L’auto-école du lycée à Chaumont en Haute-Marne a recruté en décembre 2021 le plus jeune enseignant de la conduite de France. Âgé de 20 ans, Lucas Maës s’est tourné vers ce métier un peu par hasard. Un choix qu’il ne regrette absolument pas. Loin de là puisqu’il envisage de devenir enseignant moto.
Quand il a obtenu son bac pro numérique, Lucas Maës était loin d’imaginer qu’il allait devenir enseignant de la conduite. Il a donc commencé un BTS informatique qu’il a arrêté au cours de la première année. Ne sachant quelle formation suivre, il s’est rendu à Pôle emploi. « Un conseiller m’a parlé du titre professionnel d’enseignant de la conduite et de la sécurité routière. Un métier qui n’avait jamais été évoqué lors de mon parcours scolaire », regrette Lucas Maës. Lequel se dit désolé que l’Éducation nationale ne fasse pas plus la promotion du métier d’enseignant de la conduite, à l’heure où la pénurie de moniteurs est de plus en plus problématique. Séduit par ce métier, il s’est rendu à une journée d’information organisée à Troyes dans l’Aube par le centre de formation Popeye pour en savoir plus. « J’ai immédiatement apprécié le contenu de la formation. » D’autant plus que depuis l’obtention de son permis B, préparé dans le cadre de la conduite accompagnée, le jeune étudiant s’est découvert une passion pour la route. Une fois les tests réussis et les financements trouvés, Lucas Maës a intégré le centre de Troyes pour une durée de 9 mois. Une formation assortie d’un stage réalisé au sein de l’auto-école du Lycée à Chaumont, en Haute-Marne. Laquelle lui avait proposer de le recruter une fois son diplôme en poche.
Une relation enseignant/élève pas en mode « potes »
Mais il a dû attendre six mois avant de travailler. La raison : « Je n’avais pas 20 ans », précise-t-il. Il a profité de cette période pour passer le permis moto. C’est donc en décembre 2021 qu’il a donné sa première leçon de conduite. Un moment vécu sans appréhension. « Pendant mon stage, j’ai eu le temps de découvrir l’entreprise, son fonctionnement et j’ai eu la chance d’avoir des responsables qui m’ont laissé beaucoup d’autonomie. » Par le plus grand des hasards, la première leçon était donnée à l’un de ses copains de lycée. « Nous avons été autant surpris l’un que l’autre ! Mais nous sommes rapidement entrés dans le bain dans le cadre d’une relation prof/élève et non pas en mode « potes ».
Du fait de son âge, Lucas Maës maîtrise parfaitement les codes pour communiquer avec la plupart de ses élèves. Du moins les plus jeunes. Un atout pour dialoguer. « Il n’y a jamais eu de dérapage du genre « t’abuses ». Je parle beaucoup avec eux pour leur faire comprendre qu’au volant d’une voiture, il faut avoir un comportement responsable. » Avec ses élèves les plus âgés, Lucas Maës adapte simplement son langage, pas sa pédagogie. « La différence d’âge ne pose aucun problème dans la mesure où je reste professionnel. Ils sont surpris quand ils apprennent mon âge car je pourrais être leur fils, parfois même leur petit-fils ! »
« Qui est l’enseignant ? »
Surpris, l’inspecteur l’a également été la première fois que Lucas Maës a présenté ses élèves à l’examen du permis de conduire. « Il nous a demandés qui était le candidat et qui était l’enseignant », s’amuse-t-il. « C’était assez drôle. » Actuellement, Lucas Maës enseigne à des candidats âgés de 15 à 60 ans. « Mais dans l’auto-école, la majorité des élèves a le même âge que moi, constate le jeune enseignant. Il faut dire que comme l’établissement est implanté en milieu rural, il y a beaucoup de jeunes qui suivent la conduite accompagnée. »
Devenir enseignant moto
Un an après avoir débuté ce métier, Lucas Maës ne se lasse pas et ne regrette nullement son choix. « C’est un métier où il n’y a pas de routine. Chaque jour il faut s’adapter aux élèves, aux conditions de circulation, à la météo, aux itinéraires. C’est super intéressant. » Au point qu’il envisage déjà de faire évoluer sa carrière et de devenir enseignant moto. Un projet d’ores et déjà évoqué avec sa responsable. « Dans mon auto-école, cette formation a été suspendue car plus aucun enseignant de la conduite n’a les qualifications requises pour la dispenser. » Cependant Lucas Maës va devoir patienter un peu avant de suivre cette formation pour devenir enseignant moto. « Nous avons un an devant nous, explique-t-il. Pour le moment, nous cherchons les financements et les dates pour que je suive cette formation. » Quelques détails à régler, mais nul doute que la route semble bien dégagée pour Lucas Maës.
Christine Cabiron