ECF et l’UNIDEC ont tenu leur congrès annuel, du 10 au 12 novembre 2022, à Toulouse, en Haute-Garonne. Un congrès marqué par un changement de présidence à ECF et à l’UNIDEC.
Il est des congrès qui, à peine terminés, entrent dans les annales. Le congrès de Toulouse est de ceux-là. Un congrès qui marque la fin d’un cycle, avec Bruno Garancher, qui après 10 ans de présidence à ECF n’a pas souhaité briguer un nouveau mandat. À la suite du vote des adhérents, il cède donc la présidence à Patrick Mirouse, avec « la satisfaction de laisser une structure économique qui se tient bien » et un réseau d’école de conduite ECF qui, à l’instar de « la formation professionnelle, présente un visage cohérent pour les donneurs d’ordre nationaux en proposant des process identiques dans toute la France ». Ému, Bruno Garancher s’est exclamé face aux congressistes : « Je me suis amusé pendant dix ans, je me suis fait chier pendant dix ans, mais putain que c’était bon ! », déclenchant une salve d’applaudissements de la part des adhérents visiblement reconnaissants de ses actions et de son implication pendant cette décennie de présidence. Il concède cependant un regret : « La profession dans son ensemble, tout comme ECF, n’a pas été capable de continuer à travailler sur un programme plus global d’éducation portant sur le comportement des citoyens. Ces dernières années, on s’est trop renfermé sur le problème du permis de conduire. Et il n’y a plus de volonté politique d’agir sur tout ce bloc éducatif, dont font partie les écoles de conduite. C’est un vrai regret que j’ai, de ne pas avoir su trouver les leviers pour convaincre les politiques de travailler dans ce sens ».
ECF : une feuille de route en quatre points
Fils d’un gérant d’auto-école de l’Ariège, dont il a repris les rênes il y a trente ans et aujourd’hui à la tête de plusieurs établissements, Patrick Mirouse devient donc le troisième président d’ECF. Il succède en effet à Gérard Accourt, fondateur de l’École de Conduite Française, à la barre de 1970 à 2012, et à Bruno Garancher, président de 2012 à 2022. Également fortement ému, Patrick Mirouse a déclaré : « être très heureux d’avoir été élu par mes collègues, avec qui je partage les valeurs d’égalité que prône ECF », avant de dévoiler son programme pour cette mandature de trois ans :
► Réaffirmer les valeurs d’ECF qui sont l’ADN du réseau et se déclinent en cinq mots : Amitié, Égalité, Entraide, Partage et Solidarité, afin de « remettre l’adhérent au centre des préoccupations et au cœur des projets qui seront menés » ;
► Mettre les régions à l’honneur, toujours dans une volonté d’écoute des souhaits et besoins des adhérents. « Pour cela, les missions des neuf nouveaux présidents régionaux seront revues afin d’assurer une meilleure coordination dans les territoires, et des évènements, comme le « rallye échange régional », seront développés pour créer la rencontre et un moment d’échanges avec tous les adhérents de la région », affirme le nouveau président d’ECF.
► Moderniser les activités en s’appuyant sur le digital au service de l’apprentissage. En d’autres termes, au-delà de la digitalisation mise en place par ECF au niveau de la relation élève qui permet à ce dernier d’être connecté avec son auto-école pour nombre de services, Patrick Mirouse veut développer la digitalisation du processus de formation en intégrant plus le simulateur de conduite et les cours à distance, sans pour autant renier les cours en présentiel ;
► Élargir et développer les activités du réseau, en intégrant plus de moto-écoles et d’établissements proposant des formations bateau. Mais aussi en s’ouvrant au marché des nouvelles mobilités au travers de formations vélo, vélo cargo, trottinettes, etc.
UNIDEC : un bilan plutôt positif
Un programme bien chargé donc, qui explique que Patrick Mirouse, qui était président de l’UNIDEC depuis six ans et qui arrivait en fin de mandat, n’a pas voulu se représenter au poste de président du syndicat pour se consacrer entièrement à sa nouvelle tâche de président d’ECF. « Être président de l’UNIDEC a été une formidable aventure, même si l’action syndicale représente beaucoup de travail avec des résultats qui ne sont pas toujours à la hauteur, concède Patrick Mirouse. On n’a pourtant pas chômé avec la mise en place de MyUnidec, notre réseau social d’entreprise à destination des adhérents. Nous avons également participé à la création de l'U2M, l’Union des métiers de la mobilité qui regroupe l’UNIDEC, le Syndicat des professionnels du pneumatique et la Fédération française de la carrosserie, afin d’être reconnu comme organisme représentatif et pouvoir être entendu par l’État. Plus globalement, au niveau de la profession, l’UNIDEC a beaucoup œuvré pendant le Covid pour que les écoles de conduite soient concernées par la fermeture administrative afin d’être mieux indemnisées. De même que l’UNIDEC a mené différentes actions auprès des ministères pour que le manque d’inspecteurs soit enfin pris en compte. Je suis fier de ce bilan, même si je reconnais que l’UNIDEC manque de visibilité. Nous faisons des choses, mais nous ne disons pas assez ce que nous faisons. » C’est peut-être un conseil que suivra le successeur de Patrick Mirouse à la présidence de l’UNIDEC.
Une présidence de transition
Car les adhérents de l’UNIDEC ont également été appelés aux urnes. Et c’est un homme pas totalement inconnu qui a été élu président pour trois ans, puisqu’il s’agit de… Bruno Garancher. Ce dernier a aussitôt tenu à mettre les choses au point : pas question de s’accrocher au pouvoir,
« je suis un président de transition. L’objectif de mon mandat à l’UNIDEC est de former des adhérents plus jeunes qui reprendront la direction du syndicat pour insuffler plus de modernité. Je souhaite également ouvrir plus l’UNIDEC comme j’ai pu le faire avec ECF en se rapprochant de CER. » D’ailleurs, on notera que Patrick Crespo, président de CER et adhérent à titre personnel à l’UNIDEC, a été élu et fait son entrée au Comité directeur de l’UNIDEC.
Modernité, ouverture, mais aussi anticipation des marchés de demain. « Tout le monde se gargarise de mobilité, mais personne n’anticipe vraiment les changements, constate Bruno Garancher. Le développement des formations sur des véhicules à boîte de vitesses automatique, va notamment être un vrai sujet de réflexion, car cela va obliger les petites structures à avoir deux véhicules, un en boîte auto et un en boîte manuelle. C’est aux syndicats de se poser les questions sur l’évolution de la profession et les enjeux de demain. » Une tâche difficile mais indispensable pour « se propulser vers l’avenir », comme l’affichait le slogan de ce congrès toulousain commun à ECF et l'UNIDEC.