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school Formation — Mars 2009

-Insertion sociale-
La bourse au permis de conduire séduit les mairies


De la ville de Metz au village de Neuf-Mesnil, l’ambition est la même : faciliter l’obtention du permis de conduire pour des jeunes de 18 à 25 ans, qui n’ont pas les moyens financiers de suivre le cursus classique.

« Aujourd’hui, le sésame vers l’insertion professionnelle, c’est le permis ». Thomas Scuderi, adjoint au maire de  Metz délégué à la jeunesse, résume parfaitement la volonté de plusieurs villes françaises de faciliter l’intégration sociale de jeunes en difficulté financière. En 2009, ce sont 50 jeunes messins de 18 à 25 ans qui pourront bénéficier d’une bourse pour passer leur permis de conduire. La ville de Metz versera une participation de 800 euros, en contrepartie d’une action associative, humanitaire ou sociale d’au moins 105 heures. « Nous voulons aider des jeunes qui ont un vrai projet professionnel, en échange d’un coup de main à la communauté », ajoute-t-il. Les premiers dossiers étaient attendus pour la fin février. « Cinq auto-écoles ont déjà donné leur accord avec un coût global fixé à 1 200 euros. On en attend encore une ou deux. »

FAVORISER LA MOBILITÉ DES JEUNES
A Neuf-Mesnil, un village de 1 300 habitants, on souhaite aussi « faciliter la mobilité des jeunes ». Un appel à candidature pour 5 places a été lancé en juin 2008 et, finalement, 4 jeunes ont été retenus. Fanny Richard, Chef de projet  à la politique de la ville, précise que « quatre auto-écoles ont été conventionnées, par la mairie, dans la ville voisine de Haumont ». Les jeunes « sans revenus propres, déscolarisés, étudiants ou boursiers » collaborent avec la mission locale. En échange de 40 heures de bénévolat, le conseil municipal versera une participation de 400 euros. Le projet sera d’ores et déjà reconduit pour l’année 2009.
Une initiative similaire se prépare dans le sud-ouest, à Arsac, en Gironde. Cette petite ville de 3 000 habitants se lance dans l’aventure de la bourse au permis, avec un budget (2 500 euros) proche de celui alloué par les élus de Neuf-Mesnil. Si le projet en « est encore à ses balbutiements », selon le service de communication de la mairie arsacaise, le principe est le même : la prise en charge par la commune d’une partie du coût du permis pour de jeunes de 18 à 25 ans, qui n’ont pas forcément les moyens d’y accéder. En 2009, la mairie prévoit de retenir cinq candidatures, selon des critères de revenu, de motivation et de  projet professionnel.

UN TREMPLIN SOCIAL
A Béthune, où le projet de bourse au permis est également en cours de mise en œuvre, Olivier Gacquerre, premier adjoint au maire, déclare que la ville a été « inspirée par les succès rencontrés par la Bourse au permis dans des villes comme Suresnes ou Carcassonne ». Un budget de 15 000 euros va être voté au mois de mars, ce qui représente un financement de 15 jeunes, sachant que la ville prend en charge 80 % d’un forfait de 40 heures. Le 1er adjoint au maire précise bien que le projet ne se situe pas « dans une logique d’assistanat mais de tremplin social ».
Les jeunes béthunois de 18 à 25 ans auront à prendre en charge les 20 % restants via des travaux de services à la personne, notamment envers les personnes âgées. « L’idée de favoriser les liens intergénérationnels nous plaît bien », ajoute Olivier Gacquerre. Un appel à projets a été lancé en décembre dernier pour la douzaine d’auto-écoles que compte la ville : « 4 auto-écoles ont répondu, en soulignant bien l’utilité collective de la démarche ».

NE PAS NÉGLIGER L’ASPECT PRÉVENTIF
En fin d’année dernière, le conseil général des Yvelines a lui décidé de se lancer dans le financement du permis des jeunes de 18-25 ans dont les familles sont non imposables, « via une aide forfaitaire de 500 euros », et en contrepartie « d’une action civique de 20 heures à 40 heures dans les services ou associations du département ». Cette contribution citoyenne est d’une durée hebdomadaire de 20 heures, « à effectuer dans les services du Département ou dans une association yvelinoise agissant dans le cadre d’une compétence du conseil général ».
Rappelons qu’environ 35 000 jeunes circulent à l’heure actuelle sans permis en France. Certains d’entre eux entrent dans l’illégalité faute de pouvoir accéder, financièrement, au papier rose. Ce dispositif de bourse au permis de conduire, complémentaire au controversé « permis à 1 euro par jour », vise clairement des jeunes en situation précaire. En plus de son utilité sociale, il possède une vraie dimension préventive.

Hugo Roger



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