Le 57ème congrès du CNPA-ESR s’est tenu à Lille, dans le Nord, du 2 au 4 juillet 2021. Un congrès placé sous le signe de la convivialité retrouvée. Mais surtout, qui a accueilli de nombreuses personnalités politiques qui ont pu constater une véritable modernisation de la profession.
Après l’annulation l’an dernier du congrès pour cause de crise sanitaire, l’heure était aux retrouvailles « en présentiel » pour employer un mot désormais passé dans le vocabulaire courant. Et pour ce 57ème congrès, outre les congressistes et les exposants, plusieurs personnalités politiques avaient fait le déplacement, preuve que les écoles de conduite jouent bien un rôle essentiel dans la société.
Table ronde avec la DSR
Ainsi, Marie Gautier-Melleray, déléguée interministérielle à la Sécurité routière, accompagnée de Wassim Kamel, sous-directeur à l’Éducation routière et de Frédéric Gillodes, chef de projet en charge de la modernisation du permis de conduire, a participé à une table ronde avec les congressistes. L’occasion pour Patrice Bessone, président du CNPA-ESR de remercier la déléguée pour son implication dans la gestion de la crise : « On a travaillé sans relâche avec la déléguée pendant l’année écoulée. Pour ce travail et cette confiance, je voudrais la remercier ».
Le délicat sujet du manque de places d’examens
Des remerciements en guise de préambule, avant d’aborder le sujet qui fâche : à savoir le manque de places d’examens. Sur ce point, Marie Gautier-Melleray a joué la carte de la transparence : « C’est une catastrophe. On ne peut pas rester comme ça ! ». Après avoir dressé un rapide tableau de la situation (environ 200 000 examens n’ont pas pu être effectués en 2020 et le délai médian d’obtention d’une place d’examen est passé de 42 jours en mars 2020 à 64 jours en mars 2021), la déléguée a détaillé les mesures mises en œuvre pour tenter d’endiguer le problème au plus vite : déblocage de 90 000 examens supplémentaires, incitation financière pour encourager les inspecteurs à examiner un plus grand nombre de candidats, recrutement d’examinateurs salariés de La Poste pour effectuer les examens du permis B, recrutement de 50 inspecteurs qui débuteront leur formation en septembre 2021 et qui pourront prendre leur fonction en 2022. Si ces mesures ne seront certainement pas suffisantes pour régler définitivement le problème des places d’examens, l’écoute de Marie Gautier-Melleray a été saluée par les congressistes. Il est vrai que la déléguée s’est ensuite prêtée au jeu des questions-réponses de la salle, sans éluder aucun sujet. De son côté, Frédéric Gillodes a profité du congrès pour faire une présentation de RdvPermis et s’est également montré très disponible pour répondre aux questions des congressistes.
Implication du ministre délégué aux PME
Outre les représentants de la délégation interministérielle à la Sécurité routière, le 57ème congrès CNPA-ESR a accueilli Alain Griset, ministre délégué auprès du ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance, chargé des Petites et moyennes entreprises. « C’est la première fois qu’un ministre vient à un congrès auto-école », a souligné Patrice Bessone qui a tenu « à remercier vivement Alain Griset, au nom de toute la profession, pour son soutien actif des écoles de conduite, notamment lors du deuxième confinement, en permettant à la profession d’accéder au fonds de solidarité grâce à la fermeture administrative. Mais aussi pour son intervention auprès des constructeurs automobiles afin de permettre aux auto-écoles de continuer à avoir des véhicules-école, même si les bilans financiers de leurs entreprises ont été dégradés par la crise sanitaire ».
Incitation à se faire vacciner
Pour débuter son intervention, le ministre a fortement incité les professionnels présents au congrès à se faire vacciner, si ce n’était déjà fait. « Si tout le monde se fait vacciner, il n’y aura pas de problème de reconfinement. On dispose aujourd’hui de vaccins qui permettent de répondre à l’ensemble des variants. Alors, faites-vous tous vacciner pour vous et pour vos proches, pour contribuer à ce que les choses s’améliorent dans notre pays de façon durable ! »
Verdissement de la flotte auto-école et modernisation de l’enseignement
Mais en tant que ministre délégué auprès du ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance, Alain Griset était surtout attendu sur le sujet des aides financières qui permettraient à la profession d’accélérer le verdissement des flottes et la modernisation de l’enseignement en investissant dans des outils pédagogiques certes novateurs, mais souvent coûteux. Sur ce point, le ministre a été très clair : « Cette crise sanitaire va être un accélérateur de transformations. Il est important que chaque secteur économique comprenne que les consommateurs ont des besoins nouveaux et que les technologies évoluent. Or, je l’ai dit depuis longtemps, cela ne sert à rien de se battre contre la technologie. Le combat est perdu d’avance. Il faut donc essayer d’utiliser la technologie à son profit. Pour cela, en ce qui concerne le verdissement des véhicules, on a déjà demandé à Bpifrance, qui l’a accepté, de pouvoir avoir un fonds qui soit fléché auto-école, qui vous permette d’avoir accès à des financements plus simples. Bpifrance ouvrira un guichet pour vous accompagner. Donc, si on peut ensemble donner un objectif pour dire qu’en 2021, 2022, 2023, les auto-écoles auront transformé leur parc par des véhicules hybrides ou électriques, je pense que ce sera pour vous un bon élément de promotion et d’évolution de la profession. » Alain Griset a également encouragé les écoles de conduite à s’équiper en simulateur de conduite, en indiquant que, là-encore, Bpifrance serait présente pour accompagner la profession. « Je suis tout à fait d’accord pour que, sous l’autorité du Premier ministre, on puisse dans les prochaines semaines signer un partenariat, une convention avec un objectif en 2022, 2003, pour atteindre un verdissement de la flotte auto-école, un équipement en simulateurs, etc. »
Des auto-écoles ouvertes à l’innovation
Des aides financières qui seront les bienvenues car la profession a effectivement pris le virage de la digitalisation et reste ouverte aux innovations technologiques permettant de faire évoluer les méthodes pédagogiques. Et l’offre ne manque pas. Pour preuve, cette année six candidats ont participé au concours du Prix de l’Innovation pédagogique, organisé par le CNPA-ESR. Les congressistes ont ainsi pu découvrir : Two Roule avec son offre de e-learning pour adopter les bons comportements en trottinette électrique, Pimas avec SAM (Smart Assistant Monitor) un écran placé devant l’enseignant qui l’informe des actions de conduite effectuées en temps réel par l’élève conducteur, Mounki et son livret dématérialisé, ENPC-EDISER avec PrépaConduite (des cours numériques pour préparer les cours pratiques de conduite) et Oscar 2, le simulateur de conduite immersif de Codes Rousseau. C’est finalement Reality Academy qui a remporté le Prix de l’Innovation 2021, avec ses lunettes immersives et interactives qui plongent l’élève dans des situations de conduite réelles et lui demandent de choisir une option parmi les propositions qui lui sont faites en utilisant un joystick. « Les lunettes immersives sont réservées aujourd’hui à la grande industrie, automobile, aéronautique, pharmaceutique et également les grands cabinets d’architectes, déclare Patrice Bessone. Eh bien les auto-écoles de proximité, les mêmes que certains ont raillées en disant qu’elles sont dans des rues entre le boulanger et le charcutier, eh bien oui, elles ont pignon sur rue car elles offrent la proximité, mais en plus, elles ont des lunettes immersives que les entreprises n’ont pas encore ! Alors, ça c’est une révolution ! Et l’on peut affirmer sans rougir que l’auto-école fait sa révolution. »
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Aider au financement du permis : un cheval de bataille de Xavier Bertrand
Le président du Conseil régional des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, qui a annoncé sa candidature à la présidence de la République pour 2022, a également effectué une visite du congrès. Interrogé par Lorenzo Lefebvre, vice-président du CNPA-ESR, Xavier Bertrand a rappelé que si les Hauts-de-France comportent des villes proposant des transports en commun, « c’est aussi une région où il y a une ruralité profonde » et où la mobilité est conditionnée à l’utilisation de la voiture. « Je suis très attaché à ce que l’on ne fasse pas une croix sur la voiture. Certains n’aiment pas la voiture, moi j’adore les voitures et les métiers qui y sont liés. » Xavier Bertrand a rappelé que la région a mis en place une politique d’aide à la mobilité pour les personnes en situation précaire et développe une aide à l’obtention du permis de conduire qui consiste à financer « 90 % du coût de la formation sur une base de 1 500 euros pour les jeunes jusqu’à 30 ans, ainsi que pour les parents qui élèvent seul leurs enfants. Le prix du permis de conduire est justifié parce que ce sont des hommes qui jouent un rôle de sécurité routière, d’instruction et de formation. Mais ça représente un coût important, notamment pour les catégories populaires. D’autant plus que derrière le permis, il y a la voiture. Donc, nous avons décidé de prendre en charge une large part du coût de la formation. À ceux qui me disent que les jeunes ne sont plus intéressés par la voiture ou par le permis, je réponds que ce n’est pas vrai. Certains retardent le moment pour le passer, mais tout le monde sait que sans le permis, sans véhicule, on n’arrive pas à s’en sortir de la même façon. Voilà pourquoi on met en place cette nouvelle politique qui va représenter un coût important, mais qui ne suffit pas. On est donc en train de voir avec les auto-écoles comment on peut les aider à trouver du personnel et pouvoir recruter. Après, il y aura encore le sujet de l’obtention des places d’examens. Parce que même si la situation s’améliore, si l’on n’obtient pas son permis du premier coup, pour repasser l’examen, cela reste compliqué. Mais là, ce n’est pas la compétence de la région. »
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ANPER : reprise de l’activité
après une année 2020 compliquée L’ANPER a tenu son assemblée générale. L’occasion de dresser un bilan de l’année passée et de présenter une feuille de route pour l’année à venir.
Sans surprise, « 2020 a été une année compliquée pour l’ANPER », confie son secrétaire général, Pierre Lemayitch. Entre les confinements et les contraintes de protocole sanitaire, l’activité des formations à destination des salariés a été fortement ralentie, voire totalement bloquée en ce qui concerne les formations de remise à niveau des conducteurs seniors. « Des sessions de formation sont à nouveau programmées en 2021, indique Pierre Lemayitch, mais au niveau des formations pour les conducteurs seniors, c’est plus long à reprendre car on s’adresse à une population fragile, qui ne veut souvent pas prendre le risque d’attraper le virus. »
Une vaste gamme de formations
Si 2020 restera donc dans les annales comme une annus horribilis, l’ANPER ne manque pas d’idées et d’ambition. Outre les traditionnelles formations métier proposées (CQP, animation d’un rendez-vous pédagogique, réactualisation des connaissances des salariés, etc.), l’ANPER a conçu de nouveaux modules pour mieux appréhender la réforme moto, l’intégration du simulateur de conduite dans le programme pédagogique, la formation des élèves atteints de troubles DYS, mais aussi pour mieux connaître la palette des systèmes d’aides à la conduite. L’ANPER travaille également sur la responsabilité sociétale des entreprises. Enfin, dans le cadre du plan de relance et de l’initiative France Num, l’ANPER a été choisie par BpiFrance pour proposer des formations visant à accompagner les entreprises dans la transformation numérique.
Devenir un réseau de PAP
Outre son activité formation, l’ANPER a repris à bras le corps le dossier du permis à points. Fortement concurrencées par des grands groupes privés, les écoles de conduite ont perdu une grande partie de ce marché. C’est pourquoi l’ANPER a décidé de créer un réseau de centres PAP. En s’appuyant sur les écoles de conduite adhérentes au groupement, l’ANPER compte proposer un maillage du territoire permettant de concurrencer les acteurs actuels. « Notre perspective est de redonner la main aux auto-écoles, affirme Pierre Lemayitch. Les écoles de conduite doivent être identifiées comme des experts par le grand public. »