La 3ème Convention Mobilians-ESR qui s’est tenue à Vichy, dans l’Allier, les 1er et 2 octobre derniers, a accueilli les nouvelles déléguée interministérielle à la Sécurité routière et sous-directrice à l’Éducation routière et présenté aux congressistes des stratégies pour permettre aux auto-écoles de faire face à la crise économique.
Droit de réserve oblige en période électorale, aucun représentant de la délégation à la Sécurité routière n’avait assisté au Congrès annuel de Mobilans-ESR, début juin, à Mandelieu-La Napoule. Les élections présidentielle et législatives passées, la DSR a, cette fois, pu répondre présente à l’invitation de Patrice Bessone, président de Mobilians-ESR. L’occasion pour les congressistes de faire connaissance avec la nouvelle déléguée interministérielle à la Sécurité routière Florence Guillaume qui remplace Marie Gautier-Melleray, ainsi que la nouvelle sous-directrice à l’Éducation routière, Catherine Bachelier qui succède à Wassim Kamel.
Le manque de places pointé du doigt
Frédéric Gillodes, chef de projet en charge de la modernisation du permis à la DSR a fait un point sur les divers sujets d’actualité de la profession, dont RdvPermis. Patrice Bessone s’est dit « très satisfait du système qui apporte de l’équité », en évitant notamment que certains ne s’arrogent toutes les places au détriment des autres établissements et qui « donne de la transparence. Cela permettra de disposer de données fiables que l’on pourra présenter à la presse ». Mais Patrice Bessone n’a pas omis d’évoquer le manque de places d’examens. « RdvPermis n’est pas un problème, c’est la production de places d’examens qui est insuffisante. C’est pourquoi Mobilians-ESR demande 100 examinateurs supplémentaires, en plus des 100 inspecteurs supplémentaires promis par le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin. » La déléguée interministérielle a cependant conclu par une note positive : « Je suis convaincue que les choses vont dans le bon sens. J’ai bien compris que tout n’est pas abouti, mais je constate que beaucoup de choses avancent ».
La mobilité des seniors, un marché à prendre pour les auto-écoles
Comme l’a souligné Patrice Bessone, la Convention Mobilans-ESR n’a pas vocation à être un deuxième congrès annuel. C’est pourquoi les congressistes ont pu participer à plusieurs ateliers pratiques portant sur le contrat de formation, la formation continue des salariés ou encore les actions que peuvent mener les écoles de conduite auprès de seniors. Lorenzo Lefebvre, vice-président de Mobilians-ESR a rappelé le partenariat noué avec Dekra qui a permis de créer une affiche visant à inciter les seniors à franchir la porte d’une auto-école pour effectuer un bilan de conduite. « Cette affiche à apposer sur nos vitrines a pour but de mettre en avant cette prestation, afin que les écoles de conduite de proximité deviennent le référent du maintien dans la mobilité », a déclaré Lorenzo Lefebvre. « L’auto-école doit sortir de l’image de la formation initiale, a affirmé Patrice Bessone. La formation des seniors est un sujet d’avenir. Aujourd’hui, on vieillit mieux et le maintien des seniors dans la mobilité va devenir un enjeu essentiel. Il serait dommage que d’autres acteurs que les écoles de conduite prennent ce marché. »
Gérer son entreprise en temps de crise économique
Mais l’atelier qui a retenu le plus l’attention des congressistes est certainement celui qui s’intitulait : « l’École de conduite face à la crise » ou comment faire des économies en temps de crise dans son entreprise ? Premier levier : le simulateur de conduite. Après avoir démontré, chiffres à l’appui, que le coût d’une heure de cours sur simulateur revient moins cher pour l’auto-école qu’une heure de cours en voiture, Lorenzo Lefebvre a encouragé son auditoire à engager « une vraie réflexion sur l’intégration du simulateur dans la pédagogie ». Il a ensuite présenté les prêts proposés par BpiFrance, notamment pour l’achat de véhicules électriques et démontré qu’il était intéressant financièrement d’investir dans un ou plusieurs véhicules électriques. D’une part, les recharges en électricité reviennent moins cher que faire le plein de carburant. D’autre part, l’achat de ce type de véhicule via le prêt BpiFrance permet d’utiliser le véhicule « pendant deux ans sans payer et en plus, on récupère la TVA ». L’atelier a aussi porter sur l’optimisation fiscale de l’entreprise, en choisissant le statut le mieux adapté et d’acheter ou pas les locaux. « Faire de la marge, c’est faire évoluer son entreprise en effectuant des travaux ou en achetant des voitures, par exemple. Cela ne veut pas forcément dire s’enrichir », a conclu Lorenzo Lefebvre.