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campaign Syndicats — Juillet 2022

58ème congrès Mobilians-ESR : Pour une auto-école responsable

Le 58ème congrès de Mobilans-ESR (ex-CNPA-ESR) s’est déroulé du 2 au 5 juin 2022 à Mandelieu-la-Napoule, dans les Alpes-Maritimes, avec comme fil rouge, la responsabilité des écoles de conduite pour permettre aux différents publics d’accéder à la formation au permis et à la mobilité.


Après avoir mis un coup de projecteur, l’an dernier, sur l’évolution des écoles de conduite de proximité qui se digitalisent et qui adoptent des outils pédagogiques toujours plus innovants comme le simulateur de conduite ou les lunettes 3D, le congrès de Mobilians-ESR (ex-CNPA-ESR) mettait cette année l’accent sur la responsabilité des auto-écoles qui consiste à permettre à tous les publics d’accéder à la formation au permis de conduire et à la mobilité.


Aider tous les publics à accéder au permis et à la mobilité
Premièrement, il est primordial d’aider les jeunes qui en ont besoin, à trouver un coup de pouce pour financer leur formation au permis dans le maquis des aides qui existent déjà. C’est pourquoi Mobilians-ESR soutient l’idée, comme Patrice Bessone, président de Mobilians-ESR, l’avait exposé l’an dernier lors du congrès de Lille, de créer une commission sociale qui se chargerait au niveau du département d’orienter le jeune vers le système d’aide le plus adapté à son cas. L’auto-école aurait juste à faire remplir au jeune un formulaire et à l’adresser à la commission. Autre proposition de Mobilians-ESR : la portabilité du CPF des parents vers leurs enfants pour financer la formation au permis. Si pour le moment, le gouvernement a rejeté cette idée, Mobilians-ESR ne s’avoue pas vaincu et continue par l’intermédiaire de Gilles Savary, ancien député européen et désormais conseiller du cabinet d’influences Euros Agency de tenter de faire avancer le dossier. Outre l’aide au financement, Patrice Bessone a également souligné que les écoles de conduite de proximité avaient pour mission d’accueillir tous les publics. C’est pourquoi l’ANPER propose une nouvelle formation qui permet d’acquérir les compétences pour accueillir les personnes malentendantes ou souffrant de troubles spécifiques du langage et des apprentissages (DYS). « Il faut que les auto-écoles soient capables d’accueillir ces publics localement, sans que ces derniers n’aient à faire 50 km/100 km pour trouver une école de conduite adaptée à leur besoin », a déclaré le président de Mobilians-ESR.


Permettre aux seniors de conduire le plus longtemps possible
Autre public à ne pas oublier : les seniors. Lors d’une table ronde consacrée au rôle majeur des écoles de conduite dans le maintien de la mobilité des seniors en sécurité, Catherine Gabaude, directrice de Recherche en Psycho-Ergonomie à l’Université Gustave Eiffel, a indiqué qu’en 2050, 26 % de la population française aura plus de 65 ans. En zone rurale, le pourcentage sera certainement plus important puisque les plus de 65 ans représentent déjà actuellement plus de 41 % de la population. « Pour continuer à conduire le plus longtemps possible et ainsi conserver leur autonomie de déplacement, les conducteurs âgés mettent en place des parades comme ne plus conduire de nuit ou éviter telle intersection dangereuse, explique la chercheuse. Les auto-écoles peuvent amener un service de conseil et de remise à niveau avec une sensibilisation aux risques en pratiquant des audits de conduite et en incitant les conducteurs seniors à passer à la boîte automatique, ce qui permet de se consacrer uniquement sur la conduite ». Sur ce point, Patrice Bessone a rappelé qu’il « n’est pas question de jouer les censeurs. Les auto-écoles ne sont pas là pour supprimer la mobilité, mais pour donner des astuces pour permettre aux seniors de conserver leur autonomie. » Des astuces souvent très appréciées par les seniors qui participent à un stage de remise à niveau comme l’a indiqué Karine Bonnet, D-g de Dekra, dont le dernier rapport sur la sécurité routière portait justement sur la conduite des seniors. « Les conducteurs seniors se sentent concernés par la baisse de leur capacité. Ils sont conscients que les systèmes d’aides à la conduite peuvent leur faciliter la conduite, mais parfois, ils ne sont pas contre le fait d’être conseillés par des experts, telles que les auto-écoles. » Aussi, pour promouvoir les stages de remise à niveau effectués en auto-école, Dekra et Mobilians national ont financé la création d’une affiche distribuée gratuitement aux écoles de conduite et à poser sur la vitrine des établissements qui proposent ce type de formation. Sur l’affiche où l’on voit trois seniors et une enseignante de la conduite à bord d’une voiture, on peut lire le message suivant : « Dans un monde qui change, continuez à conduire en toute sérénité ! Après mes 65 ans, j’ai voulu me rassurer, vérifier mes acquis et obtenir des conseils auprès de mon auto-école. Après quelques heures de conduite, j’ai retrouvé mes 18 ans ! ». Par ailleurs, Lorenzo Lefebvre, vice-président de Mobilians-ESR, a indiqué travailler sur l’idée d’une Box Mobilité proposant un stage de remise à niveau qui serait un peu moins stigmatisante que le fait de dire à un conducteur âgé qu’il doit retourner à l’école de conduite.


L’incontournable sujet des plateformes
Outre cette thématique sur la responsabilité des écoles de conduite, difficile de ne pas évoquer les sujets d’actualité comme RdvPermis ou le problème du manque de places d’examens, même si aucun représentant de la DSR n’avait fait le déplacement cette année, droit de réserve dû aux élections oblige. Signalons également l’intervention très remarquée et saluée de Maître Sarah Balluet concernant les plateformes. Cette dernière, en charge d’un dossier opposant un enseignant indépendant à Ornikar pour requalifier son contrat de partenariat en contrat de travail (voir La Tribune des Auto-Écoles n°244 -avril 2021) a rappelé que dès lors qu’un lien de subordination entre l’employé et l’employeur est démontré, il convient d’établir un contrat de travail. Dans le cas de son client, elle estime entre autres, que du fait que l’élève note l’enseignant après un cours et que si l’enseignant obtient une mauvaise note, Ornikar peut le sanctionner, il y a bien subordination entre l’enseignant indépendant et Ornikar. Pour autant, ce procès ponctué des moult rebondissements, a largement trainé en longueur. Il faut dire que les avocats d’Ornikar se sont battus bec et ongles pour faire débouter l’enseignant. Car, si celui-ci venait à obtenir gain de cause, cela obligerait Ornikar à requalifier les contrats de partenariat de ses 3 000 moniteurs en contrat de travail, ce qui mettrait à mal le modèle économique de la plateforme. L’enjeu est donc vital pour Ornikar. Finalement, contrairement aux jugements rendus dans les affaires UBER ou Deliveroo, l’enseignant plaignant a perdu son procès fin mai 2022. Le Conseil de prud’hommes de Bobigny a estimé qu’il « était libre de choisir le nombre d’heures d’enseignement à dispenser sous l’enseigne Ornikar, les horaires et le secteur géographique. De surcroît, il n’apparaît aucunement qu’un objectif quantitatif lui avait été imposé ».
« On n’a pas gagné l’adhésion du gouvernement sur ce dossier, admet Patrice Bessone, mais les choses changent. On ne se reconnaît pas dans les valeurs des plateformes car les auto-écoles de proximité sont responsables vis-à-vis de leurs élèves et de leurs salariés. Mais nous avons les chiffres des auto-écoles en ligne. Les politiques ont les mêmes et ils se rendent compte que ce système ne marche pas. Aujourd’hui, la DSR reconnaît que les auto-écoles de proximité font du travail de qualité. » De quoi redonner du baume au cœur à la profession. 


S. A.


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ANPER : 2021, une année placée sous le signe de la résilience


Comme chaque année, l’ANPER a tenu son assemblée générale lors du congrès Mobilians-ESR. L’occasion de dresser un bilan de l’année passée et de présenter les projets.


Si 2020 avait été une année compliquée pour l’ANPER, avec un très fort ralentissement de l’organisation des formations dû aux confinements, 2021 peut être qualifiée d’année de résilience. En effet, l’activité a repris grâce au succès de la formation présentant RdvPermis, mais aussi grâce au stage informatique consacré au logiciel Ma gestion Zen et aux formations de sensibilisation au numérique dans les auto-écoles (qui constitue un engagement pris par l’ANPER lors de la signature de la charte avec la BPi qui, elle, s’engage à accorder des prêts à taux très préférentiel aux écoles de conduite pour effectuer la transition énergétique de leur flotte et la digitalisation de leur activité).


Une formation pour accueillir les malentendants et les DYS
L’ANPER a également conçu une nouvelle formation pour permettre aux stagiaires d’apprendre à accueillir, dans leur auto-école, les personnes malentendantes ou souffrant de troubles spécifiques du langage et des apprentissages, plus communément appelés DYS. Conçue par des spécialistes, cette formation s’avère fort utile comme en a témoigné Sylvie Ketterer, présidente de Mobilians-ESR en Guyane, qui a suivi le stage : « Cela m’a donné des astuces pour mieux communiquer avec les jeunes qui ne maîtrisent pas bien la langue française ».


Développement du réseau PAP
En parallèle de son activité de formation, l’ANPER a présenté l’avancée du dossier PAP. En effet, l’an dernier, le groupement s’est lancée comme défi de créer un réseau de centres PAP qui s’appuie sur les écoles de conduite adhérentes à l’ANPER pour proposer un fort maillage national afin de concurrencer les acteurs actuels du PAP. « Il faut que l’on reprenne notre place sur le marché, avec l’ouverture de centres dans toute la France », a déclaré Marie-France Le Berre, responsable du dossier PAP à l’ANPER. Un dossier rondement mené puisque le nombre de points de vente a augmenté de 20% en 2021 par rapport à 2020. Enfin, des élections ont eu lieu lors de cette assemblée générale. Marie-Françoise Le Berre et Yannick Jeannel, dont les mandats arrivaient à terme, se sont représentés et ont été réélus à l’unanimité. Par ailleurs, à la suite de la démission d’Emmanuel Masson, Lorenzo Lefebvre a pris sa succession.


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