À Dijon, l’auto-école de Bourgogne vient de s’équiper d’une Tesla Model 3. Un achat guidé par la volonté du gérant de sensibiliser ses élèves aux enjeux écologiques et aux énergies durables.
Gérant de l’auto-école de Bourgogne implantée à Dijon, en Côte d’Or, Thierry Julian veut entraîner ses élèves sur les routes du futur. Pour cela, il vient d’acheter une Tesla Model 3 Dual Motor. Son objectif : leur faire prendre conscience des enjeux écologiques et des avancées technologiques développées par l’industrie automobile. Et il a choisi le modèle toutes options !
« C’est un bijou d’électronique », explique-t-il. Thierry Julian n’a pas opté pour une Tesla par hasard. « C’est une marque avant-gardiste, tournée vers l’avenir. Selon moi, l’automobile du futur est incarnée par ce constructeur. » Le véhicule qui circule depuis mars 2022 dans les rues dijonnaises est équipé de neuf caméras. Il est doté d’une puissance de 275 CV et de deux moteurs électriques 4x4 placés à l’avant et à l’arrière. Le tout avec une autonomie de 500 km. Un modèle que le gérant n’a eu aucune difficulté à faire équiper de doubles commandes. « J’ai eu l’autorisation de Tesla très rapidement car en France, ce n’est pas le premier véhicule destiné aux auto-écoles. » L’équipement a été installé à Lyon par le groupe Pimas.
Un investissement colossal !
Pour cet achat, l’auto-école a déboursé environ 60 000 euros. Un investissement qualifié de « colossal » par le dirigeant. Mais selon lui, le jeu en vaut la chandelle : « Quand une auto-école veut acheter un véhicule électrique, il faut frapper un grand coup avec un modèle Premium ». Une habitude dans cette entreprise. En effet, son parc est constitué de six Audi, dont une est automatique. « Il y a quelques années, les formations au permis sur boîte automatique étaient peu nombreuses. Aujourd’hui, ils sont choisis par 15 à 20 % des primo-accédants », affirme-t-il. « Nous sommes implantés dans un secteur où de nombreux habitants roulent avec des véhicules hybrides ou électriques. Par conséquent, les enfants suivent cette voie. »
Pour cet ancien militaire devenu enseignant de la conduite il y a 21 ans, cette motorisation est l’occasion de sensibiliser ses élèves au respect de l’environnement et aux énergies durables. « Avec une voiture électrique, nous ne produisons pas de carbone. Le fait de rouler dans un véhicule du 21ème siècle est novateur et constitue un argument pédagogique pour amorcer une prise de conscience. » Un moyen également d’évoquer l’utilisation prochaine de l’hydrogène. « L’électrique n’est qu’une solution intermédiaire », assure le gérant.
Toute la formation sur la Tesla
Avant de prendre les commandes de la Tesla, les élèves acquièrent les fondamentaux de la conduite sur un simulateur. À la suite de quoi, ils « passent tous sur la Tesla ». Quelques mises au point sont néanmoins nécessaires. Notamment la prise en main du gabarit. Même si le modèle 3 est le plus petit de la gamme, la voiture mesure malgré tout 4,7 mètres de long et 1,8 mètre de large ! « Dans les petites rues, c’est parfois compliqué », reconnaît Thierry Julian. Les élèves doivent aussi revoir l’installation au poste de conduite. « La tablette centrale génère le réglage du volant, des rétros, des sièges. » Ils sont aussi tenus de se familiariser avec le freinage doté d’un système de récupération d’énergie. « De ce fait, il suffit de lâcher la pédale pour freiner. » Néanmoins, l’enseignant a débridé cette option pour « inculquer aux élèves le réflexe du freinage, au cas où ils conduiraient un véhicule thermique ». L’option « angles morts » est également désactivée pour les mêmes raisons. « L’évolution technologique nous pousse vers l’automatisation de la conduite. La Tesla a d’ailleurs été conçue pour cela. Mais cela nécessite de former les futurs conducteurs à ces nouvelles technologies. » Ainsi, l’option autopilote est réactivée lors de la quatrième étape de formation. Une option qui laisse la voiture reconnaître les panneaux, limiter la vitesse et ralentir automatiquement si elle détecte un obstacle.
Surprise générale
Les élèves, les inspecteurs ou les parents qui sont venus l’essayer disent tous être surpris par le silence observé dans l’habitacle. Conséquence : les apprenants sont « plus détendus », indique le dirigeant. Ils perdent aussi un peu la notion de vitesse du fait de l’absence de bruit du moteur. « Ils peuvent très rapidement dépasser les limitations sans s’en rendre compte », constate Thierry Julian. « Nous les incitons donc à relever le défi pour les respecter. » Chaque année, cette auto-école présente entre 300 et 350 candidats à l’examen du permis de conduire. Les leçons dispensées sur ce véhicule sont facturées au même prix que sur les autres : à savoir, 60 euros de l’heure. « En mettant les élèves sur un chemin durable, ils deviendront des citoyens du monde de demain », espère Thierry Julian.
Christine Cabiron