Après une année 2020 sans congrès pour cause de Covid, l’UNIC a tenu son 17ème congrès en Corse, à Bastia, les 24 et 25 septembre. Une rencontre placée sous le signe de l’inquiétude, voire de la colère de certains adhérents face à l’extension de RdvPermis.
S’il n’avait pas fait le déplacement, Alain Griset, ministre délégué auprès du ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance, chargé des Petites et Moyennes Entreprises, avait enregistré un message à destination des adhérents de l’UNIC. Dans une vidéo, il les incitait notamment à entamer la transition énergétique de leurs flottes et la numérisation de leur activité, évoquant le prêt qui va être proposé l’an prochain par BpiFrance aux écoles de conduite pour les accompagner dans cette transition. Pour autant, Philippe Colombani, président de l’UNIC déclarait ne pas encore avoir eu de contact avec le gouvernement pour signer une Charte d’engagement à l’instar du CNPA-ESR.
Dialogue musclé entre la DSR et les congressistes
Mais le sujet qui a le plus préoccupé les congressistes, c’est la généralisation de RdvPermis. Si l’application de cette nouvelle méthode d’attribution des places d’examens semble désormais relativement bien fonctionner dans les cinq départements tests de départ, l’extension dans certains départements se passe moins bien. « Je ne suis pas forcément contre RdvPermis, mais cet été, nous avons très mal vécu l’arrivée de RdvPermis dans notre département. Des auto-écoles ont eu moins de places qu’avec la MNA et l’on est obligé de rester aux aguets pour bloquer des places dès que des sessions sont ouvertes. C’est totalement stressant. On poursuit le déploiement, alors que ce système n’est pas abouti », a dénoncé Sandra Carasco, déléguée de l’UNIC en Gironde. Wassim Kamel, sous-directeur à l’Éducation routière qui avait accepté l’invitation de l’UNIC, a tenu à rappeler que « l’objectif de RdvPermis n’a jamais été de donner plus de places, mais de donner plus d’autonomie aux auto-écoles dans la réservation des places d’examens ». Ce à quoi Philippe Colombani a répliqué : « Ne pas créer plus de places est une chose, mais faut-il créer un système anxiogène qui oblige les gens à partir en vacances avec leur ordinateur ou à se connecter le dimanche pour sauter sur les places dès qu’elles apparaissent ? » Le sous-directeur à l’Éducation routière a souligné que la mise en œuvre de « RdvPermis ne s’était pas faite à côté des auto-écoles, mais avec elles ». Et que le système avait été évalué par une société privée avant de décider de la généralisation. Si Wassim Kamel a admis que des points pouvaient être améliorés, il encourage vivement les auto-écoles à dialoguer avec le délégué départemental pour effectuer certains ajustements au niveau local. En effet, comme ont pu en témoigner Gérald Blanco, délégué de l’UNIC dans l’Hérault et Benjamin Panis, délégué de l’UNIC dans le Gard, la manière de publier les places disponibles diffère d’un département à l’autre. Si dans le Gard, il a été convenu de publier les places à heure fixe et un jour donné dans la semaine, à l’inverse, les écoles de conduite de l’Hérault ont préféré une publication de façon aléatoire. Reste que le volume total de places disponibles est intimement lié au nombre d’inspecteurs en service. En d’autres termes, si le nombre d’inspecteurs est insuffisant par rapport à la demande de places d’examens, le coefficient par ETP sera faible. Une information qui a particulièrement inquiété Louisa Mebarki, déléguée départementale de l’UNIC en Seine-Saint-Denis, où le coefficient avec la MNA est très bas et qui n’augure pas des lendemains sereins lorsque RdvPermis arrivera dans le département.
Donner un nouveau souffle à l’UNIC
Enfin, les adhérents de l’UNIC ont profité de ce congrès pour entamer des discussions en interne afin de donner un nouveau souffle au syndicat. Transition énergétique ou pas, 2022 devrait ainsi être une année de transition pour l’UNIC.