arrivée de la digitalisation et maintenant la transition énergétique. Je reste optimiste quant à l’avenir de la profession, qui saura, j’en suis certain, une nouvelle fois s’adapter. 


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