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map Vie des régions — Avril 2022

Vesoul : l’auto-école ECV fait construire un nouveau bâtiment

À Vesoul, l’auto-école ECV a débuté en mars 2022 la construction d’un centre de formation pour dispenser FIMO, FCO et former des enseignants de la conduite. Les premières promotions sont attendues en janvier 2023.


Depuis 1998, l’auto-école ECV Vesoul dirigée par Jean-Christophe Genin, connaît un développement continu. En atteste le nombre de salariés. « En 1998, l’auto-école ECV, c’était deux salariés et aujourd’hui nous sommes dix-neuf », précise le gérant. Depuis 1995, son diplôme d’enseignant de la conduite en poche, Jean-Christophe Genin n’a eu de cesse de vouloir « gravir les échelons ». Trois ans après, il débute le rachat par étape des différentes branches de l’entreprise. En premier, celle du permis B, puis l’activité moto et en 2004 la branche poids lourd pilotée jusqu’alors par son ancien patron. Trois ans plus tard, il achète un terrain sur la zone d’activités Technologia pour construire trois pistes dédiées aux motos et au groupe super lourd. « Pendant dix ans, nous avons travaillé avec l’AFT-IFTIM. Je me suis vite rendu compte que sans pistes, nous ne pourrions pas nous développer ». Or, l’auto-école ECV, labélisée DataDock puis récemment Qualiopi, Jean-Christophe Genin souhaitait renforcer son activité dans le domaine de la formation professionnelle pour se diversifier. « Le partenariat avec l’AFT nous a permis de nous faire connaître dans ce domaine ».


Du permis B au Titre Pro
Aujourd’hui l’entreprise prépare en moyenne deux milles stagiaires par an à la FIMO, la FCO, aux Titres Pro marchandises et voyageurs, aux permis poids lourds, super lourd, transport en commun et depuis peu au CACES. À ces élèves s’ajoutent les candidats aux permis B et moto. Son parc est constitué de quatre semi-remorques, autant de porteurs, un autocar, un véhicule pour le permis BE. Cette flotte est complétée par une dizaine de voitures et huit motos. Depuis 2015, l’auto-école est affiliée aux réseaux City Zen pour le permis B et City Pro pour la formation professionnelle. « Nous avons des réunions mensuelles au siège à Bordeaux. Cela nous permet de rencontrer et d’échanger avec des collègues ainsi que d’être informés des nouvelles réglementations », explique Jean-Christophe Genin. « De plus, les accords-cadres passés avec des fournisseurs nous permettent de bénéficier de conditions tarifaires attractives qui nous ouvrent des portes pour répondre aux grands appels d’offres nationaux ». Référence notamment aux marchés passés par les entreprises d’intérim ou celui que l’auto-école a conclu avec la base aérienne 116 de Luxeuil Saint-Sauveur. « Pendant dix ans, nous avons formé 100 personnes par an au permis poids lourd pour le compte de l’armée de l’air. » Une formation « où il y a de la demande et que nous sommes aujourd’hui les seuls à dispenser ».


Construction d’un nouveau bâtiment
Récemment, l’entreprise a franchi un nouveau cap. Elle vient d’acquérir un terrain jouxtant celui où ont été aménagées les trois pistes privées. L’objectif : y construire un centre de formation. Un investissement « énorme », mais « nous n’avons pas d’autre choix que de continuer à nous développer », souligne le gérant. Les premiers travaux ont débuté en mars 2022 et devraient s’achever en fin d’année. « Nous voulons rester proches de nos élèves en leur proposant une entité de taille moyenne par rapport aux grands centres de formation ». Le bâtiment de 300 m² construit sur deux étages, sera doté de plusieurs salles de cours pour accueillir les stagiaires professionnels et les apprentis conducteurs. Cela permettra également d’organiser dans de bonnes conditions des stages de récupération de points. Seule la formation CACES ne sera pas regroupée sur ce site. Les premières promotions débuteront en janvier 2023.


Un centre de formation d’enseignants de la conduite
Jean-Christophe Genin souhaite également former sur ce site des enseignants de la conduite. Ce sera alors le seul centre de formation de ce type en Haute-Saône. Cette idée n’est pas tombée du ciel. « Comme partout en France, nous sommes confrontés à de sérieuses difficultés de recrutement ». L’entreprise cherche (en vain) à pourvoir « au minimum » quatre postes d’enseignants de la conduite. D’où l’idée de former sur place de futurs salariés pour créer un vivier et enrayer le turn-over très courant dans la profession. « Nous avons organisé récemment une réunion pour présenter cette formation. Dès l’instant où nous avons expliqué aux candidats qu’ils allaient devoir se rendre chaque jour pendant huit mois à Besançon, Dijon ou Mulhouse, ils ont renoncé car ils ne pouvaient pas conjuguer vie de famille et formation. » Pour mener à bien ce projet, Jean-Christophe Genin va devoir obtenir un agrément et recruter un responsable pédagogique détenteur d’un brevet d’aptitude à la formation des moniteurs (BAFM). « Les auto-écoles qui n’ont pas de centre de formation à proximité de chez elles sont encore plus pénalisées pour recruter des moniteurs », affirme-t-il. Alors, comme dit le proverbe : « On n’est jamais si bien servi que par soi-même ! ».


Christine Cabiron


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