Quelques semaines après l’entrée en vigueur de RdvPermis dans douze nouveaux départements, le président de l’UNIC dénonce un système qui n’est pas abouti et mène la profession à la catastrophe.
Il avait prévenu. Début juin, alors que douze départements venaient de basculer dans le système RdvPermis (l’Ariège, l’Aveyron, le Lot, la Lozère, les Hautes-Pyrénées, les Pyrénées-Orientales, le Tarn, le Tarn-et-Garonne, les Pyrénées-Atlantiques, les Landes, le Lot-et-Garonne et la Gironde), Philippe Colombani, président de l’UNIC, déclarait : « Je suis plutôt favorable à RdvPermis, mais je garde une réserve. Il faut voir avec le temps si le système fonctionne correctement dans tous les départements français. Car les cinq départements qui avaient été choisis (l'Aude, le Gard, le Gers, la Haute-Garonne et l'Hérault) pour mener l’expérimentation n’avaient pas vraiment de problèmes, même avec la MNA ».
Rester vissé devant son ordinateur
Changement de ton quelques semaines plus tard, avec des levées de boucliers venant notamment des départements de la Gironde et des Landes. Philippe Colombani fulmine. « La mise en ligne à des heures fixes, lesquelles sont décidées par l’administration, oblige l’exploitant à se connecter immédiatement faute de ne pas avoir de places », dénonce le président de l’UNIC. Ce à quoi la DSR répond que les places sont mises à disposition au fil des semaines. Si l’on n’arrive pas à avoir des places dès le premier jour, d’autres créneaux sont régulièrement ouverts. Mais Philippe Colombani poursuit : « avec ce système, on ne peut plus organiser notre emploi du temps comme on le souhaite. Certains partent en vacances avec leur tablette, d’autres ne mangent plus aux heures de mise en ligne ou annulent leur leçon afin de pouvoir être devant leur ordinateur au bon moment. Le principe du « premier arrivé/premier servi » n’aurait jamais dû être accepté. D’autant que l’école doit réserver des places nominatives sans être sûre que les élèves pourront les honorer. Les éclaireurs se sont fait berner. Pendant la période d’expérimentation, les délégués ont été très conciliants pour résoudre au mieux les problèmes, mais on ne peut pas être dépendant du bon vouloir d’un délégué ».
Le problème du seuil modulable
Autre problème : le seuil minimum de places accordé aux auto-écoles. « Définir le nombre de places minimum en fonction du nombre d’enseignants à temps plein semble juste, sauf que le seuil est modulable en fonction de la capacité de production de places dans le département. Résultat : dans les Landes, si le seuil est fixé à 6, il est en réalité plutôt de 4, voire de 3. Ne soyons pas dupes, les seuils de 6 ou plus sont des mirages comme l’ont été les coefficients de 3 pour la MNA. » Début juillet, le président de l’UNIC a adressé une lettre ouverte au président de la République, avec copie au Premier ministre et au ministre de l’Intérieur pour dénoncer ce système qu’il considère inacceptable. « Rdv Permis est un système hybride entre la convocation nominative pure et dure et la gestion des places par les écoles de conduite. Comme toute solution de ce type, elle ne sera satisfaisante pour personne. Ni pour le candidat, ni pour l’école de conduite. C’est pourquoi l’UNIC demande l’arrêt de son déploiement », conclut Philippe Colombani.