Argenteuil, le 15 janvier dernier. Un élève de 23 ans, fébrile depuis le début de son examen du permis, dérape. Une grève des inspecteurs est immédiatement décrétée le lendemain dans le Val d’Oise. « Il fallait faire comprendre qu’agresser un inspecteur du permis c’est un moyen de désorganiser l’ensemble de la profession », précise Laurent le Floch, délégué général Snica-Fo pour l’Île-de-France et secrétaire général adjoint du même syndicat, au sujet de la grève. Plusieurs dizaines de candidats n’ont pu passer leurs examens de Code et de conduite le 16 janvier dernier. Mais « ce mouvement de grève n’était pas dirigé contre les usagers », insiste Laurent Le Floch. Il ajoute : « nous voulions aussi que l’administration rappelle aux auto-écoles les bonnes attitudes à adopter, avant et pendant l’examen, et qu’elles conservent notamment une certaine neutralité vis-à-vis de notre profession ».
RETOUR SUR LES FAITSDans le cas évoqué, il semble que les nerfs du jeune candidat aient complètement lâché. Alors que l’épreuve touche à sa fin, le jeune argenteuillais, qui tente l’examen pour la deuxième fois, refuse d’effectuer une manœuvre en marche arrière en ligne droite, puis, extrêmement agité, quitte le véhicule. Rejoint dans la rue par le moniteur d’auto-école et l’inspectrice du permis de conduire, il propose alors à cette dernière une somme de 300 euros contre l’obtention du sésame. Refus sans concession de l’intéressée. L’élève empoigne alors la fonctionnaire et menace de la frapper, sans passer à l’acte. En état de choc, l’inspectrice est accompagnée au commissariat, où elle porte plainte pour « menace et tentative de corruption », avant d’être mise en arrêt de travail pour une semaine.
UN MOIS APRÈS, LE SILENCE EST D’ORJointe au téléphone, la fonctionnaire concernée par les faits oppose courtoisement une fin de non recevoir à toute demande d’interview. Pourtant, elle avait précédemment accordé des entretiens au quotidien Le Parisien et au site Internet VONews sur ce même évènement. Mais, depuis, sa hiérarchie lui aurait « conseillé » de ne pas communiquer sur le sujet. Successivement, du Service Education et Sécurité routières (SESR), à la Direction départementale de l’équipement et de l’agriculture (DDEA), et, enfin, au cabinet du préfet du Val d’Oise, subsiste le même mot d’ordre : il n’est pas souhaitable de parler aux journalistes de cet incident.
H. R.