← Retour à la liste
flag Mouvements sociaux — Mars 2009

-Recrutement-
Les inspecteurs du permis de conduire restent sur leur faim


Des places supplémentaires, c’est bien… mais ce n’est pas suffisant. Le message des inspecteurs du permis de conduire est clair : le bien-être de la profession passe non seulement par des effectifs accrûs, mais aussi par une revalorisation de l’aspect pédagogique du métier et une optimisation de la formation des élèves.

Par arrêté du ministère, le nombre de places offertes en 2009 aux concours interne et externe pour le recrutement d’inspecteurs du permis de conduire est fixé à 57. En outre, 1 place est offerte aux travailleurs handicapés.
Sur ces 57 places offertes, 35 seront des emplois nouveaux, le différentiel représentant la compensation des départs à la retraite. On sait d’ores et déjà que 20 emplois nouveaux seront aussi créés en 2010. Ces chiffres restent éloignés des prétentions de la profession, qui réclamait au minimum la création de 90 nouveaux emplois sur deux ans. 

LES SYNDICATS ATTENDENT PLUS
Olivier Debliquis, secrétaire général de l’Unsa Education Routière – Medad, est remonté. « C’est une arnaque totale », s’indigne-t-il,  en précisant que « le recrutement en 2009 est quantitativement identique aux deux années précédentes ». Pour le secrétaire Unsa, « dans le contexte actuel, il faudrait 160 nouveaux emplois, tout de suite ». L’autre problématique, selon le secrétaire général, a trait à la formation : « 30 % des candidats présentés chaque année n’ont rien à faire à l’examen ». Olivier Debliquis propose ainsi de permettre l’augmentation du quota horaire de formation des élèves « en prélevant  5 % du montant des cotisations d’assurances ».
Bruno Ignace Barbé, porte-parole du Collectif IPCSR et DPCSR à la CGT, pense aussi que « l’augmentation du nombre de places ne résout pas tout ». Bruno Ignace Barbé souhaite notamment que « le métier d’inspecteur ne soit plus centré uniquement sur l’examen de conduite » et que ses  collègues puissent exploiter « d’autres palettes du métier » notamment « dans la formation et les interventions auprès des auto-écoles ».
« On est plutôt satisfaits », fait-on savoir au syndicat Snica-Fo, par la voix de son secrétaire général Christian Grolier. « Les départs à la retraite seront intégralement compensés, ce qui au vu du contexte actuel, est une bonne chose » poursuit-il. Mais Christian Grolier, à l’instar de ses deux autres collègues, « attend plus ». Le secrétaire général espère surtout que l’administration « ne s’est pas trompée dans ses calculs », elle qui a assuré que « la réforme du permis permettrait d’amener des jeunes bien préparés à l’examen » et donc de libérer davantage d’inspecteurs.

Hugo Roger



Dans le même thème

Pénurie de places d’examen : Après la manifestation parisienne, l’intersyndicale ne lâche rien !
Face à une pénurie de places d’examen sans précédent, les organisations syndicales des écoles de conduite (Mobilians-ESR, UNIC et UNIDEC) rejointes en septembre par le SNICA-FO, sont mobilisées depuis l’été pour augmenter l’effectif des inspecteurs et le nombre d’heures de formation minimum en B. Le point sur les avancées et les actions à venir.
Pénurie et hausse du prix des carburants : Les auto-écoles sont à la peine
Après le blocage de plusieurs raffineries, les auto-écoles ont subi en novembre 2022 une nouvelle hausse du prix des carburants qui s’ajoute à la revalorisation des salaires. Cette situation devrait engendrer le gel des investissements et des recrutements.
Épidémie de Covid-19 : La profession fait face à la crise et s’organise pour la reprise
Déjà largement secouées par les multiples réformes et la concurrence des plateformes, les écoles de conduite n’étaient pas prêtes à affronter un arrêt total de leur activité. Pour autant, face à cette situation de crise, la profession se révèle solidaire et inventive, en attendant avec impatience la reprise.