Alors que le prix des carburants a atteint des sommets, les syndicats demandent au gouvernement de soutenir les auto-écoles en prenant des mesures fortes et concrètes.
À l’heure où nous bouclons ce magazine, le Premier ministre, Jean Castex, a annoncé une baisse de 15 centimes par litre. Une réduction prévue pour quatre mois, à compter du 1er avril sur tous les carburants, excepté le bioéthanol. Concrètement, sur un plein de 60 litres, cela devrait représenter un gain d’environ 9 euros en moyenne pour les automobilistes.
Un chèque énergie spécial entreprise
Si cette baisse de 15 centimes par litre est forcément saluée, elle est limitée dans le temps. Et comme le souligne la FNA, « si ce geste paraît louable, il ne résout pas la crise sur le long terme ». C’est pourquoi les syndicats réclament des aides plus importantes. Ainsi, la FNA demande « un chèque énergie spécial entreprise, accompagné d’un crédit d’impôt pour l’année 2022 pour les gros rouleurs », notamment les écoles de conduite, les entreprises du dépannage remorquage, etc.
Baisse des taxes sur les carburants
De plus, la FNA réclame « soit la déduction du montant de la TICPE de la base de calcul de la TVA, soit la restauration du mécanisme de la TICPE flottante, afin de faire face aux hausses brutales des prix du pétrole ». De son côté, l’UNIDEC demande un plan de soutien pour les secteurs fortement impactés par la hausse des carburants et « plus précisément des mesures fiscales permettant un retour au prix du carburant à 1,40 €/l ». Quant à Mobilians (ex-CNPA), il requiert « la mise en place d’un dispositif fiscal spécifique pendant la crise, avec une baisse de la TVA appliquée aux prix à la pompe ou toute autre action permettant une baisse immédiate du prix du carburant à la pompe ».
Incitation à passer à l’éthanol
Mobilians demande également la création de « dispositifs alternatifs et incitatifs au boîtier bioéthanol, qui pourraient être facilités dans des métiers tels que les écoles de conduite ».
Revoir les modalités du contrat-type
Par ailleurs, l’UNIC a adressé une lettre le 10 mars dernier à Jean-Baptiste Lemoyne, ministre délégué auprès du ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance, chargé des PME, pour lui demander de « suspendre le caractère figé des prix de la formation au permis de conduire ». En effet, si les écoles de conduite sont libres de fixer leurs tarifs, l’UNIC souligne que « les professionnels de l’enseignement de conduite exercent une part importante de leurs activités dans le cadre d’un contrat-type avec les consommateurs. Pour les contrats en cours, les prix sont figés et ne peuvent être modifiés. Ils sont donc obligés de constater la hausse de leurs charges sans pouvoir réellement y remédier ». Même demande de l’UNIDEC qui estime que « cette hausse représente une augmentation de 80 euros en moyenne pour une formation au permis B » et qui souhaite pouvoir « appliquer une hausse des heures de conduite due à la hausse du coût du carburant - et ce, de façon exceptionnelle ».
Un chèque formation pour les jeunes
Enfin, si le pouvoir d’achat des Français baisse, cela va être plus difficile de financer la formation au permis de conduire, notamment pour les jeunes. C’est pourquoi Mobilians propose la mise en place « d’un chèque formation, pour faciliter l’accès à la mobilité pour les jeunes et le passage de leur permis de conduire ». Pour sa part l’UNIDEC propose « d’aider les ménages en apportant une aide spécifique et ponctuelle au travers d’un chèque Permis de 30 euros pour toutes les formations en cours et à venir ».