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work Gestion & management — Mars 2022

Omicron désorganise les auto-écoles

En janvier 2022, le variant Omicron a fortement désorganisé les auto-écoles avec une multitude d’élèves et d’enseignants contaminés ou en arrêt pour garde d’enfants « covidés ». Des colonnes entières de rendez-vous se sont effondrées entraînant une perte conséquente du chiffre d’affaires.


« Quand il y a 500 000 personnes contaminées par jour, il y a obligatoirement parmi elles des enseignants de la conduite et des élèves », résume Bruno Garancher, président d’ECF. La vague Omicron a donc fortement désorganisé les écoles de conduite. Jusqu’à l’apparition de ce variant, celles-ci étaient plutôt passées entre les gouttes. Mais « en janvier 2022, nous avons battu le record d’annulations de leçons, ce qui a fortement perturbé la production », note Philippe Colombani, président de l’UNIC. Dans les écoles de conduite, cela s’est traduit par l’effondrement de colonnes entières de rendez-vous. Soit parce que les élèves ont été contaminés, soit parce les enseignants sont tombés malades ou ont dû s’arrêter de travailler pour garder à la maison leurs enfants touchés par le covid ou dont la classe avait été fermée.


Des enseignants retraités à la rescousse
« Du fait du manque de personnel, c’est très compliqué, voire impossible, de remplacer au pied levé les enseignants absents », souligne Patrice Bessone, président de Mobilians-ESR (nouvelle appellation du CNPA-ESR). Aussi, chaque entreprise a élaboré des solutions pour limiter les dégâts. Certaines ont même fait appel à des enseignants retraités. « Pour remplir les agendas, nous sommes aussi allés chercher les élèves « dormants » et nous avons renforcé le nombre de leçons de conduite pour ceux qui étaient présents », explique Patrick Crespo, président du réseau CER. Pour autant, « impossible de les garder toute la journée ! », poursuit Sandra Carasco, gérante d’un établissement au nom éponyme, implantée en Gironde et dans les Landes. Autre conséquence de ces contaminations en cascade : l’annulation des cessions d’examen. « Beaucoup de places ont été perdues », affirme la responsable. « De plus, avec RdvPermis, s’il y a une annulation la veille, on ne peut pas faire passer un autre élève car les réservations sont nominatives ».

Jonglage avec les plannings
Le personnel administratif a donc fortement été mis à contribution pour actualiser les plannings. « C’est un travail de jonglage permanent », affirme Bruno Garancher. Les stagiaires de la formation professionnelle n’ont pas été épargnés eux non plus. Les groupes ont dû être réorganisés. « Quand il manque un enseignant, nous regroupons les stagiaires, à condition qu’ils travaillent en extérieur pour respecter le protocole sanitaire », précise le président d’ECF. Autre solution trouvée : le recours à des simulateurs de conduite. Néanmoins, cette épidémie peut avoir de lourdes conséquences pour les stagiaires. Ainsi, pour la FIMO, ils doivent obligatoirement être présents pendant 140 heures. « Si un élève rate dix jours pour raison de Covid, c’est la totalité de la formation qui devient caduque, y compris s’il a un certificat médical. Idem pour les titres professionnels », rappelle Bruno Garancher. « Or, un stagiaire absent, c’est un stagiaire pour lequel nous ne sommes pas payés ».


Chute de l’activité et des inscriptions
Même problème pour la formation au permis B. Les élèves qui fournissent un test positif ou un certificat médical ne se voient pas facturer les heures de conduite annulées. Cette situation a entraîné une chute du chiffre d’affaires évaluée à 40 % en moyenne, mais qui pourrait atteindre 50 %. À cela s’ajoute la baisse des inscriptions, particulièrement marquée en janvier. Ce phénomène n’est pas entièrement lié au Coronavirus, même si certains élèves restent frileux à l’idée de sortir de chez eux. « Pourtant le protocole mis en place dans les auto-écoles est efficace car il n’y a jamais eu de clusters dans notre secteur d’activité », rappelle Patrick Crespo.


Une trésorerie à surveiller
Cette érosion des inscriptions découle aussi de la diminution du pouvoir d’achat. Pour Sandra Carasco, « ce n’est pas encore la catastrophe, mais il faut surveiller la situation de près ». Tout comme les trésoreries des entreprises, comme en témoigne Philippe Colombani : « une collègue qui possède trois bureaux avait 35 000 euros de trésorerie début janvier 2022. Le 24 de ce même mois, il ne lui restait plus que 13 000 euros. La chute est vertigineuse ». Car qui dit baisse des inscriptions, dit impasse sur les 30 % versés à ce moment-là. Si cette situation ne s’éternise pas, les écoles de conduite pourront passer le cap. Fin janvier, la zone de turbulences liée à Omicron semblait avoir été traversée. « Si ce n’est pas confirmé, nous devrons mettre en place d’autres solutions. Reste à trouver lesquelles », conclut Patrick Crespo.


Christine Cabiron


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