Vingt ans après que Jacques Chirac, alors président de la République, ait érigé la sécurité routière en « priorité nationale », le Syndicat des Équipements de la Route (SER) a souhaité mesurer la perception des Français sur la sécurité routière, les équipements de la route et leur protection.
Si l’on pointe souvent la vitesse excessive, l’utilisation du téléphone portable au volant ou encore la consommation d’alcool et/ou de produits stupéfiants comme facteurs d’accident, on parle moins de l’impact du réseau routier. C’est pourquoi le Syndicat des Équipements de la Route (SER), en association avec l’institut Ifop, a interrogé un panel de 1 500 personnes représentatives de la population française âgée de plus de 18 ans sur leur perception des équipements de la route en termes de sécurité routière.
Un sentiment de sécurité différent selon les catégories d’usagers
Selon cette enquête, 85 % des sondès estiment que le réseau routier français présente un bon niveau de sécurité pour les conducteurs de voitures. Mais ce sentiment de sécurité baisse en fonction des catégories d’usagers : 57 % pour les piétons, 54 % pour les motards, 43 % pour les cyclistes et seulement 24 % pour les utilisateurs de trottinettes, segway, monoroue, etc.
Lorsque la même question est posée aux usagers eux-mêmes, les réponses sont identiques pour les automobilistes et les piétons (soit respectivement 85 % et 57 %, certainement parce que les personnes interrogées sont toutes piéton ou automobiliste à certains moments de leurs déplacements). En revanche, seuls 43 % des motards s’estiment en sécurité sur les routes alors que 54 % des sondès pensent que le réseau routier français est assez sécurisé pour les motards. Même écart de perception pour les cyclistes qui ne sont que 35 % à se sentir en sécurité, contre 43 % de l’ensemble des personnes interrogées. Enfin, si 24 % des sondès ont le sentiment que les utilisateurs de trottinettes, segway, monoroue, etc. sont en sécurité, ce taux de sentiment de sécurité est plus élevé chez les utilisateurs eux-mêmes (38 %). Frédéric Dabi, directeur général de l’Ifop, explique cela par « le syndrome du superhéros ».
Actions à mettre en œuvre pour améliorer la sécurité des routes
Pour optimiser la sécurité sur les routes, les sondès sont 52 % à affirmer qu’il faut améliorer l’état du réseau routier et de ses équipements, ils sont même 30 % à avancer que cette mesure doit passer avant toutes les autres. Dans la continuité de cette mesure, 28 % demandent que les équipements dédiés à la sécurité comme les glissières de sécurité, les écrans de protection des motos dans les virages, etc., soient plus développés. Concernant l’usage du vélo, 30 % des personnes interrogées pensent qu’il faut augmenter le nombre de pistes cyclables. Enfin, si 13 % des sondès sont pour réduire les vitesses de circulation, 29 % se disent en faveur de l’amélioration de la formation initiale à la conduite et le suivi général des conducteurs dans le temps (16 % avancent cette mesure en premier).
Pour une meilleure prise en compte des usagers vulnérables
Lorsque l’on évoque les usagers âgés, 66 % des sondès déclarent que la route (signalisation, aménagement, gestion du trafic, etc.) n’est pas adaptée pour eux. Ces mêmes sondès son 74 % à trouver la route inadaptée pour les personnes en situation de handicap.
Sur ce point, la formation a un important rôle à jouer. Ainsi, 53 % des sondès pensent qu’il faut « améliorer la formation et le suivi général des conducteurs ». L’autre piste porte sur l’amélioration des équipements. Ainsi, 46 % souhaitent un renforcement de la signalisation destinée à ces publics (feux de signalisation sonores, lignes de guidage, etc.). D’une manière plus générale, les personnes interrogées se disent en faveur d’une amélioration de la lisibilité des équipements de la route (présence de marquages entretenus, panneau retroréfléchissant, etc.).
La France ne manque pas d’idées, mais de moyens financiers
Feux tricolores sonores, panneaux rétroréfléchissants, lignes de franchissement sonores… les équipements permettant d’améliorer la sécurité des usagers ne manquent pas. « La France est leader en Europe en matière d’innovations de ce type », souligne d’ailleurs, Dominique Mondé, président du SER. Alors pourquoi, sur le million de kilomètres que compte le réseau routier français, près de la moitié des routes ne comporte pas de marquage ? La raison est assez simple. En matière de gestion et d’entretien, le réseau routier est divisé en trois niveaux : national, départemental et communal. Or, les routes exploitées aux niveaux départemental et communal représentent environ 90% du réseau total. Un problème lorsque l’on sait que les départements et les communes disposent de moins en moins de moyens financiers.