Le magazine Entraid destiné aux agriculteurs, a réalisé avec l’aide des ingénieurs de l’UTAC-CERAM, un crash-test mettant en scène un tracteur roulant à 30 km et percutant un obstacle. But de l’opération : inciter les agriculteurs à porter la ceinture sur la route comme dans les champs.
Si de nombreuses campagnes de prévention routière ont été menées pour inciter les conducteurs de véhicules particuliers à porter la ceinture de sécurité, on parle moins des tracteurs. Pourtant, en cas de choc, la ceinture peut sauver la vie de l’agriculteur au volant de son tracteur. C’est ce que démontre le crash-test réalisé par Entraid, le magazine spécialisé à destination du milieu agricole, avec l’aide de l’UTAC-CERAM.
Deux tests réalisés avec et sans la ceinture de sécurité
Pour réaliser ce test, la cabine d’un tracteur d’une puissance équivalente à 160 ch a été posée sur un rail, puis lancée à 40 km/h, avant de freiner juste avant de percuter un mur de béton. Au moment de l’impact, la vitesse tombait alors à 31 km/h. Dans la cabine, un mannequin bardé de capteurs était assis sur le siège conducteur, afin de simuler le comportement d’un agriculteur aux commandes de son engin. Deux tests ont été effectués dans les mêmes conditions : l’un avec le mannequin portant la ceinture de sécurité attachée et l’autre sans ceinture de sécurité. L’objectif étant de comparer le niveau et le type de lésions qu’un tel choc peut provoquer sur le corps d’un homme adulte de corpulence moyenne. Selon Nicolas Vie, chef de projet sécurité passive à l’UTAC-CERAM, « la situation de l’essai est réaliste. Elle simule un choc frontal entre un tracteur roulant à 35/40 km/h ayant juste le temps de freiner avant de percuter à 31 km/h un véhicule du même gabarit de plein fouet, une pile de pont ou encore un arbre. Les conditions du test sont tout à fait représentatives de ce qui se passerait dans le cas d’un accident réel »
L’efficacité du port de la ceinture visiblement prouvée
Les résultats sont sans appel. Avec la ceinture, les dommages corporels pour le conducteur sont importants, mais n’engagent pas son pronostic vital. Tandis que sans ceinture, le thorax du conducteur venu taper dans le volant a subi un enfoncement tel que, même si des lésions extérieures ne sont pas forcément visibles, en interne les organes n’ont pas supporté une telle pression et la mort est quasiment inéluctable. Par ailleurs, si dans les deux cas, les genoux du mannequin sont venus percuter le plastique de la cabine, le test réalisé sans ceinture montre que tout le corps glisse sur l’avant du siège, ce qui amplifie le choc. Avec ceinture, l’un des genoux a reculé jusqu’à 1,4 centimètre dans l’os du fémur et sans ceinture, jusqu’à 2 centimètres.
Même à 30 km/h, la mort est quasiment certaine !
En fait comme l’explique Nicolas Vie, si la vitesse au moment du choc paraît très faible (pour rappel 31 km/h), « compte tenu du poids de l’ensemble (environ 8 tonnes), la dissipation d’énergie lors de l’impact est juste énorme ! à titre de comparaison, si l’on prend une voiture de particulier standard pesant en moyenne de 1,4 tonne, cela équivaudrait à un choc survenant à 74 km/h, ce qui est très important. Même avec la meilleure des voitures d’un point de vue de la sécurité, les dommages seraient très conséquents du fait de l’importance de la décélération ». À la suite de ce test, le magazine Entraid incite évidemment très fortement les agriculteurs à attacher leur ceinture de sécurité lorsqu’ils sont au volant de leur tracteur sur la route, mais également dans leurs champs car ils ne sont pas à l’abri de rencontrer un obstacle comme un mur ou un arbre lors d’une mauvaise manœuvre. Or, comme le démontre cette séance de crash-tests, le choc peut s’avérer fatal, même à une vitesse qui semble pourtant faible.
S.A.